My Shanghai 2013

Témoignages du voyage du cours « Doing Business In Emerging Markets » compilés par Christina Myers sur la base des témoignages, avis, débats, relectures et partages d’idées de tous les participants du voyage à Shanghai.

Prendre une décision sur le choix de ses études correspond à se rapprocher d’un pas du monde professionnel en éliminant d’emblée certains métiers potentiels. Ensuite, selon ses préférences et ses capacités, un étudiant décide de se spécialiser dans un domaine plus précis, cela se fait généralement suite à un stage ou directement en choisissant un master. Bien souvent les étudiants envisagent les carrières qui leurs sont misent « sous le nez », ils choisissent trop vite parmi ce qui leur est proposé sur le moment. Malheureusement la curiosité d’envisager d’autres parcours professionnels n’est que très peu répandue. C’est ainsi que travailler dans une grande banque, une multinationale ou une compagnie d’audit est très attrayant pour un étudiant HEC, qui est démarché par ce genre d’entreprise directement sur le campus, et qui n’a pas à faire la démarche lui même de trouver une boite qui correspond à son désir de carrière. Il est évident que la faculté HEC instaure de plus en plus de moyens pour aider les étudiants à faire le bon choix de travail/future carrière et surtout essaie de leur donner un éventail de plus en plus large de possibilités d’orientation. Mais le challenge est de taille : Comment faire prendre conscience à un étudiant que travailler dans une plus petite entreprise lui amènera plus de responsabilités et cela plus rapidement ? Est‐ce qu’un étudiant à conscience que travailler dans un autre pays lui apportera une expérience et une maturité gigantesque ? Est‐ce qu’un étudiant a conscience que travailler dans une grande boîte lui permettra d’acquérir une formation beaucoup plus importante que le fait d’avoir un nom sur un CV ? Il faut également rajouter que la curiosité est un trait de personnalité et un accomplissement personnel et que stimuler cette qualité n’est pas uniquement le rôle de la faculté. La curiosité est un processus qui se développe chez une personne et qui doit être encouragée chez un étudiant. En effet, cela permet d’étendre l’éventail de perspectives professionnelles et personnelles, et donc de s’épanouir dans sa carrière afin d’éviter de regretter ses choix.

« Ce voyage d’études a donné plus de sens à mon Bachelor. Pendant deux semaines j’ai ressenti une forte passion et une curiosité encore peu connue. » Elias

« Ce voyage a soulevé des milliers d’envies et attisé ma curiosité comme jamais auparavant! » Anaïs

« Ce voyage m’a permis pour la première fois pendant mon Bachelor de découvrir l’esprit entrepreneurial qui se cachait en moi » Anastasia

« Comme le dit un proverbe chinois, les trois premières années d’étude nous mènent partout! Et je l’ai bien vu puisque ce petit détour en Chine bien sympathique, très enrichissant et rempli d’anecdotes m’aura permis de grandir. » Manon

Le cours de M. Marc Laperrouza : « Doing business in emerging market » utilise la théorie acquise tout au long des études HEC pour une application concrète et une mise en situation, avec ces maitre­‐mots : créativité et ouverture d’esprit. Pour qu’une implémentation d’entreprise dans un autre pays soit couronnée de succès, il faut pouvoir inventer une stratégie globale et par ce fait analyser et redéfinir tous les aspects d’une entreprise : fiscalité, image et politique de l’entreprise, rentabilité, faisabilité, communication, recrutement, ressource, gouvernement, infrastructure…
Le principal « output » de la majorité des étudiants est la diversité des méthodes
d’implémentation des entreprises dans les pays et la créativité requise pour le succès de cette dernière. Entreprendre une implémentation c’est comprendre un territoire avec sa population ainsi que comprendre une entreprise afin de pouvoir aligner ces deux acteurs.

