Global mindset

SHA2014 GM Il était 21h30 passé lorsque nous sommes entrés, pour la première fois, dans un restaurant en Chine. Seulement, la cuisine allait fermer et il était donc trop tard pour s’attabler. Grande déception. Restaurant suivant : même problème. Je me suis donc posée des questions étant donné qu’en Suisse les restaurants ne ferment pas aussi tôt. Nous avons réussi à trouver un restaurant qui nous acceptait mais où personne ne parlait anglais et dont la carte était en chinois ! Premier challenge : ne pas se faire comprendre en entrant dans un restaurant et ne pas comprendre la carte (uniquement en chinois !). Sur le moment, je n’étais pas très rassurée étant donné l’incertitude quant aux plats commandés. Avant de partir, j’avais entendu que les chinois aiment beaucoup manger du chien : cette idée ne m’a pas quitté l’esprit ! Le premier repas a été très difficile : ne pas savoir ce que l’on mange et ne pas comprendre les serveurs était très éprouvant sachant que je n’avais jamais voyagé aussi loin auparavant. Pour communiquer, j’utilisais les mimes (pas très évident au début). Les premiers jours, je n’ai quasiment rien mangé par peur de ce qu’il peut y avoir dans mon assiette. Il a fallu un certain temps avant de comprendre qu’en Chine la coutume est de partager les plats : ils sont tous au milieu sur une plaque tournante et chacun se sert un peu de chaque plat, ce qui rend le repas plus convivial. C’est très différent de la culture européenne où une personne = un plat. Lors des premiers repas, c’est tout naturellement que chacun prit son propre plat. Cette façon de faire entraina le rire et l’incompréhension des chinois présents qui ne comprenaient pas ce que l’on faisait. Entre les restaurants qui ferment très tôt, le manque de compréhension avec les serveurs qui ne parlent que chinois et la carte qu’on ne comprenait pas, j’étais complètement déboussolée. Mais ça ne s’arrêtait pas la ! Ici, les clients jetaient leurs serviettes par terre, leurs cigarettes et n’hésitaient pas à cracher dès que l’envie leur en prenait. Cette attitude est très éloignée de celle que je connais en Europe. Intérieurement je me suis demandée : comment peut-on manger à côté de clients qui crachent ?! Je n’ai pas tout de suite compris. Néanmoins, les serveurs étaient tous très gentils et faisaient de leur mieux pour que nous ayons une bonne expérience dans leur restaurant. Par exemple, ils nous ont expliqué comment manger certains plats comme le hot pot. Au bout de quelques temps, j’ai fini par me dire que je devais m’habituer et comprendre cette culture pour rendre le voyage plus agréable. Au fur et à mesure, j’ai commencé à prendre confiance : je mangeais de plus en plus et surtout je goûtais presque de tout: différentes sortes de champignon, du crapaud,… mais je n’ai pas réussi à manger des brochettes de cœur de poulet! Aujourd’hui, je me suis habituée, petit à petit, à parler en mimant, à la « nourriture partagée », mais aussi aux crachats et mouchoirs jetés par terre. J’ai aussi appris qu’en Chine les restaurants ferment beaucoup plus tôt qu’en Suisse et qu’il faut donc adapter son mode de vie aux horaires locaux. Selon moi, le fait d’avoir ouvert mon esprit en acceptant les coutumes (même si elles peuvent parfois paraître saugrenues) chinoises m’a permis de m’adapter facilement. En l’espace de quelques jours, je ne prêtais plus attention aux différences lors des repas et j’ai ainsi pu profiter de ce voyage exceptionnel. Laura


Avant de partir j’étais tellement impatient d’aller à la découverte de ce pays dont je ne connaissais rien. Plus on se rapprochait de la date de départ plus mes attentes grandissaient. N’ayant jamais quitté le continent j’étais relativement fermé aux autres cultures et il m’était difficile de me décentrer. Cependant je n’étais pas non plus collé à des stéréotypes irréfléchis. Avant de partir la température et la langue étaient mes premières inquiétudes et lors de mon arrivée elles se sont confirmées. Cependant il m’a suffit de quelques jours pour m’y habituer et même lors de situations critiques j’essayais de voir cela comme une aventure et un challenge à relever. Pour moi l’ouverture d’esprit doit se faire principalement sur soi – même pour ensuite pouvoir accepter un autre environnement que celui auquel on est habitué. La nourriture épicée a aussi été une barrière que j’ai du me forcer de dépasser car les plats très épicés et la grande quantité de glucides et de lipides présents dans tout les plats ne m’enchantent pas forcément. Mais il faut penser que dans cette partie du monde les choses sont différentes et c’est à nous d’avoir la grandeur d’esprit de savoir accepter ces différences. C’est comme ça que j’ai réussi à apprécier tout genre de choses qui m’auraient parues trop difficiles à apprivoiser avec un état d’esprit occidental. La clé est de voir ces différences comme une opportunité de grandir et d’élargir notre connaissance des innombrables cultures et du monde si vaste et si varié dont nous connaissons si peu. Je me suis également rendu compte qu’il est non seulement possible de tester de nouvelles activités mais qu’il est aussi possible de changer certaines valeurs personnelles. Les discussions passionnées avec des charmantes étudiantes chinoises ont ébranlé ma vision des loisirs et du travail. Je ne me rendais pas compte à quel point j’étais chanceux de pouvoir faire plus ou moins ce que je voulais dans ma vie, que ce soit niveau piano, logement, études, job, vacances etc. J’étais même parfois insatisfait et la possibilité de tout avoir ou la trop grande quantité de choix me poussaient à en vouloir toujours plus et à maximiser mon bonheur. Mais ayant écouté attentivement leur philosophie de vie, leur loisirs très limités et leur ferveur à accomplir de très importantes quantités de travail m’a fait relativiser. Je me sens désormais plus chanceux et plus reconnaissant de tout ce que j’ai et je vais essayer de ne pas maximiser à tout prix mon bonheur mais profiter pleinement de ce que j’ai. Je change aussi peu à peu ma vision du travail, qui était auparavant très négative; en une sorte d’acceptation et jessaye de percevoir plutôt l’accomplissement personnel qu’un travail peu offrir. Fabio


Un trajet en bus public… Dimanche 13 juillet, nous nous sommes rendus au marché de Yiwu (le détail de cette visite vous est relaté sur la page principale), une “petite” ville située à environ deux heures de train de Shanghai. Ce fut, entre autres, l’occasion de tester le bus public chinois dans une région moins riche et occidentalisée que celle de Shanghai. Le voyage en train était tout a fait confortable et moderne, nous rappelant nos standards occidentaux. C’est dans cet état d’esprit peu aventurier que nous arrivâmes dans à Yiwu. Pour nous rendre au marché, but de l’expédition du jour et raison du réveil très (trop) matinal pour un dimanche, nous devions prendre le bus public. La gare routière, adjacente à la gare ferroviaire, était le théâtre d’une joyeuse anarchie et nous dûmes nous faufiler entre moultes flux plus ou moins aléatoires de passagers pour accéder à l’emplacement ou notre bus était attendu. Marc nous avait d’ores et déjà prévenus que nous devrions manifester une motivation certaine pour atteindre la porte du bus, d’autant plus pour trouver une place assise. C’est ainsi dans un climat de tension croissante que nous guettions, avec un mélange d’impatience et d’appréhention, l’arrivée du bus numéro 801. Enfin, le bus bleu fit son apparition, avec le numéro salvateur affiché sur son écran entouré de caractères obscurs pour la plupart d’entre nous. Alors que nous nous attendions à découvrir un véhicule vétuste récupéré dans une quelconque république soviétique en deshérence, nous constatâmes avec soulagement que le véhicule était tout à fait récent. La foule se fit dense autour de la porte en attendant que celle-ci s’ouvre. Enfin, les battants s’écartèrent et nous nous précipitâmes dans le bus avec la délicatesse d’une équipe de rugby sous amphétamines. Tirés, poussés, écartés de tous côtés, nous nous rendîmes compte que les chinois n’étaient pas aussi distants que ce que l’on a l’habitude de penser en Europe, du moins physiquement et sous certaines circonstances… La plupart d’entre nous parvint à obtenir une place assise grâce à une gestion optimale de notre stratégie de pénétration du bus, ce qui atteste assurément de l’excellence de la formation managériale dispensée à HEC Lausanne. Le bus continua de se remplir pendant de longues minutes, la population locale semblant fermement décidée à tester les capacités du bus en conditions extrêmes. Le coût du trajet se monte à 3 yuans, ce qui représente environ 42 centimes suisses. Néanmoins, ce modeste coût est à mettre en relation avec les quelques centimètres carrés d’espace vital disponible pour chacun. Le bus démarra alors pour une demi-heure de trajet sur une route approximativement plate desservant différentes parties de la ville, bien qu’il nous sembla que presque tous les passagers se dirigent au même endroit que nous. Au retour, nous avons retrouvé la même situation, mais agrémentée d’une pluie tropicale intense qui apporta un peu d’humidité dans cette atmosphère déjà surchauffée (histoire de faire grimper le taux d’humidité de 93% à 98% environ!) et qui nous a permis d’apprécier encore plus cette riche expéricence interculturelle. Arrivés à la gare routière, nous dûmes nous frayer un chemin entre flaques abyssales et chutes d’eau provenant des divers trous du plafond. Malgré tout, nous avons atteint avec succès et même un peu d’avance notre destination, la gare ferrovaire. Comme quoi, l’efficacité semble vraiment être le maitre mot régissant chaque élément de la vie publique en Chine! Cette expérience de promiscuité extrême nous a permis de revoir notre perception des transports publics en Europe. En effet, comparé au bus public d’Yiwu, le train entre Lausanne et Genève en heure de pointe pourrait bien nous apparaître comme un havre de paix relaxant! Les keys learnings de cette expérience sont donc qu’il est nécessaire de poser une regard relatif sur tout et de ne pas simplement penser que nos acquis occidentaux sont universels. D’autre part, nous nous rendons compte que ce qui nous semble invivable chez nous peut simplement être le quotidien ailleurs. Il est probable que la plupart d’entre-nous préférera éviter de réitérer un trajet tel que celui-ci, mais cette expérience de “choc interculturel” (au sens propre et figuré) fut intéressante et enrichissante (sauf pour Robin, qui s’est plutôt appauvri en raison du vol de son porte-monnaie). IMG_7102Raphaël


