La folie des grandeurs…

Dimanche, 7h30 (il ne fallait pas rêver… la matinée de congé d’hier devait bien être compensée à un moment ou à un autre du voyage !). La routine des départs relativement (trop pour certains) tôt depuis notre hôtel commence à s’installer. Aussi, pas de retardataires ce matin, bien que nous devions libérer les chambres. En effet, nous partons aujourd’hui pour une destination qui nous contraint à quitter notre luxueuse demeure secondaire pour un hôtel présenté par Marc comme plus modeste (en réalité et ce bien que la différence soit remarquable, notre nouvelle « maison » constitue néanmoins pour nous, pauvres étudiants, un endroit classe. Peut-être plus petite que la précédente mais bien au-dessus du standing auquel la plupart d’entre nous sommes habitués).

Direction donc la gare pour prendre un train rapide (quand les Chinois disent rapide, ça signifie très rapide) pouvant atteindre des pointes de plus de 400 km/h (ça, c’était avant l’accident ayant causé la mort d’une quarantaine de personnes il y a un an ou deux. Maintenant, il adopte une vitesse de croisière plus proche des 200 km/h). Et c’est là que mon titre trouve sa première justification. La gare ressemble à un aéroport. Les salles d’attente sont immenses ; les files pour accéder aux quais d’embarquement interminables. Un bruit assourdissant de milliers de personnes discutant, riant, criant parfois, nous envahit les oreilles. Si la gare de Shanghai est très propre, celle de Yiwu, objet de notre voyage, est sale. Des odeurs d’urine (oui, encore mais à 38° passés, je vous jure que vous aussi, vous auriez de la peine à vous en accommoder) et d’égouts en émanent fortement de certains endroits. Pas de doute, nous quittons la ville bien proprette qui nous a accueillis cette première semaine pour découvrir un autre visage de la Chine.

Le but de cette journée est, comme je viens de le suggérer à travers cette description des infrastructures ferroviaires, Yiwu. Une « petite » ville de 1 million d’habitants abritant le plus grand marché de commerce en gros du monde. Un complexe d’une surface approximative de 2 millions de mètres carrés… De la folie !

Ici, des négociants du monde entier viennent pour faire affaire. Privés ou engagés par une entreprise, ils sont des milliers à faire le déplacement pour se fournir en tout et n’importe. Des aspirateurs, aux pelles, jouets, en passant par des enseignes lumineuses, caméras de vidéosurveillance ou des distributeurs de chemises, tout (ou presque) est achetable dans des quantités plus ou moins importantes dans ce marché constitué d’environ 20’000 petites échoppes (à ce propos, la prochaine fois que vous y irez en vacances au Maroc, ou ailleurs, et songerez à ramener un bel objet de l’artisanat local, méfiez-vous !).

Deux missions nous sont assignées pour la journée afin de nous faciliter la prise de température des lieux et tenter de mieux comprendre les interactions économiques se déroulant sous nos yeux : rencontrer des traders (donc des personnes qui viennent ici pour vendre ou acheter) et se renseigner sur le processus d’acquisition de biens dans cette immense foire. Si les contacts avec les négociants occidentaux, peu nombreux, sont relativement faciles à établir, il n’en demeure pas moins que ceux tentés avec des Chinois sont souvent plus compliqués. Problème de langue nous disent quelques-uns de nos interviewés, accompagnés généralement d’un interprète… Et confirmation faite lorsque certains d’entre nous (parce qu’un groupe y est quand même parvenu, bravo !) avons essayé d’échanger avec les commerçants du coin. Cependant, les difficultés rencontrées n’entachent en rien le plaisir que nous procure cette activité. Parce que nous avons presque l’impression de pouvoir y faire des affaires, d’être crédibles, malgré nos gros sacs à dos et une dégaine, pour être tout à fait franche, de touristes. Des kilomètres donc avalés avec une certaine satisfaction, presque une sensation d’en faire partie. Et ce, malgré une chaleur étouffante qui, certes nous ralentit, mais en aucun cas ne nous décourage lorsque proposition est faite de tester certains articles particulièrement attrayants du centre. Parce qu’après tout, nous sommes bien là pour faire des affaires…

2 thoughts on “La folie des grandeurs…

  1. Jean-Luc Rossier

    2 millions de km2 ? Je pense que notre reporter voulait dire m2, ce qui nous donne 2 km2, ce qui est déjà fort conséquent. Cette difficulté d’estimation des grands nombres m’inquiète de la part de nos futurs économistes … ;-)

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  2. Luca

    Hello! Petit détail, mais il me semble que c’est Hangzhou qui a 8 mio d’habitants, Yiwu n’en a “que” 1 ou 2.

    “Yiwu. Une « petite » ville de 8 millions d’habitants abritant le plus grand marché de commerce en gros du monde. Un complexe d’une surface approximative de 2 millions de kilomètres carrés… De la folie !”

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Yiwu_(Zhejiang)

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