C’est comme cela que le voyage d’étude se place dans la continuité de ce cours : comprendre un territoire/un pays/une culture/un marché/une économie, afin de pouvoir analyser le succès, ou la défaite, et les raisons attenantes, de l’implémentation des entreprises. Il faut également ajouter que l’enseignement de ce voyage n’a pas été uniquement programmé par les accompagnateurs. En effet, c’est en étant immergé au cœur de la dynamique de la Chine, en se fondant dans la population et en s’imprégnant des odeurs locales que le message du cours et la raison du voyage ont été véhiculés.

« Ce voyage m’a permis non seulement de découvrir un pays qui m’intriguait – d’autant par sa culture et sa forte tradition que par sa croissance et son dynamisme – mais également de mettre enfin en pratique des concepts qui jusqu’à là n’avaient été vu qu’en salle de classe à Lausanne. » Jean‐François Léon

En remarquant comment la théorie accumulée durant trois années d’études s’applique concrètement dans cet environnement, les étudiants se sont ouverts à la possibilité de travailler dans des pays émergents.

« En nous faisant sortir des sentiers battus suivis ces trois dernières années à l’Université, ce voyage m’a permis de découvrir une toute autre approche de l’enseignement et m’a ouvert les yeux sur les opportunités de demain qui se présentent à nous, jeunes diplômés, pour lancer nos carrières dans un marché émergent. » Charles-Henry

« Avant d’entreprendre le voyage de Doing Business in Emerging Markets je voyais les pays émergents comme une lointaine possibilité pour mon futur tandis que maintenant je considère sérieusement l’option de m’y lancer. Ce voyage m’a ouvert les yeux sur le nombre d’opportunités qui se présentent à moi dans ces pays en plein essor. » Marc

“Le voyage Doing Business in Emerging Markets m’a permis de manière intelligente de découvrir un pays extraordinaire. A travers de nombreux projets, j’ai pu découvrir des possibilités intéressantes de carrière. » Nicholas

« Définitivement le meilleur moment de mon bachelor! C’est d’ailleurs après ces 2 semaines riches en émotions que je désire retourner en Chine: que ce soit pour un stage, pour un master ou pourquoi pas plus, ce voyage m’a donné goût à ce pays. » Anaïs

Se balader à Shanghai se résume souvent à découvrir une rue du Rhône (rue luxueuse de Genève) accolée à une autre rue du Rhône, et ce indéfiniment. On voit des Chinois habillés comme des Européens, acheter un magazine avec un mannequin occidental en couverture, aller dans des restaurant appelés « Bon appétit »… A tel point que l’on peut se demander si la culture chinoise n’est pas totalement écrasée par cet attrait pour l’Europe (et sûrement par l’implantation d’un grand nombre de compagnies internationales). Les étudiants ont cependant découvert la vraie Chine, en sortant du centre et des zones touristiques, et ils ont très vite compris que la culture chinoise était belle et bien présente, mais affichée de façon beaucoup moins ostentatoire. De plus, grâce au cours de Tai chi, un cours de cuisine chinoise, la découverte des différentes spécialités culinaires, la visite d’une université, la visite de musées, un cours de calligraphie, l’apprentissage d’un jeux traditionnel chinois : « Le Mà Jiàng », les étudiants ont réalisé la richesse et la diversité de cette héritage du passé. Après réflexion, il est difficile de penser que la culture chinoise pourrait disparaître un jour, tellement elle est forte et ancrée dans la population locale.

Au delà de l’importance cachée de la culture chinoise, plusieurs messages ont été transmis par les locaux, à travers ces activités, à travers toutes les visites d’entreprises et tout au long de cette immersion.