Lors de notre journée « découverte de Shanghai », nous nous sommes aventurés au nord de la place People square Garden afin d’en apprendre d’avantage sur la vie à Shanghai hors des gratte-ciels et des entreprises que nous avons eu l’habitude de fréquenter ces derniers jours. UntitledEn partant de la place People square nous avons parlé à plusieurs groupes de Chinois qui nous ont abordés en nous demandant de prendre une photo avec nous et qui ensuite ont voulu nous poser des questions. Un de ces groupes parlait anglais et était très soucieux de savoir d’où nous venions, connaître notre culture, savoir ce que nous étudions… Il était très intéressant de remarquer que ce groupe de 3 chinois était très similaire à nous du point de vue social. En effet il s’agissait également d’étudiants (un en ingénierie et les deux filles en lettres étudiant le russe) du Nord-Est de la Chine. Nous étions très étonnés par leur ouverture d’esprit et leur intérêt pour notre culture. Ils ont même essayé de distinguer les différences ethniques entre européens ce que nous avons trouvé très enthousiasmant. Il est à noter que la barrière linguistique à laquelle nous avons du faire face tout au long du voyage était également valable pour eux. En effet ces jeunes chinois ayant un accent et un dialecte différent des jeunes de Shanghai, il ne leur était uniquement possible de parler qu’aux personnes âgées. Ils rencontraient donc les mêmes difficultés que nous pour communiquer. Par la suite, ils nous ont gentiment proposé de se joindre à eux pour visiter Shanghai mais nous avons du refuser leur invitation pour pouvoir effectuer nos recherches. Connaissant l’impolitesse de cet acte dans la culture chinoise nous leur avons expliqué que nous avions un rendez-vous très important qui ne nous permettait pas d’effectuer cette visite à leurs côtés. Nous pensons que nous avons réussi à le faire de manière courtoise et polie mais dû à la nature réservée et très respectueuse des Chinois, cela est très difficile de connaître leur réel ressenti. Durant cet échange interculturel, nous avons réellement pu concevoir l’ampleur de cette globalisation croissante dans laquelle les mœurs, les habitudes et les cultures se mélangent sans cesse. Untitled1 Après avoir laissé nos nouveaux « camarades », nous sommes arrivés dans un petit quartier populaire à deux minutes du « modern Shanghai » où le temps semble s’être arrêté. Nous avons eu un aperçu de la vie quotidienne de chinois au revenu modeste. Ces derniers vivent de manière très sommaire, ils passent beaucoup de temps à l’extérieur, à jouer au majong et à boire du thé ensemble. Nous avons essayé de nous joindre à l’un des groupes qui commençait une partie mais ne       que très peu les règles, nous nous sommes contentés de les regarder jouer ce qui les a beaucoup amusés. Le sens de la communauté qui se perd aujourd’hui dans cette urbanisation effrénée refait surface dans ce petit cadre de vie. Lors de notre ballade dans les rues, nous avons pu ressentir beaucoup moins d’individualisme et davantage de joie de vivre en comparaison au reste des quartiers modernes et aisés où nous avons été. De plus, nous avons souvent pu observer dans les métros de Shanghai le manque de conversation des Shanghaiens entre eux. Comme en Occident chacun est sur son Smartphone ou sa tablette et ne cherche pas le contact humain. Untitled2Lors de notre découverte de Shanghai, l’un de nos objectifs était de demander à un vendeur de fruits la provenance des ses produits. Malgré le fait que nous avions préparé quelques phrases en chinois, notre prononciation nous a été fatale et nous sommes rentrés bredouilles. Mais cet échange a été très intéressant puisque la marchande avec qui nous avons interagi était très réceptive et a tout fait pour essayer de nous comprendre et nous donner une réponse. Untitled3 Concernant la notion de « global mindset » nous avons retenu l’importance d’être ouvert d’esprit lorsque l’on entre en contact avec des individus d’une culture différente. En effet, ne serait-ce qu’en restant de bonne humeur, souriant et appréciatifs de la culture locale, nous avons en une seule journée, fait une expérience très instructive dans un monde à la fois différent et très similaire au notre. L’expérience n’aurait pas été la même si nous étions arrivés en un groupe fermé. Ce que nous retenons de cette épopée est le fait qu’il ne faut surtout pas avoir d’aprioris, apprendre à se décentrer, ne pas juger et savoir se remettre en question sur notre manière d’appréhender une situation dans un contexte multiculturel. Untitled4Ce voyage nous a permis de comprendre le fonctionnement de cette Chine aux multiples facettes. La découverte de ce quartier nous a fait réaliser les défis rencontrés par le chinois de la classe populaire et le contraste entre cette Chine moderne, urbanisée qui ne cesse de s’étendre et de « s’occidentaliser » et l’image de la Chine d’antan. En effet nos coéquipiers du groupe étudiant l’entreprise Carrefour en Chine se sont rendus le même jour au sud et ont pu voir les quartiers du Sud de la place qui ont été rasés pour la construction de restaurants, d’hôtels et de bâtiments résidentiels de luxe. Untitled5Matteo, Céline et Paul


En allant au cours de calligraphie je me suis rendue compte que la culture chinoise valorise la créativité et l’art. En effet, lorsque j’observais le professeur de calligraphie, il montrait plus qu’une façon d’écrire. Le mouvement de son pinceau et l’expression de son visage laissaient paraître une harmonie. De plus, son âme était bercée par la pipa que jouait une jeune chinoise. A la fin de la séance de calligraphie, tous les animateurs nous ont présenté un talent, tels que la danse ou le chant. Ils ont ensuite insisté pour que nous leur présentions un talent artistique. Et c’est là où personne ne savait que faire. En effet, en Europe ce n’est pas vraiment courant de présenter ses talents dans un tel contexte. Ne voulant pas être mal polis, avec trois camarades nous sommes montés sur la scène et avons chanté une chanson pour leur témoigner de notre respect ainsi que les remercier. Cette expérience m’a appris que la civilisation chinoise n’est pas froide, renfermée et peu créative, mais ouverte, harmonieuse aimant les rapports d’échange. Concernant la vie dans la ville, ce qui m’a positivement surpris c’est la sécurité dans les rues. J’avais toujours imaginé les pays émergents avec plus de délinquance à cause de la pauvreté. Mais apparemment dans les grandes villes, à part les pickpockets, il n’y pas de danger tel qu’on peut trouver dans certains pays d’Amérique Latine. Cela m’a montré que les pays émergents ne sont pas pareils entre eux et sont peu comparables. Avant de partir en Chine, je pensais aussi qu’exprimer les nombres avec les mains était un langage universel. Cependant, lorsque je tentais de négocier en représentant le nombre un avec mon pouce pour montrer que je voulais une unité la vendeuse ne me comprenait pas. Là, je me suis rendu compte que la communication était plus compliquée que ce que j’imaginais. En levant mon pouce, la vendeuse pensait que je disais “ok” alors que je voulais lui indiquer une unité. Après quelques minutes on s’est comprise et la négociation a été conclue. Cet incident montre que chaque culture a son propre langage de signe et même quelque chose qui paraît le plus évident peut signifier tout autre chose dans un autre pays. Concernant l’hygiène, j’imaginais qu’il n’y aurait pas les mêmes notions d’hygiène que les occidentaux, par exemple au niveau de la nourriture. Les rues sont assez propres et même si certains restaurants n’inspirent pas confiance, il n’y a pas eu de problème. Par contre, il m’est arrivé de voir des gens cracher par terre dans des lieux tels que les restaurants ou les transports publics. En Europe ce serait assez mal vu alors qu’en Chine c’est juste un moyen pour se “nettoyer” la bouche. Les premières fois ça faisait bizarre de voir, par exemple, une grand-mère cracher dans le bus, mais au final je m’y habitue et me dis que la salive n’est pas plus sale que le sol. Elena