« Au delà de la partie business de ce voyage, il m’a également permis de me plonger dans la culture chinoise et par ce fait de mieux comprendre les locaux. Cela est une expérience unique et utile pour notre futur travail. » Anastasia

Le jeu traditionnel chinois : le Mà Jiàng ne se joue qu’à quatre personnes et « en famille ». En calligraphie le mot « bien » est représenté par la fille et le fils (famille heureuse est donc le synonyme de « être bien »). Cette famille est justement au coeur de la culture chinoise. Se balader dans la rue en connaissant cette importance dans la structure de la société attire l’attention du promeneur sur la place et le rôle des grands-­‐parents dans la famille. Il est très courant de rencontrer une personne âgée s’occupant de la nouvelle génération. Cela nous amène à un autre point qui peut être remarquable d’un point de vue européen : l’enfant unique est le roi du monde. La structure familiale chinoise est donc un peu différente de la vision européenne : il faut ici considérer des parents, un enfant idolâtré ainsi que des grands‐parents entretenus par leurs enfants et tournés vers la transmission d’un savoir vers leur descendance. L’importance de la hiérarchie est également un aspect très important dans la culture chinoise. Lors d’une nouvelle rencontre, un Chinois propose sa carte de visite immédiatement afin de montrer sa position et son statut. Certaines personnes nous confient même devoir enjoliver leurs postes afin de pouvoir rencontrer certaines personnes. La diversité de la nourriture reflète l’immensité du territoire chinois. « Manger chinois » n’a absolument aucun sens.

« Tout au long du voyage, nous avons gouté à différents mets chinois comme le aigre doux, l’épicé ou encore le pimenté. La cuisine en Chine diffère selon sa région, par exemple Shanghai est connu pour sa cuisine aigre‐douce contrairement au nord de la Chine où la cuisine épicée est très présente. » Jessica

Les Chinois accordent une très grande importance aux réseaux sociaux et ne les utilisent pas comme les européens : c’est, en effet, une source d’information avant tout, et non uniquement de divertissement. Il est habituel d’aller au restaurant et voir les Chinois prendre en photo leurs plats afin de les poster et de les commenter sur les réseaux sociaux.

« Internet et les Chinois : les Chinois ne font pas confiance aux produits et internet a permis grâce aux forums et réseaux sociaux d’informer les Chinois sur la qualité des produits. » Jessica

« La culture des chiffres et des couleurs est importante en Chine. En effet, les chiffres et les couleurs ont une signification très forte aux yeux des Chinois. Par exemple, le chiffre 4 signifie la mort et le chiffre 8 signifie le bonheur. Vous pourrez observez dans différents lieu que le bouton d’ascenseur numéro 4 est inexistant ! Les couleurs ont aussi des significations et de nombreuses marques de textiles s’adaptent en fonction. Par exemple, le blanc signifie le deuil, c’est pourquoi Chanel a changé la couleur de sa fleur blanche en noir. » Jessica

« Malgré la mauvaise réputation de la Chine en terme d’écologie tous au long du voyage, je n’ai pas arrêté de voir des actions afin d’améliorer le recyclage ou consommer de l’énergie renouvelable. Tout d’abord, chaque poubelle de la ville de Shanghai est dotée d’un compartiment pour objet recyclable et un autre pour objets non recyclable. Ensuite au fil de la journée, nous pouvons observer de nombreuses personnes qui ramassent le PET ou le carton et les chargent ensuite sur la remorque de leur scooter pour finalement les échanger contre un certain revenu. Tous ces déchets sont ainsi triés et recyclés. Et pour finir, j’ai aussi vu de nombreux immeubles équipés de panneaux solaires. » Jessica

Un élément est bien souvent sous-estimé : la barrière de la langue. « Trouver un traducteur » ne constitue en général pas une solution adéquate car une négociation se déroule majoritairement à l’oral. Certains orateurs étrangers confient avoir signer un contrat sans avoir la moindre idée de ce qu’ils signaient. Il s’agit d’un élément que tout Européen aurait tendance à sous‐estimer mais qui constitue un facteur à ne pas négliger lors d’une implémentation à l’étranger (facteur risque à prendre en compte).