Hmm.. Que dire de ce voyage fort enrichissant et bouleversant en même temps ? Pensant déjà avoir quelques approches pertinentes afin de correctement “regarder” la contrée asiatique, j’avais honnêtement en tête l’idée de pouvoir vérifier, voire affirmer mes croyances et hypothèses quant au mode de fonctionnement des chinois, leur quotidien et leur mentalité – moi-même ayant des amis chinois en Suisse. Même avec des idées préconçues du géant de l’Asie au début du voyage, je dois avouer que le dépaysement a cependant tout aussi bien déployé son effet et ce, dans le vrai sens du terme. Tout d’abord il est important que vous sachiez que mon arrivée en Chine ne s’est pas déroulée sans écueil. Le vol pour Pékin avec la compagnie aérienne Emirates a été retardé de dix heures. En raison des perturbations de décharge électrique conséquentes dans l’espace aérien, le pilote a dû atterrir en urgence à Taiyuan « 太原 » – une ville se situant à près de 600 km de Pékin. Les passagers ont dû rester dans l’avion à terre pendant 6 heures ! Arrivant bien trop tôt dans la journée à l’hôtel (07:00 h), mes camarades et moi avons décidé de sortir afin de revenir s’enregistrer plus tard dans la matinée. La journée s’annonçait rude avec des précipitations d’aplomb de toute part. Le ciel se déversait à perte de vue comme du jamais vu. Ce qui étaient pour moi des brouillards couvrant les grattes-ciel et buildings s’avéraient être des cumuls de résidus de la pollution, qui stagnent depuis toujours dans la ville ! La capitale était complètement submergée par une mer de cet amas de pollution opaque et gris ; le paysage climatique nous laissait à croire que l’on était en plein coeur de l’hiver, mais à 38°C ! De là, nous sommes allés faire des commissions dans un supermarché typique chinois. Sur l’étalage des rayons étaient disposés tout type de produit dont les marques et logos nous paraissaient totalement abscons et méconnus. Il nous était alors très difficile de choisir les produits désirés. Or, il y avait à notre surprise énormément de produits secs et salés au contraste des produits frais et de la viande. Très très peu de légumes et de fruits dans le rayon ! Nous nous sommes alors demandés si les chinois avaient plus l’habitude de manger à l’extérieur que de faire la cuisine eux-mêmes – les coûts de manger à l’emporter étant peut-être relativement bas… En revenant à l’hôtel, les portiers nous ont aidé à monter nos valises. Leur donnant un pourboire afin de remercier leur amabilité, l’expression sur leur figure laissait transparaître quelque chose d’autre : ils n’étaient pas très à l’aise et ne voulaient pas l’accepter. Nous nous sommes dits que la somme ne leur convenait pas peut-être, mais avons découvert bien plus tard qu’il n’est pas coutume ici en Chine de donner le pourboire. Chose très étrange d’ailleurs, car il aurait été complètement le bienvenu si l’on se trouvait dans un hôtel en Thaïlande ! Le respect et la distance hiérarchique. Notions que nous avons vus en classe lorsque l’on parle de la manière dont les chinois interagissent en eux. Celle du statut social n’en est pas moins importante ici en Chine. Nous le remarquons déjà à l’hôtel avec l’arrivée des clients seniors. Le personnel déploie tous ses moyens pour bien les accueillir et leur disposer tout ce dont ils avaient besoin. Ceci est néanmoins différent hors de l’hôtel. Les personnes dans la rue semblent tous se précipiter vers quelque part, et suivre une logique à deux vitesse : le temps et le travail. Moi ayant une vision plus communautaire des chinois, je m’imaginais beaucoup moins d’individualisme dans les rues : chose que je n’ai que rarement ressenti. L’attitude des chauffeurs de taxi m’a particulièrement marqué. Parlant un peu le chinois moi-même, ils me prennent souvent pour un chinois lorsque l’on entame la discussion. Leur indiquant ensuite mes origines, ils semblaient considérablement avoir de l’intérêt pour mon pays. J’ai remarqué également durant tout le voyage que les chinois étaient relativement curieux de ma culture, mes valeurs et le mode de vie des compatriotes thaïs. M’enfonçant davantage dans le New York de l’Asie, je voulus aller à la librairie de Shanghai consulter des ouvrages. N’ayant qu’un parapluie payé trop cher – 10 yuans :D – pour me couvrir contre la pluie, je me suis perdu nombre de fois dans les avenues du centre de Shanghai. Demandant le chemin à cinq à six passants, ils m’ont tous aimablement aidé à le trouver en m’indiquant la direction qu’il faut prendre, certains essayant même de demander des infos à d’autres passants lorsqu’ils ne connaissaient pas eux-mêmes l’endroit. J’ai ainsi compris qu’en Chine, parler et se faire comprendre le minimum en chinois est primordial car les gens semblent plus ouverts, plus enclins à aider, accorder leur temps et prêtent plus facilement attention. Dans la librairie de Pékin c’est le même ordre d’expérience. Je souhaitais trouver un dictionnaire chinois-chinois pour les étudiants et des exercices d’entraînement pour le HSK (l’équivalent des examens de Cambridge pour l’anglais). Tentant longuement de demander des informations en chinois avec deux employées du magasin, une cliente du magasin se tenant à côté du rayon, a écouté attentivement toute notre discussion. Voyant la difficulté à laquelle je faisais face pour me faire comprendre, elle n’a pas hésité de venir et me prier de lui transmettre ce que je souhaitais trouver, en anglais, me disant qu’elle allait leur en faire la traduction en chinois. Ne trouvant toujours pas l’ouvrage désiré, elle est restée avec moi, même après que le personnel soit parti, afin de me guider dans les ouvrages et éditions chinoises des dictionnaires. Maitrisant parfaitement l’anglais, cette dame âgée a su réellement m’aider dans la décision d’achat, m’expliquant elle-même quel produit elle pensait être l’ouvrage qui correspondrait au mieux à mes critères de recherche. Me dirigeant au guichet pour terminer mes achats, deux chinois (un homme et une dame) me fixaient du regard en me tendant une carte d’adhésion. Comprenant au départ que c’était pour que j’en devienne un, je leur ai gentiment décliné l’offre. Or, ils me sortirent ensuite une calculatrice, m’indiquant avec les chiffres que j’aurais 10% de rabais sur la totalité de mes achats. Voulant aller enfin acheter mes livres, je les ai fait comprendre de me laisser seul : but qui n’était pas atteint. L’homme a commencé à hausser le ton et me suivait de près vers le guichet. J’ai alors compris qu’il (et son « coéquipière ») voulaient faire enregistrer les points de mes achats dans leur carte de membre. Ceci reflète vraiment le phénomène où l’on trouve des chinois qui avec leurs combines essaient de bénéficier de tous les avantages et des promotions. Le lendemain, se tenant debout dans le métro de Shanghai avec Charlotte pour se présenter à l’entretien avec la société C&A, un homme chinois commençait à parler extrêmement fort, ayant l’air de critiquer quelque chose ou de contester des injustices qu’il aurait rencontrées. Même ayant conscience que les chinois prenaient une voix bien portante pour communiquer entre eux, les autres passagers du métro avaient pourtant l’air d’être aussi embarrassés que nous deux. Certaines personnes commençaient à s’éloigner de l’insurgé, deux filles devant nous faisaient clairement transparaître leur mécontentement. Or, soudainement, l’homme a dû dire quelque chose de communément “inadmissible”, un autre homme se joignait à la conversation en haussant de même ampleur son ton.. L’animation n’était qu’à son début. Un vrai amalgame de mal de tête, mal d’oreilles à cause de la sonorité… tout ceci nuisait réellement à notre état d’esprit et la concentration pour l’entretien imminent. En guise de conclusion, après les anecdotes dont j’ai le plaisir de vous faire part, je vous informe que je souhaite poursuivre mes études dans une maîtrise universitaire en études asiatiques. Ce voyage a vraiment permis de recadrer mes objectifs, me procurant davantage d’envie de revenir pour une immersion totale dans le mode des affaires en Chine. Devant faire un stage au troisième semestre du programme de master, j’ai réellement l’impression que les notions et approches que j’aurai acquises durant ce voyage me rendront prêt à l’assimilation des habitudes propres à la Chine et à l’adaptation au quotidien de travail lors de mon futur stage en Chine. J’ai en effet le sentiment que mon esprit s’est porté et ouvert à d’autres horizons enrichissants, où savoir se débrouiller, le sens du partage et la déconcentration (repositionnement du filtre) sont les mots clés du succès en partie des expériences professionnelles en Chine. Le voyage à Shanghai m’a ainsi permis de me détromper sur nombre de mes points de vue… Pichteerath


Concernant le Global Mindset, je vais vous parler de mon point du vue sur la communication en Chine. C’était mon premier voyage en Asie et j’avais certaines “craintes” telles que si j’allais réussir à m’habituer à la nourriture, au climat, aux crachats. Mais la plus grosse difficulté que j’ai dû affronter était inattendue. En effet, comme Shanghai est une ville internationale, je pensais que la majorité des habitants parlerait anglais. La ville a un des plus grands port au monde, de multiples multinationales et pourtant la proportion de personnes parlant, comprenant l’anglais est minime. J’imaginais bien que les marchands de fruits, de rue ou les petits restaurants ne comprenaient pas l’anglais mais il s’est avéré que même dans de grandes chaînes américaines tel que Starbucks ou notre hôtel la communication était difficile. Cette incompréhension avec les habitants a pu amener à des moments de colère mais aussi des moments inoubliables. Par exemple dès notre premier jour, nous avons décidé d’aller manger dans un restaurant à côté de l’hôtel. Chance ou malchance, personne ne parlait anglais et le menu n’était qu’en chinois. J’avais préparé cette éventualité en emmenant avec moi un petit livre avec les mots de la vie de tous les jours en chinois. Tout d’abord, Charlotte a tenté de mimer qu’on voulait des soupes, la seule chose que nous avons reçu était des bols vides. Ensuite nous avons demandé qu’ils nous amènent le plat qu’ils pensaient être le meilleur, ce fut un coq avec tête et pattes. Bien que nous ne nous attendions pas à cela et que la communication ne se faisait qu’avec des mimes et quelques expressions du livre, nous avons passé un excellent moment. Car même sans mots, on a pu remarquer que les serveuses étaient folles de joie qu’on soit présent et elles n’ont pas arrêté de prendre des photos de nous et avec nous. Il peut aussi arriver que la discussion se passe mal pour plusieurs raisons. La plus fréquente est la fatigue. J’avais tendance à avoir moins de patience, m’emporter plus rapidement et ne pas contrôler mes mots. Mais il peut aussi arriver que ça soit par un manque d’effort de la part de l’interlocuteur chinois. Par exemple, lorsque nous avons voulu acheter des billets au prix étudiant pour le musée urbain de Shanghai, la caissière n’a pas voulu nous faire le prix correspondant. On a eu beau lui montrer nos cartes de l’Unil et lui dire en chinois que nous étions des étudiants, elle ne voulait rien savoir. On a donc du trouver quelqu’un qui au premier abord parlait anglais et chinois pour enfin avoir notre réduction. Grâce à cette semaine, j’ai ainsi pu me rendre compte que ce n’est pas parce qu’une ville est internationale et mondialement connue que la majorité des habitants parlent l’anglais. Ainsi pour se faire comprendre, le mieux est d’avoir au moins un petit dictionnaire mais surtout beaucoup de patience. Il ne faut donc pas s’énerver ou en tout cas ne pas montrer son énervement car la communication non verbale prend souvent le dessus lors d’incompréhensions dans un dialogue. Un des meilleurs moyens pour communiquer est de mimer au mieux notre demande pour ainsi s’adapter au mieux à la situation. Ken


Incidents Inter-Culturels Nous avons cru, suite aux cours de préparation en Suisse de Doing Business in Emerging Markets que nous avions compris tout ce qui nous attendait en Chine. Croyance erronnée! Commençons par la nourriture: Ce fût le premier jour à Shanghai. Comme vous avez pu le lire sur notre blog, nous avons eu un rendez-vous avec des étudiants chinois de l’université de Finance & Economics de Shanghai (SHUFE). Apres un après-midi fort constructif, nous avons bien mérité un bon buffet dans notre hôtel avec nos binômes chinois. Nous fûmes quelque peu surpris au mélange improbable de nourriture dans leurs assiettes, à savoir, salade mélangée avec du gâteau au chocolat et de la viande. Cependant, nous avons vite compris que le mélange sucré-salé est commun au palais chinois. Quelques jours plus tard, lors de notre mission de projet de groupe: observation des magasins Lacoste et concurrents, nous nous sommes arrêtés dans un restaurant dans une petite ruelle près de Nanjing Road pour reprendre de nos forces. Notre équipe à trois, avec une faim de loup, s’est lancée instantanément dans la commande individuelle de repas. La serveuse nous a lancé un regard perplexe, les trois ayant commandé le même plat, puis est partie exécuter la commande. Nous nous sommes dit que c’était lié à la compréhension de l’anglais. Une fois nos plats arrivés, nous nous sommes lancés dans la dégustation de notre délicieux poisson au poivre de Szechuan. Toutefois, la clientèle chinoise nous observait avec un air amusé et nous avions l’impression d’avoir fait quelque chose de faux. Cependant, nous avons vite compris en regardant autour de nous que, en Chine, on est dans une société collectiviste et le repas est une expérience de partage. Robin et Margaux


Divergences des attitudes Malgré un travail théorique conséquent en amont sur l’ouverture et le global mindset, nos esprits libres de préjugés à notre arrivée furent, de par nos premiers contacts avec la population chinoise (Beijing), maculés d’apriori. Quelques minutes après avoir foulé le sol de l’empire du milieu pour la première fois, nous écopâmes de multiples rejet de la part de taximen, que nous assimilions à de l’hostilité vis-à-vis des touristes occidentaux. Egalement, à de nombreuses reprises, lorsque nous cherchions notre chemin, sollicitant l’aide des locaux, nous fûmes ignorés. C’est donc sans en avoir pleinement conscience qu’en l’espace de deux jours nous nous étions forgés une image plutôt négative des mentalités chinoises. Après ces difficultés d’accommodation, nous réalisâmes que ces mauvais épisodes ne devaient être l’objet d’une généralisation grâce à d’heureuses et surprenantes expériences humaines. A nouveau en train de chercher notre chemin, nous croisâmes une âme charitable en la personne d’une employée de carrefour d’une quarantaine d’année. Celle-ci, ayant identifié notre détresse et l’objet de notre quête, pris l’initiative de nous aborder afin de nous aider et nous indiqua la voie à emprunter vers notre métro. Sa deuxième initiative fût encore plus surprenante : elle était là, au bout de la rue, elle nous attendait… Il se trouva qu’elle avait pressenti notre inexpérience, et, par bonté de cœur, souhaitait nous emmener en taxi qu’elle financerait elle-même. Nous discutâmes, son anglais était d’un niveau supérieur à celui que nous avions coutume d’entendre dans la ville de Shanghai. Nous arrivâmes au métro que nous cherchions, et, encore une fois, ses efforts salutaires nous ébahirent : elle effectua de nombreuses recherches sur son Smartphone afin de trouver l’adresse d’un magasin dans l’optique de compléter nos informations pour le projet de notre voyage. Les adieux furent tendres car notre reconnaissance était à son paroxysme. Le voyage suivi son cours et un second évènement vint de nouveau faire évoluer notre vision étriquée. L’un d’entre nous, payant pour un ticket de métro, laissa tomber quelques pièces de monnaies sur le sol sans s’en rendre compte. Il suffit de quelques secondes pour qu’un homme lui remette son argent. L’honnêteté et la volonté de secourir son prochain le frappèrent. Une troisième expérience, tout aussi surprenante, fît changer notre global mindset de manière définitive. L’un d’entre nous, se tenant debout dans l’habituelle cohue du métro shanghaien, affaiblit par sa maladie qu’il endurait depuis plusieurs lunes, fût secouru. En effet, une jeune chinoise, prise de pitié à la vue de son visage fatigué, lui céda sa place chaleureusement. Autant de surprises et d’expériences qui renversèrent notre opinion initialement négative. Notre lecture des premiers jours était erronée, et nous étions responsables de cette erreur de par notre incapacité à nous décentrer dès le début du voyage, à ouvrir notre esprit. En effet, le décentrage consistant à se sortir de ses considérations et de prendre le point de vue de l’autre. Il était probable, dans un pays tel que la Chine, qu’omettre de sortir de son habituelle grille de lecture, pouvait mener à des mauvaises interprétations comme les nôtres au début du voyage. Alors que nous avions directement interprétés la réaction du taximan nous ayant refusé comme un acte de mauvaise volonté, les expériences positive qui suivirent nous firent réfléchir à remettre en question notre point de vue. Le décentrage nous fît relativiser sur les causes de ces « mauvaises attitudes » : la principale raison que nous trouvions la plus probable viendrait d’un aspect propre à la culture chinoise : il est essentiel de ne pas « perdre la face ». De plus, l’expérience de la femme chinoise qui nous accompagna au métro ainsi que d’autres nous firent par la suite remarquer qu’il existait une forte corrélation entre la propension à aider et le niveau d’anglais. Et si le taxi pékinois nous avait refusé de peur de ne pas nous comprendre et par conséquent de « perdre la face » ? Ou en raison de mauvaises expériences précédentes avec des touristes occidentaux ? Ou peut-être avait-il simplement finit son shift ? C’est le point de notre décentrage : nous n’avons pas remplacé un apriori mais plutôt laisser les portes ouvertes à de potentielles explications positives. Alexandre, Florent et Eliot