La formation des travailleurs est aussi un énorme enjeu en Chine. Ici, le stéréotype chinois peut être confirmé : leur savoir-faire se résume par « copier mieux que les autres et plus rapidement ». Non seulement cette phrase soulève le problème de la compétition liée à cette population gigantesque (une Chinoise me confie avoir du passer un test d’intelligence à l’âge de 4 ans pour rentrer dans une école enfantine !), mais également celui du manque de prise d’initiative et de responsabilité qu’osera prendre un Chinois.

Un point remarquable concernant l’innovation dans ce pays est le fait qu’elle semble être
stimulée par la collaboration et l’entre-aide. Les incubateurs, par exemple sont souvent décrit comme étant des « co-working community ». Cela peut sembler contradictoire pour une nation où la copie et l’imitation sont un atout, voire une valeur indiscutable mais la vérité se trouve ailleurs. Dans un pays où la prise de responsabilités semble être un défi de taille et où les personnes se différencient en étant meilleures plutôt qu’en étant différentes (la cible chinoise de la perfection ne s’atteint pas en risquant de commettre des d’erreurs), se lancer dans l’entrepreneuriat se fait de manière plus collaborative, donc en limitant les risques en divisant ainsi les responsabilités.

Les Suisses, en terme de création d’entreprises, misent plus facilement sur ce qui n’existe pas encore sur le marché afin de disposer un avantage concurrentiel. En effet, le succès potentiel d’une jeune entreprise sera mesuré selon le niveau de nouveauté, de différence et de l’inexpérimenté sur le marché. Il ne s’agit pas de dire que ces critères déterminent le succès d’une jeune entreprise mais simplement que la mentalité suisse fera plus rapidement confiance à ces critères pour déterminer le succès potentiel d’une future entreprise. Pour les Chinois l’attrait à la création d’entrepris réside pour l’instant plus dans le meilleur de ce qui existe déjà (concurrence très forte en Chine et peu de prise de risque). Il a été demandé à une compagnie de télécommunication ce que leurs téléphones avaient de plus qu’un Iphone, la réponse n’a été que de lister tous les particularités de l’Iphone et de les décrire en mieux. Une politique interne d’une entreprise traduite par « droit à l’erreur » a aussi été exposée afin de pousser aux initiatives même s’il y a des risques d’erreurs.

Le gouvernement chinois investi et aide beaucoup les jeunes à innover dans un sens plus
« occidental» mais il est très difficile de provoquer un changement de mentalité dans la population entière. Mais ces efforts ne sont pas vains et continuent d’être développés car l’évolution et la rapidité d’adaptation de la Chine est une réalité, l’innovation est fortement attendue et sera à suivre prochainement.

« La rapidité de leur apprentissage est fulgurante. La Chine apprend à la vitesse lumière, elle est tout simplement surprenante. » Jessica

« Une expérience à vivre absolument, deux semaines intenses qui ouvrent les yeux sur un monde inconnu de nos amis occidentaux: un monde où tout va très (trop?) vite, à tel point qu’on s’y sent presque dépassé. » Kevin

Evidemment tous ces aspects ont un lien direct avec l’implémentation et l’adaptation de la stratégie d’une entreprise en Chine et bien sûr avec la continuité de cette dernière sur un territoire. Le marché (typologie des familles par exemple) n’est pas le même, la stratégie de communication (chiffres et couleurs par exemple) devra être adaptées aux croyances locales, les liens entre les travailleurs (hiérarchie) ne sera pas comparable, l’analyse des réseaux sociaux sera plus accentuée en Chine, la formation des travailleurs sera réalisée différemment, la conclusion d’un accord ou signature d’un contrat nécessitera des mesures supplémentaires, l’infrastructure pour l’écologie sera généralement moins à la pointe qu’en Suisse, la diversité du territoire chinois devra être prise en compte… Autant de point qui nous amènent aux réflexions suivantes : Au final comment ai‐je pu croire qu’une implantation ne nécessitait qu’une petite adaptation afin de pénétrer un nouveau marché ? Ou même que les grandes entreprises pouvaient se reposer sur leurs lauriers acquis depuis de nombreuses années en Occident ?