Bien que la plupart des visites effectuées dans les entreprises soie en anglais, le défi de communiquer avec le peuple chinois lors de périodes de quartier libre, a été au cœur de notre vie quotidienne lors de notre périple à Shanghai. Bien sûr, pour nous, il est nécessaire de prendre la ligne de métro numéro 2 pour aller à People Square, de trouver le Jade Bouddha Temple ou de connaitre le prix de l’article pour en négocier le prix et c’est peut-être plus par nécessité que nous allons vers les locaux. Mais pas seulement. Les chinois eux-mêmes cherchent à venir vers nous. La plupart du temps, ils commencent par sortir leur Smartphone et photographier notre groupe compact d’européens qu’ils n’ont pas l’air d’avoir l’habitude de voir. Ce fut le cas de cette femme, serveuse du restaurant où nous avons tous déjeuné (les 22 étudiants), qui a ouvert de grands yeux en nous voyant et qui n’as cessé de nous prendre en photo pendant le repas comme pour avoir une preuve à montrer et à partager, avec un sourire où se mêlait enthousiasme et fierté, comme pour avoir une preuve à montrer et à partager. D’autres tentent parfois doucement de s’approcher, curieux et à nous parler en chinois. À la question « Speak english ? », tous répondent « little bit » : en réalité, ce sont souvent les seuls mots qu’ils connaissent en anglais. S’ensuit alors une conversation gestuelle, où chacun cherche à montrer à l’autre ce qu’on veut dire avec de grands mouvements, et lors desquelles aucun avis sur la signification de ce que notre interlocuteur nous dit n’est unanime. Ce fut le cas lors du rallye lorsque, perdu dans le quartier de Shanghai Railway Station pour trouver une agence immobilière et voyant nos efforts pour nous situer précisément sur la carte, une vieille dame et un trentenaire se sont successivement arrêtés pour nous apporter leur aide et nous indiquer du mieux qu’ils pouvaient la direction à prendre. Ils ne se souciaient ni du temps qu’ils auraient pu occuper à quelque chose de plus bénéfique pour eux, ni de la lenteur de notre compréhension mais simplement de nous apporter leur soutien. D’autres encore communiquent avec nous simplement pour parler, faire la conversation, nous communiquer ce qu’ils souhaitent partager et ce toujours avec des gestes où les mots les plus simples qu’ils connaissent. À mon arrivé à Beijing, le taxi qui me prit en charge jusqu’à notre location n’était pas beaucoup plus âgé que moi. Une jeunesse commune qui nous a poussée à essayer de faire connaissance. Cela s’est fait de la manière la plus simple qui soit : apercevant le logo de l’équipe de France de Rugby sur mon polo, il s’est tout de suite mis à débiter des paroles à une grande vitesse dont le principal sujet devait être la France si ma compréhension était correcte. Les quelques mots d’anglais qu’il connaissait m’ont permis de lui faire connaitre le but du voyage. Ils lui ont donné la chance de me montrer qu’il excellait dans sa profession, en changeant de ligne à tout allure ou en quittant la route des yeux et le volant des mains, pour mieux communiquer avec moi. Des frayeurs qui se sont chaque fois terminés dans de grands éclats de rire, lui en voyant mon air inquiet et moi par nervosité. Plus tard, à Shanghai, un autre taxi s’est amusé pendant la course à comparer la taille de ses cuisses aux nôtres, plus musclés, en nous assurant que nous étions sportifs et que c’était une bonne chose pour nous. Encore une fois, j’espère que mon interprétation était correcte mais qu’importe, ces moments étaient d’une grande richesse en terme d’ouverture d’esprit Tous ces échanges n’étaient souvent pas sans nous rappeler l’expérience BAFA – BAFA, donné par Jo DiStefano, avec les différences de codes et de comportements d’une culture à l’autre. Même si nous n’avons pu échangés que de simples choses, cela nous a permis de sortir de nos cadres habituels et de nous porter vers tous ces gens. Cela s’est toujours fait dans le respect de la culture et des codes traditionnels chinois, et surtout toujours avec un grand sourire sur nos lèvres. Jean-Michel


Avant de venir découvrir la Chine et plus particulièrement la ville de Shanghai, je n’avais que des notions très théoriques concernant ce pays. Des notions apprises en cours notamment ainsi que certaines images et idées préconçues acquises de parts les récits de proches ou encore des documentaires télévisés. J’étais extrêmement excitée et enthousiaste à l’idée de venir découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture, de me construire ma propre vision et de casser ou valider certains préjugés sur la Chine et ses habitants tout en restant la plus ouverte d’esprit possible pour ne pas juger inconsciemment une culture et des mœurs différents des miens. En arrivant à l’aéroport de Shanghai, nous avons décidé de rejoindre l’hôtel en métro plutôt qu’en taxi. Nous nous sommes vus confrontés à la première différence entre la Chine et la Suisse. En effet, lorsque le métro arrive, les personnes sur le quai n’attendent pas de laisser sortir les gens et se ruent à l’intérieur pour avoir une place assise, ils n’hésitent pas à courir et à pousser tout le monde. J’ai vu un homme courir et pousser une femme pour s’assoir avant elle. Je dois avouer que cela m’a surpris car cela ne se passe pas de cette façon en Suisse ou en France. Cela s’est produit durant tout notre séjour à Shanghai, nous nous sommes donc adaptés et avons également adoptés cette « stratégie chinoise ». Cependant, nous avons également été témoins d’un épisode contradictoire, lors duquel une femme a laissé sa place à l’un d’entre nous. Cette expérience a pu valider mon hypothèse d’une Chine peuplée et en constant mouvements. En revanche, je n’avais pas anticipé la brutalité de cette cohue dans les transports publics, qui a été encore plus frappante dans le bus à Yiwu. Un deuxième épisode marquant se déroula le même jour, lors de notre repas de midi. Après avoir déposé nos affaires à l’hôtel nous nous sommes aventurés dans le quartier à la recherche d’un endroit où manger. Nous nous sommes arrêtés dans un petit restaurant typiquement chinois dans lequel les employés ne parlaient pas un mot d’anglais. Ce fut une expérience très enrichissante et extrêmement agréable car nous avons dû communiquer malgré une barrière importante, celle de la langue. Cependant tout s’est déroulé dans les rires et la bonne humeur car il était très difficile de se faire comprendre et de commander, mais nous avons persistés, nous avons finalement dégustés un repas délicieux et sommes repartis avec des photos sympathiques. Ce repas m’a permis de valider une de mes hypothèses qui était que malgré de nombreuses différences culturelles et linguistiques il est toujours possible de communiquer et d’interagir avec des personnes dans la bonne humeur et la politesse. Ensuite, j’ai également pu constater que même lorsque nous sommes les touristes ici, les chinois nous prennent plus en photo que l’inverse. C’était particulièrement marquant au Bund lorsque les passants nous arrêtaient pour se prendre en photo avec nous ou lors de la visite du temple de Lingyin lorsqu’ils nous prenaient en photo « discrètement », mine de rien. C’est quelque chose qui était marrant au début mais qui peut devenir rapidement fatiguant car on se sent vite comme une bête de foire. Certaines personnes de notre groupe ont eu une réaction que je juge marrante et se sont mis à photographier nos photographes en retour. De ce dont j’ai été témoin, aucun chinois ne l’a mal pris, ça les a même plutôt fait rire. Pour ma part je me suis simplement contentée de les regarder et de sourire pour la photo pour leur montrer que je les avais bien remarqués. Je ne m’attendais pas du tout à une telle surprise, un tel étonnement de la part de la part des chinois de voir un groupe d’européens surtout dans des lieux très touristiques. Un dernier point que j’aimerais soulever dans cette partie global mindset réside cette fois plutôt au niveau interne. Il a été plus laborieux pour moi de m’adapter aux autres étudiants suisses, à leur façon de travailler, de voyager ainsi que de s’organiser, plutôt qu’aux différences culturelles (notamment linguistiques et culinaires) chinoises. J’ai dû particulièrement travailler ma patience (dont le seuil a toujours été initialement proche du zéro absolu) et ma tolérance car je n’ai pas l’habitude de voyager avec un groupe de 21 personnes. Une organisation était constamment nécessaire que ce soit dans le travail, les projets de groupe ou encore les visites et sorties. En effet j’ai donc pu mettre concrètement en pratique les notions importantes apprises pendant ce semestre, c’est-à-dire de se décentrer, de se mettre à la place de son ou ses interlocuteurs pour mieux comprendre et mieux s’exprimer afin de faciliter les dialogues, s’organiser de manière plus optimale et régler plus efficacement les éventuelles tensions qui auraient pu émerger suite à une mauvaise compréhension et non une divergence d’avis. Ce voyage fut une expérience des plus enrichissantes, au niveau culturel ainsi que personnel. Alexandra