« Grâce au voyage DBEM 2013, j’ai non seulement découvert une nouvelle culture, mais j’ai réellement découvert une face du business qui ne peut pas être enseignée sur les bancs d’université. Celle de se lancer dans un territoire inconnu. Il faut répondre aux mêmes questions qu’en Suisse MAIS en comptant les différences: Culture, langue, nourriture, ect. Les challenges sont nombreux et se doivent d’être traités avec soin. » Yoni

« C’était très utile de voir la façon chinoise de faire des affaires et d’étudier comment les entreprises suisses ont adapté leurs habitudes à ce marché. Anastasia

Mais alors si tout cela est si compliqué pourquoi autant d’entreprises sont présentes en Chine ?

« Nous, beaux petits Suisses que nous sommes, pouvons être inopinément amenés à penser que la Terre gravite autour de nous, nos banques et de nos caquelons à fondue. Pourtant, qui sommes-nous? Un pays de 8 millions d’habitants? Hangzhou, ville de 8 millions d’habitants est décrite comme petite voire négligeable. Le gouvernement n’arrive pas à se mettre d’accord sur le nombre d’habitants en Chine: 1.2 à 1.5 milliards. Avez-vous déjà réalisé que la différence représente la population des Etats‐Unis? Ces chiffres ne sont que l’introduction au “global mindset” en Chine. Tout est basé sur une échelle incomparable à l’Ouest. » Yoni

Est‐ce que l’immensité de la population (et donc du marché potentiel) est la seule raison d’implémentation pour une entreprise ?

« Cependant malgré le fait que la Chine ne soit qu’un, elle n’est pas homogène pour autant. En effet, nous avons observé au long du voyage que la Chine pouvait se départager en régions avec ses spécificités propres quelles soient par exemple culinaires ou liées aux tailles des villes présentes dans cette même région. Chaque région a ses spécificités, ses visions, ses mœurs ou encore une population avancée versus une population en plein apprentissage. » Jessica

Ce qui est intéressant est que le message perçu de la raison de la venue de nombreuses entreprises en Chine est l’immensité du marché de 1,3 milliard (et le coût de la main d’œuvre mais nous reviendrons sur cet aspect plus tard). Cela est quelque peu contradictoire à la vue des spécificités et des différences entre les territoires (égale aux différences entre les pays européens) que les étudiants ont découvert lors de ce voyage.

Les indices quant aux véritables raisons sont apparus lors d’une visite d’entreprise accentuée sur le développement et l’évolution de la chine. Le présentateur dit : « Que penseriez-­‐vous d’être tous voisin à Lausanne ? En effet, nous pourrions rassembler toute la population de Lausanne dans deux immeubles présents à Shanghai. » Le développement d’une ville se fait de plus en plus verticalement et donc la condensation et la concentration de la population est ce qui est très attractif pour une entreprise. En y réfléchissant d’avantage il est vrai qu’il y a peu de villes au monde où il y a, d’une part, autant de personnes concentrées sur un même territoire et d’autre part, autant de ressemblance dans les habitudes, goûts et mœurs : les Chinois ne semblent pas se démarquer par leur originalité. Les similitudes du marché permettent donc de répondre plus facilement à la demande qui est élevée et, en plus, concentrée.

Une implantation, à quel prix ?

Toutes ces implantations sont la cause du développement si rapide de Shanghai et de la Chine. Un autre aspect doit cependant être mentionné pour expliquer les raisons des venues si nombreuses des compagnies internationales : celui des usines.

« La Chine est attractive pour son faible coût de main d’œuvre » voici une phrase qui raisonne lorsqu’on parle de délocalisation. « Made in China » est sûrement une des phrases les plus connues associées directement à la Chine. Mais qu’est‐ce qu’une usine implique réellement (éthiquement parlant) et quelles sont les conditions actuelles ?

Voici les principaux aspects qui sont ressortis des visites effectuées :

  • Bien souvent les travailleurs sont isolés dans leurs usines et ne peuvent rentrer chez eux que dix jours par année : ce sont des conditions sociales cachées derrière des efforts d’amélioration visibles des conditions des travailleurs.
  • Un travailleur d’usine reproduit 8h de suite exactement la même tâche et cela durant des mois entiers.
  • Dans certains cas les travailleurs sont debout et parfois même attachés.
  • Aucun travailleur ne semble être maltraité.
  • Peu de machines semblent remplacer le travail de l’homme. (Certaines entreprises ont abandonné un mode de production automatisé au profit d’emplois humains en Chine, moins coûteux)
  • Dans une entreprise un travailleur sur cinq quitte son travail après un mois.
  • Une usine visitée était magnifique, avec des courts de badminton, des magasins…
  • Certaines usines sont climatisées alors que d’autres absolument pas.

Certains étudiants n’ont pas trouvé cela très grave dans la mesure où ces personnes ont du travail et que les conditions n’étaient en rien catastrophiques. D’autres étaient très touchés par la solitude, l’ennui visible des travailleurs et certaines conditions de travail. Une chose est sûre et partagée par tous : les conditions ont dû beaucoup s’améliorer. Mais ces changements ont aussi un coût : de plus en plus d’entreprises commencent à délocaliser de la Chine vers l’Inde par exemple, où la main d’œuvre est moins chère. Où se situe l’éthique dans le fait de ne pas accepter des coûts supplémentaires dus à l’amélioration de conditions de travail et de toujours chercher la réduction des prix au détriment des personnes ?

L’aspect que j’aimerai accentuer est le suivant : souvent une situation peut être décrite des millions de fois mais je pense que la seule et unique façon de la comprendre et de la réaliser est de s’y trouver concrètement confronté. Et cela ne doit pas être perçu uniquement dans le sens négatif car l’opinion de ces usines reste personnelle. Mais dans tous les cas, que ce soit positif ou négatif, les étudiants ont pu se faire une idée d’une des conséquences d’une implémentation en Chine grâce à la situation actuelle des usines chinoises.

« Nous avons visité pendant une journée entière différentes manufactures de textile. C’est juste impressionnant de voir ce travail gargantuesque qui regroupe des dizaines de marques que nous portons tels que Zara, Banana Republic, Gap, The next,…. » Jessica

Un petit mot de fin des participants ?

« 2 semaines incroyables à se glisser dans le monde du travail, de la mondialisation et des marchés émergents avec un professeur et des accompagnants géniaux! Sans doute la meilleure expérience de mon Bachelor, je le recommanderai à tout le monde ». Nathan

« Ce voyage est une opportunité incroyable, autant professionnellement qu’humainement et ai absolument à faire!” Manon

« Ce qui m’a surtout frappé c’est le côté humain du voyage. En effet au début je n’aurai jamais pu penser qu’on s’entendrait tous aussi bien du au fait que nous étions tous aussi différents les uns des autres. Ce voyage est tout juste incroyable bien que très fatiguant, mais il en vaut sacrément la peine. PS Le Big Mac a changé ma vie, il m’a soutenu dans les moments difficiles et depuis je ne le vois plus de la même manière.» Marc

« Que ce soit pour les rencontres humaines ou les visites professionnelles, je recommande ces deux semaines en pays émergent à n’importe quel étudiant HEC! Malgré la fatigue et le travail, beaucoup de moments passés à rire et s’amuser: je m’en rappellerai pendant de nombreuses années! Merci pour tout! » Anaïs

« Je conseille vivement aux étudiants de participer aux prochaines éditions de ce voyage fort en messages et en conseils pour de futures carrières. Un grand Merci à Marc Laperrouza et Maia Wentland pour cette opportunité en or de gagner en maturité et en confiance. Quelle fin de Bachelor! » Yoni