Avant ce voyage en Chine, qui était pour moi la première fois dans ce pays, je m’attendais à ce que les gens soient très sympathiques, accueillant et très respectueux envers les autres avec des notions d’anglais. En arrivant à Shanghai à l’aéroport de Pudong à 5h30 du matin, les gens qui y travaillaient ne nous voyaient pas comme de potentiels amis mais comme des jolis touristes à arnaquer que ce soit sur le change d’argent ou encore le transport en mini van privé. Après avoir pris le métro pendant une heure et demi sans vraiment savoir où nous allions exactement, nous avons essayé de communiquer avec les employés des différentes gares afin d’obtenir des informations sur le nom anglais de l’arrêt auquel sortir. Je voyais le métro asiatique comme un moyen de transport très moderne. Ayant été à Bangkok en février, là-bas les gens attendent patiemment en ligne les uns derrière les autres grâce à un marquage au sol et attendent que les gens soient sortis avant d’entrer. Ici à Shanghai c’est pas tout à fait la même chose. Il s’agit d’un amas de gens se ruant les uns contre les autres afin d’atteindre une place libre potentielle ou encore se battre pour tenter de sortir à l’arrêt qu’ils désirent. Je n’avais pas constaté ce rush lors de notre premier voyage en métro car c’était surement trop tôt et étant montés au terminus, il y avait suffisamment de places assise pour tout le monde. C’est un comportement que je ne comprends pas et je n’ai pas réussi à trouver une explication durant ce séjour. Le temps disponible pour laisser les gens sortir et ensuite entrer dans le métro est largement suffisant. Peut-être qu’ils ne veulent pas rester longtemps debout mais il y a tout le temps une rotation des gens assis. Pourtant des marquages au sol sont assez visibles, qui expliquent où attendre. Ceci m’amène donc à la notion de respect. Ayant rencontré ces deux dernières années la culture vietnamienne et thaïlandaise qui étaient très accueillante et sympathique envers les étrangers et autrui en général, je suis assez surprise de la réaction de certaines personnes ici. Concernant le respect des autres dans le métro, les bus ou encore dans la rue, j’ai l’impression que les gens ne font pas vraiment d’effort pour éviter une collision avec une autre personne qui lui arrive en face, ils n’hésitent pas à pousser sans s’excuser. Par contre, une très bonne expérience que je garderai longtemps en mémoire était la volonté d’une dame dans la rue de nous aider à trouver une agence immobilière dans un quartier assez populaire pendant le rallye. Cette petite dame ne parlait pas un mot anglais, uniquement chinois mais était persuadée qu’on comprenait ce qu’elle nous indiquait. Elle n’essayait pas vraiment de faire de signe alors que ça aurait été une solution judicieuse mais répétait, répétait et répétait encore la même chose sans qu’on ne comprenne un mot. Finalement un monsieur qui parlait assez bien anglais a remarqué qu’on ne comprenait pas grand-chose et nous a finalement accompagné jusqu’à trois agences immobilière en s’assurant que quelqu’un qui parlait anglais serait apte à répondre à nos différentes questions. Ceci montre la gentillesse et la serviabilité de certains chinois Avec ces deux expériences, j’ai constaté que j’avais certain à priori au sujet de la chine et des chinois. Certains se sont confirmés et d’autres envolés. Amélie


La Chine ? Tant de préjugés et d’appréhension qui se sont envolés à mesure que les jours passés. Appréhension culturelle à priori que j’avais sur les chinois, la nourriture mais aussi sur les infrastructures, le marché de la contrefaçon et l’environnement. Certaines furent validées d’autres aux contraires bousculés. Je commencerai ma réflexion sur les chinois, personnes que j’avais à tort considéré comme trop froide, inexpressive mais tout en restant très respectueuse. Pour peu que je me souvienne j’ai toujours eu cette image entachée des chinois. En plus d’avoir cette apriori, je les avais tous considérés comme semblable. Vous l’avez bien compris, ma vision était des plus limitées. Je partagerai donc quelques incidents tant positifs que négatifs qui me sont arrivés durant mon séjour, et qui ont réussi à changer mon regard sur ce peuple. Le deuxième jour, nous avions pour mission de parcourir la ville à la recherche de nombreuses informations concernant la vie dans un quartier de Shanghai. Un vrai rallye nous attendait : spéculation sur le marché de négoce, visite d’appartement, recherche d’un monument historique.. Apres ce qui ressemblait plus à un « Shanghai express », nous primes le métro pour rejoindre nos autres camarades au point de rencontre prévus. Fatiguée d’une telle journée, je me suis écroulée sur un des bancs du métro. Pas plus de cinq minutes plus tard, une femme d’une cinquantaine d’années vint m’agresser, en débitant à toute vitesse plusieurs mots chinois et exigeant que je lui donne ma place. Premier contact avec les chinois pas des plus sympathiques. Une autre expérience que j’aimerai partager avec vous est celle qui m’est arrivée au Fake Market. Ce fameux marché de la contrefaçon ou tout le monde peut trouver son bonheur pour pas cher. Je viens du Maroc, un pays ou il est normal de marchander le prix. En outre, j’avais entendu qu’il fallait diviser le prix proposé par le vendeur de 10 pour avoir un prix un semblant raisonnable. J’ai donc décidé d’adopter cet état d’esprit. Cela fonctionnait plutôt bien jusqu’à ce que je tombe sur un vendeur qui voulait me vendre 100 pochettes à 5 RMB alors que j’en voulait seulement 2. A partir du moment ou j’ai refusé son offre, il me fit sortir du magasin en hurlant « GET OUT ! » à mainte reprises. Aussi, lors de notre visite au marché Yiwu, un marché de gros, je fus dépité par le comportement des vendeuses. A partir du moment où elles avaient compris qu’on n’était intéressé par acheter seulement une seule pièce, les vendeuses ne répondait même plus à nos questions et agissait comme si on était même pas présents. Je comprends qu’elles ne soient pas intéressées à vendre à des particuliers mais il existe d’autres moyens de le communiquer. J’ai trouvé que c’était un manque d’éducation. Vous l’aurez compris le respect que j’imaginais entrevoir auprès des chinois n’a pas été confirmé. Présenté de cette façon le tableau peut paraître un peu terne, ce qui je vous rassure n’a pas été le cas. Les chinois comme toute société sont très différents les uns des autres. J’ai eu d’agréables surprises. Une vendeuse que j’ai rencontré et avec qui j’ai réussi à négocier un prix des plus honorables, a été très chaleureuse. Décelant dans mon « xiexie » une déficience d’expression (malgré je tiens à préciser une volonté irréfutable et qu’elle a trouvé très amusante), a passer plus de 10 minutes à essayer de m’apprendre de nouveaux mots en mandarin. De plus, au retour de notre escapade à Hangzhou, magnifique ville authentique à quelques centaines de kilomètre au sud est de Shanghai, à la gare un jeune homme vint nous offrir deux amis et moi avec 3 roses rouges. Il a seulement prononcé « Welcome to Shanghai ». J’ai trouvé ce geste incroyablement généreux et accueillant de sa part d’autant plus qu’il faisait partie d’un groupe de plusieurs personnes composées à la fois de femmes que d’hommes. De surcroit, la rencontre que nous avions fait avec les étudiants chinois a fut pour moi très enrichissante. Je m’attendais à rencontrer des personnes assez timides, pas très bavards. Je fus surpris de la curiosité de mon binôme chinois sur la culture européenne mais aussi de par sa gentillesse, sa sociabilité et son amabilité. En ce qui concerne la nourriture comme on dit « les gouts et les couleurs ne se discutent pas » ! Toutefois, j’ai apprécié le fait d’avoir eu l’opportunité d’être surprise à quasiment chaque repas. Mon palais ne se réjouissait pas tout le temps de mes découvertes culinaires mais il était intéressant de découvrir la véritable nourriture chinoise. J’insiste sur l’adjectif véritable parce que tant que l’on a pas mangé dans un restaurant en chine on ne peut juger cette cuisine par les plats qu’ils proposent seulement dans un restaurant chinois implanté dans un autre pays. En outre, lors d’un déjeuner dont la principale clientèle venait d’occident, il était très intéressant de noter que les plats proposés étaient différents de ce que l’on avait vu précédemment. Ils étaient adaptés aux touristes locaux. Cela m’a beaucoup amusé de découvrir la perception que les chinois avaient des occidentaux. Exemple de plats proposés : Ketchup au poulet, ketchup au pommes de terre.. Une autre des choses qui m’a beaucoup surpris durant ce voyage est la pollution. J’étais au courant du problème de pollution actuel principalement à Pékin comme à Shanghai mais je n’en avait jamais réellement pris conscience jusque la. Il faut réellement le vivre pour le croire. De plus, l’hygiène laisse encore un peu à désirer. Les toilettes du au fait que l’on ne peut jeter le papier toilette dedans (ce qui est probablement du à un manque de qualité) ne sont pas toujours propre et les mauvaises odeurs en émanent. Enfin je ne comprends pas cette manie de cracher à tort et à travers. La seule explication que j’ai pu trouvé est la suivante : Cette mauvaise habitude est due à la pollution. Pour finir, j’aimerai revenir sur une mimique ou plutôt une façon de parler qui m’a beaucoup amusée : le fameux « hoo ». La communication était assez difficile mais cela m’a permit de développer mon langage des mimes. Lorsque l’on demande à un chinois quelque chose et qu’il veut nous faire comprendre qu’il a effectivement compris il émet un son « hoo » articulé à un regard vers le bas. Ce fut un voyage très enrichissant surtout le plan personnel, toutes ces expériences m’ont appris à voir les choses différemment mais surtout d’essayer de voir les choses du point de vue des autres et donc être plus empathique. Houyam