“ Merci ! Un cours et un voyage qui apportent presque autant qu’un Bachelor, ça peut être tentant non ? En 10 jours vous en comprenez plus sur le business et sur ce que vous allez faire de votre vie qu’en trois ans d’application de formules quantitatives écrasantes, le tout dans une ambiance de folie à l’autre bout de la planète… Incontournable ! » Raphaëlle

“ Si une image vaut mille mots, combien de polycopiés et de slides valent 12 jours passés à écumer les entreprises, interviewer les managers et débriefer dynamiquement avec les professeurs ? Ce concentré d’expérience fut des prolifiques pour chacun d’entre nous, autant sur le plan académique qu’humain. Je prône fortement ce voyage d’étude à tous les étudiants, ce fut une aventure que je ne pourrai jamais oublier ! PS: A l’instar de Marc, une dédicace toute particulière pour les Big Mac Made in China, pour la joie qu’il m’ont souvent prodigué durant les instants les plus pénibles.» Raphael

« Mais ce qui me restera le plus, c’est la solidarité et les liens qui se créent entre tous les participants. Je n’aurais pas pu rêver d’une meilleure manière de finir mon Bachelor, et je recommande fermement ce voyage à tous.» Nicholas

« La meilleure façon de finir mon bachelor! » Elias

« Le voyage a Shanghai, l’énorme cerise sur le gâteau HEC Lausanne. Chers amis, de 1ère et 2ème, bossez comme des fous pour avoir la chance de participer à ce voyage inoubliable. Chers amis, de 3ème: tentez, accrochez-­‐vous et vivez l’EXPERIENCE de votre Bachelor. » Kevin

« Une pincée d’humour, une bonne dose de curiosité, un enthousiasme sans bornes et une tolérance accrue au concombre de mer sont autant d’éléments qui ont rendu ces deux semaines absolument fantastiques. Merci à nos accompagnateurs de nous avoir guidé en terre inconnue avec tant de douceur et de pédagogie. » Nehad

« Par cette formidable aventure, je porte à présent un nouveau regard sur l’environnement des affaires en Chine et ne peut que vivement conseiller aux jeunes pousses d’HEC de tenter l’expérience en compagnie de leur si charmants camarades et accompagnateurs ! » Charles‐Henry

« Un pays émergent, deux semaines, 3 accompagnateurs incroyables, 21 étudiants surexcités et un planning surchargé de rencontres interactives avec des entreprises de tous les secteurs. Un cocktail explosif qui m’a donné la chance de découvrir un marché si particulier ainsi que 24 superbes personnalités. Cet enseignement si vivant m’a donné une vision de la Chine que je n’aurai jamais eu en restant à Lausanne. Shanghai est une ville aux nombreuses opportunités mais la première opportunité à saisir est ce voyage! » Jessica

« Comment décrire la sensation de se retrouver tous le 1er jour au lobby d’un hôtel à l’autre bout du monde ? Ou encore notre première soirée sur la terrasse du Bar Rouge, avec au fond les innombrables gratte‐ciels de Shanghai ? Ce voyage est rempli de sensations uniques et de rencontres exceptionnelles dont je rappellerai pendant longtemps. Je ne peux que conseiller aux futurs étudiants de 3ème HEC à y participer, vous ne serez pas déçus ! Pour finir, un grand merci à Marc et à Maia d’avoir organisé ce voyage, cela restera sans doute l’expérience la plus marquante de mon séjour à HEC Lausanne ! » Jean‐François Léon

« Un voyage pas comme les autres, rempli de découvertes, visites et de travaux en groupe, où il est difficile de rester objective en le racontant: l’enthousiasme l’emporte! La meilleure manière de terminer mon bachelor à HEC Lausanne! » Valeria

« Voir le monde d’un angle différent, comprendre la chine et détruire ce que je pensais avant de m’y rendre. Un grand merci ! » Carolina

« Je suis très heureuse d’avoir pu saisir cette opportunité de passer deux semaines incroyablse en compagnie de professeurs extraordinaires et d’étudiants superbes ! Merci beaucoup » Anastasia

Tous les étudiants sont maintenant rentrés chez eux avec cette même interrogation : Comment vais‐je faire pour raconter cette expérience à mes proches, comment décrire ce que j’ai vécu ? Les adjectifs manquent… alors la réponse s’est souvent résumée par « oui, c’était génial ». Il est difficile (voire impossible) d’expliquer ce qu’un étudiant peut apprendre, comment il a grandi, ce qu’il a ressenti ou expérimenté lors de pareille expérience.