Pendant notre voyage en Chine, nous avons vécus plusieurs moments marquants qui m’ont fait changer la vision que j’avais avant de visiter ce pays gigantesque aux cultures bien différentes des nôtres. Je vais vous en raconter deux qui m’ont particulièrement marqué, soit car ils m’ont fait réaliser ce que ce serait de vivre en Chine, soit parce qu’ils m’ont fait réfléchir à ma façon de vivre en Suisse. Dès notre premier jour nous avons été confrontés à la plus grosse barrière entre la Suisse et la Chine : la langue. La langue chinoise n’est pas seulement compliquée car c’est une langue totalement différente de la notre, son écriture est également incompréhensible. La première épreuve du voyage fut donc de savoir ce que nous allions manger. Après 48heures de voyage et très peu d’heures de sommeil à notre actif, nous voulions découvrir le vif de la culture chinoise en choisissant un petit restaurant peuplé uniquement d’autochtones. Lorsque nous sommes rentrés dans ce restaurant munis de six tables, chacune accompagnée d’une poubelle pour accueillir les crachats des clients, la serveuse nous a regardé avec de grands yeux et un grand sourire. Elle avait l’air ravie de nous accueillir dans son restaurant. Nous nous asseyons, elle nous distribue les menus, et là commence la panique. Évidemment aucun de nous ne pouvait déchifrer ces caractères, nous avons donc décider de choisir ce façon “random” des plats sur la carte. Nous sommes finalement tombé sur quatre plats dont des tripes et un poulet entier. Nous avons eu de la chance, le seul plat qu’on n’a pas touché était les tripes et la tête du poulet. J’avais déjà vécu cette barrière linguistique lors de mon séjour au Japon, mais la bas, il suffit de connaitre quelques mots de sushis ou poissons crus et on ne prend pas trop de risque en ce qui concerne la nourriture. Le dimanche 13 juillet, nous sommes partis à 07:00 pour prendre le train direction Yiwu, connu pour son grand marché de vente dit “made in China”. Avant de se lancer dans les défie du jour, nous avons décidé de manger afin de reprendre des forces. Nous sommes donc arrivés dans le premier “restaurant” que nous avons trouvé. Pour s’acheter à manger il fallait se procurer un jeton a 5 yuan, qui nous donnait droit à de la nourriture, mais denouveau on ne savait pas trop de quoi il s’agissait, nous avons donc fait confiance à notre perception visuelle. Après le repas, sans surprise gustative (nouilles sautées au poulet), nous avons entamé la première étape du rallye qui était d’analyser un trader dans une négociation lors d’une commande. Nous en avons rencontré au total quatre venant d’Inde, d’Argentine, de Slovaquie et d’Iran. Ce qui est intéressant et qui nous a beaucoup étonné est que la grande majorité des traders rencontrés ou vus en action dans ce marché n’était pas européen. Une autre chose qui nous a frappées et qui change notre perception des choses est la diversité des objets que l’on peut trouver sur place. En effet, nous avons vu des objets allant de bijoux, jouets pour enfants, ustensiles de cuisine à souvenirs de pays bien différent de la Chine, comme l’Egypte ou la Turquie par exemple. Cette découverte nous fait donc réfléchir à notre consommation, ainsi qu’a l’impact qu’a sur le monde cette mode de “made in China”. Malgré le fait qu’on sache pertinemment que la plupart de nos objets ne sont pas produit localement, il est vrai que de découvrir que Migros se procure ses tasses au Yiwu Market et Zara ses colliers, que chacune d’entre elles les payent à un moindre prix et qu’en Europe nous les achetons le triple ou le quadruple du prix de base. Le même problème s’est posé lorsque nous avons visité les entreprises de production textile comme Hempel ou High Fashion. Des marques comme Zara et H&M sont produites au même endroit, par les mêmes employés et la première a une gamme de prix nettement plus élevée que la seconde, ce qui me fait me demander pourquoi paie-t-on un prix nettement supérieur alors que la qualité de fabrication est la même? Est-ce que cela cache une mauvaise condition de travail des employés ? Ayant demandé et observé les conditions générales des couturiers chinois au sein des deux entreprises que nous avons visitées, je peux dire qu’elles n’étaient ni excellentes ni mauvaises. En effet, leur salaire est relativement raisonnable et leur environnement de travail n’est pas scandaleux. Je me suis donc posé la question de la différence de prix entre ces deux marques de même gamme sans prendre comme hypothèse que le prix était compensé par les conditions des travailleurs. Je n’ai ma,heureusement pas de réponse concrète, excepté quelques suppositions qui sont par exemple l’utilisation d’un tissu de meilleure qualité ou des recherches de design plus développée pour Zara. Ce qui est étrange c’est qu’après ces visites, je me suis sentie tiraillée entre ce que je savais déjà, ce que j’imaginais et ce que j’ai vu. Lorsqu’on achète un vêtement ou un objet, il est en réalité impossible de savoir où il est produit, le fait que la législation oblige la création de la majorité de la plus value dans le pays cité sur l’étiquette ne prouve rien. On ne sait jamais vraiment les conditions de travail des personnes qui ont participé à l’assemblage d’un produit ou le cout initial du produit en question. Je pense que maintenant je réfléchirais à deux fois avant d’acheter un habit chez zara, je réfléchirait au prix qu’il coute et aux étapes de fabrication. Je suis consciente que souvent, on rentre de voyage avec des envies de changer son comportement par rapport à ce qu’on a vu ou vécu, et que malheureusement, ces changements sont présents pendant les premiers mois où on rentre, mais notre environnement nous rattrape et on ne fait plus attention aux détail que l’on souhaitait modifier, c’est pourquoi j’espere toujours garder dans un petit coin de ma tête le souvenir de ces visites. Charlotte