Il est tellement important pour un étudiant de s’ouvrir au monde, de se poser des questions, d’apprendre à penser différemment afin de réaliser les bons choix pour sa carrière professionnel et d’exceller dans cette dernière.

Tous les étudiants qui ont participé à ce voyage se sont réunis autour de ce rapport afin de faire passer un message : « Nous espérons tous de tout cœur que ce voyage pourra se reproduire pour d’autres étudiants HEC, il s’agit d’une expérience unique».

Un grand Merci à Marc Laperrouza pour nous avoir transmis sa passion pour la Chine et pour avoir partagé avec nous une vision du monde des affaires à côté de laquelle nous aurions pu passer. Un énorme Merci à Maia pour son dévouement dans ce voyage également. Et merci à toutes les personnes qui ont rendu et qui rendront ce voyage possible.

Nous vous en sommes très reconnaissants.

Derniers conseils de Jessica pour l’année prochaine :

« Je voulais cependant rajouter quelques infos simples, utiles voire même surprenante car nombreux d’entre nous avions des préjugés souvent négatifs avant de nous rendre à Shanghai:

1. Si vous voyagez à Shanghai sachez que tous les taxis ont des compteurs et doivent le mettre ! Ne négociez pas avec eux, montez dans le taxi et donnez votre destination, le taxi mettra automatiquement le compteur. Ceci vous évitera de payer trois fois le prix de la course standard comme certains d’entre nous l’ont vécu! Vous serez surpris par la connaissance des rues par les chauffeurs, aucun GPS !

2. Les négociations, tout dépend de l’attachement que vous avez à l’objet. Si vous n’y tenez pas beaucoup, divisez le montant au moins par 10 tandis que si vous le désirez diviser par 8. Certain objet peuvent être négocier de manière plus forte que d’autre comme par exemple les vêtements. Les chinois ne vous vendront pas si ils sont en perte. La négociation est un drôle de jeu théâtral, ou plusieurs d’entre nous ont été surpris de se rendre compte qu’ils s’étaient fait royalement arnaquer. Ne soyez pas mauvais perdant !

3. « La Chine, c’est sale, les gens ne sont pas éduqués » sont des préjugés que l’on entend souvent pourtant le métro de Shanghai est bien plus propre que celui de Paris ou Londres ! L’idée que les Chinois n’attendent pas que les passagers descendent du métro pour rentrer est vraie même si de plus en plus de Chinois attendent avant de monter. L’étudiante chinoise avec qui j’ai passé l’après‐midi m’a expliqué que c’était en cours de changement et qu’une amélioration avait déjà eu lieu.

4. Ne faite pas perdre la face à un Chinois !

5. Le pardon. S’excuser lorsqu’on bouscule quelqu’un dans le métro n’est pas dans les habitudes des Chinois. Vous verrez que malgré cela de nombreux Chinois s’excusent en anglais lorsqu’ils vous bousculent.

6. Les plus belles spécialités qu’on ait gouté sont à mon goût, le concombre de mer et les œufs de cent ans. Les aspects et textures de ces aliments ne donnent pas appétit et pourtant un de ces deux aliments est agréable à manger. Je vous laisse découvrir lequel !

7. La barrière de la langue est forte du au fait que les racines de nos deux langues ne nous permettent pas de nous débrouiller, autant dire que vos mains et les mimes seront vos meilleurs alliés. »

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