Avant de m’envoler pour la Chine, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. C’était en effet un pays qui représentait le plus grand inconnu à mes yeux. Après avoir partagé mes appréhensions par rapport à cet empire riche de mystères et d’histoire, j’ai commencé à avoir mes premiers aprioris. D’après ce que j’entendais autour de moi, je m’attendais à atterrir dans un pays immense extrêmement peuplé, où les gens étaient de nature plutôt introvertie, très investis dans leur travail et n’avaient pas de temps à consacrer aux autres et encore moins aux touristes perdus à la recherche d’aide de locaux. Même si je me suis retrouvée à de nombreuses reprises face à ce type de personnes, ce n’est de loin pas une généralité que l’on peut appliquer aux habitants de la Chine. Ma première agréable surprise s’est passée à Beijing, où nous avons passé une semaine avec quelques étudiants avant le début du cours. Un soir, alors que nous cherchions vainement un endroit où manger malgré l’heure tardive, nous avons réussi à trouver un restaurant qui a accepté de nous accueillir. Nous nous sommes cependant retrouvés face à une carte entièrement chinoise, avec un personnel ne parlant pas un mot d’anglais et une incapacité à nous faire comprendre. J’ai pensé que ce manque de possibilités de communication allait nous forcer à chercher un autre restaurant mais, contre toute attente, tout le personnel s’est mis en quatre pour essayer de nous faire comprendre les différents mets de leur carte. Un tel effort de leur part a eu pour effet de me faire réaliser que malgré toutes les circonstances possibles et imaginables, il existe toujours un moyen de se faire comprendre. Nous avons ensuite essayé de comprendre le fonctionnement d’une fondue chinoise. Nous devions avoir l’air particulièrement ridicules car des clients assis à la table à côté se sont levés pour nous montrer comment il fallait s’y prendre. Encore une fois, ce moment de partage et de convivialité des plus inattendus fut des plus intenses et des plus marquants. J’ai vécu une seconde expérience du même type à Shanghai. Nous nous sommes rendus dans un restaurant proche de notre hôtel pour notre premier repas dans la ville. Encore une fois, une carte en chinois et un personnel ne parlant pas anglais. Cependant, cela n’a empêché personne de tout mettre en œuvre pour se faire comprendre, à force de gestes et de mimes. Arrivés au moment de commander des boissons, la serveuse n’arrivait pas à comprendre ce que nous lui demandions. Malgré toute sa bonne volonté, il lui était impossible de répondre à notre requête. Elle s’est alors précipitée dans la cuisine pour chercher tout le reste de l’équipe et tenter de nous comprendre. Nous riions tous aux éclats devant le comique de la situation mais avons continué nos mimes malgré tout. Finalement, un des serveurs est retourné en cuisine pour nous apporter l’entier du choix de boissons de son restaurant. Encore une fois, voir les serveurs investir autant d’efforts pour tenter de comprendre de jeunes touristes ne parlant pas un mot de chinois a été un des souvenirs les plus marquants de tout ce voyage. Ce qui ressort de ces deux expériences parmi la ribambelle que j’ai vécues en Chine est que malgré tous les préjugés et aprioris que l’on peut avoir, consciemment ou non, sur les gens d’une culture totalement différente que l’on ne connaît pas, il ne faut pas les laisser entacher l’expérience inoubliable que l’on pourrait vivre en leur compagnie. On peut être facilement tenté de généraliser une mauvaise rencontre ou une mauvaise expérience à l’entier du pays mais c’est une grave erreur. Une ouverture d’esprit et une absence de tout jugement des us et coutumes des autres sont la clé pour un voyage enrichissant donnant envie de retourner dans ledit pays. Shalini


Etant d’origine chinoise et ayant passé une partie de mon enfance en Chine, j’ai eu beaucoup de chance d’être sélectionnée pour ce voyage. Bien entendu, mon global mindset était au départ différent que celui de mes collègues. Cela fait 10 ans que je vis en Suisse, pays dans lequel j’ai appris à maîtriser ma deuxième langue “maternelle” et fait mon parcours d’étude. Bien que je me sois bien adaptée en Suisse, il n’en reste pas moins que mes origines chinoises ont un impact sur la manière avec laquelle je perçois les choses. Premièrement, j’ai découvert, pendant le voyage, que la mode de vie en Chine, particulièrement dans des grandes villes telles que Shanghai, est très différent du mode de vie Suisse. Il est évident qu’avec plus d’un milliard de personnes, la population chinoise dépasse largement celle de la Suisse. Cette population élevée donne naissance à un environnement très compétitif où il est nécessaire de se battre pour avoir une première place autant au niveau professionnel que dans la vie en général ou garder sa place dans la file du supermarché peut devenir un parcours du combattant. Deuxièmement, j’ai aperçu que la les chinois considèrent beaucoup au travail et au mariage, par exemple lors de Ralley j’avais vu des publicités dans le métro concernant la recherche de travail ou le mariage. Je connais bien l’importance de ces choses en Chine, particulièrement le mariage car c’est un évènement traditionnel considérable en Chine. Par contre j’étais quand même étonnée par la publicité de l’exposition de mariage qui a lieu chaque année dans laquelle on peut découvrir les informations concernant la cérémonie de mariage, et encore une autre qui promeut les vacances de noces. J’ai l’impression que ces publicités vont « étouffer » ces passagers du métro, puisqu’un mariage est une chose très personnelle, elle ne peut pas être encouragée par des publicités. À travers de ce voyage, il y a encore beaucoup d’autres choses perçues différemment me viennent en tête mais ce qui a été le plus révélateur et qui m’as permis de vraiment développer mon global mindset a été de redécouvrir la Chine avec la perspective d’un groupe d’élèves ayant une culture différente. Pendant le voyage, j’ai constaté que la majorité des autres élèves visitaient la Chine pour la première fois et ont donc vécu un choc culturel important : des immeubles à perte de vue, une langue incompréhensible, une cuisine différente ou encore l’attitude des gens locaux si différente de la Suisse. J’ai perçu qu’ils attendaient une bonne qualité de service même si on était dans un restaurant peu cher ou encore qu’ils attendaient que les chinois allaient se comporter comme les suisses. Lorsque j’avais vu leur réaction, je trouvais que le contraste d’éducation des chinois et celle des suisses est devenu encore plus distinct, mais il est claire qu’on ne peut pas attendre que cette éducation de la population va être améliorée d’un coup, elle va prendre du temps. Globalement, cette expérience a été très enrichissante car elle m’a permis de redécouvrir mon propre pays de manière différente, et de développer aussi un mindset afin de mieux appréhender les différences culturelles. Quhan


Une des premières choses qui m’ont interpellé en Chine, est le comportement des citoyens chinois dans les transports publics plus particulièrement dans le métro. En effet, les Chinois se bousculent sans gêne, se précipitent sur les places avant même que la personne libère entièrement son siège. J’ai pu vivre cette première expérience dans le métro de Beijing. Nous étions stationnés devant les portes du métro et lorsque celui-ci arriva et que les portes s’ouvrirent, les chinois attendant comme nous se sont littéralement jetés dans le métro, laissant peu de chance aux personnes encore à l’intérieur de sortir à leur arrêt tranquillement. Regardant curieusement la scène se passer, nous avons finalement pu rentrer à notre tour dans le métro. Je ne dis pas qu’à Lausanne les personnes attendent toutes à côté des portes pour laisser tout le monde sortir. Même en Suisse cela m’irrite. Cependant, une fois entrée, il n’y avait bien évidemment plus de place et nous étions collés intimement à d’autres Chinois. Nous nous sommes étonnés d’être les seuls à parler, et ce comportement s’est confirmé presqu’à chaque reprise. Car même si ils nous donnaient l’impression de se connaître ils ne bavardaient pas entre eux. Nous avons émis l’hypothèse qu’ils ne souhaitaient pas que tout le monde puisse écouter leur propos étant donné la constante surveillance. Toujours dans le métro, les chinois souhaitant sortir à l’arrêt suivant s’immiscent et poussent les personnes pour accéder le plus près des portes. Et tout ça bien avant d’arriver à destination. J’avoue que c’était l’expérience dont j’ai eue le plus de peine à comprendre, et il m’est arrivé de m’énerver contre eux, pensant leur donner une leçon et qu’enfin ils comprendraient. Finalement un des derniers points qui a particulièrement titillé ma curiosité, est le fait que les personnes dans le métro ne se lèvent jamais pour laisser place à des personnes âgées. Par contre, lorsque des enfants se trouvent dans le métro, la quasi totalité des personnes est prête à lui céder sa place, même les plus âgées. Cela peut paraître fou à première vue, mais si l’on y réfléchit bien, il faut prendre soin des enfants qui prendront soin des personnes âgées à leur tour. Les premières fois en métro, j’agissais de façon agressive envers eux pensant leur faire comprendre que leur comportement ne les aidait pas à sortir plus rapidement du métro. Cependant lorsque j’ai vu que tous les citoyens chinois agissaient de la sorte (que se soit à Beijing ou à Shanghai) j’ai décidé d’être passive et simplement accepter la chose. À force de les observer, on remarque qu’ils sont stressés à l’idée de ne pas pouvoir sortir du métro. Avant d’arriver en Chine, et suite aux différents cours que nous avons eu durant l’année, j’avais l’impression que les chinois étaient collectivistes dans toutes les situations. Surtout depuis le cours où nous avions fait le parallèle entre l’individualisme des occidentaux et le collectivisme des chinois (les différentes peintures). Je n’ai toutefois pas eu cette impression. Que ce soit dans le métro ou dans quelques autres situations, certains chinois se respectent peu entre eux et ne s’entraident pas nécessairement. Un cas dans le métro qui m’a particulièrement choqué, est qu’une personnes âgée munie d’une canne, n’ayant pas réussi à atteindre les escalators (car trop de monde) a dû finalement prendre l’énorme cage d’escalier accompagnée d’un garde pour éviter qu’elle se fasse bousculer de tous les côtés. J’ai adapté mon comportement aux citoyens chinois tout en gardant mes valeurs. C’est à dire que j’ai agi en toute neutralité lorsque les chinois agissaient de façon contraire à mes principes mais je me suis aussi intégrée à leur culture lorsque cela me paraissait important. Plus concrètement, je n’ai pas bousculé les gens dans le métro pour sortir mais j’ai par contre partagé mes plats avec mes camarades au restaurant.

Charlotte

SHA2014 GM post

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