Entre modernité et tradition…

Samedi 28 juillet, midi. La soirée d’hier était libre. Aussi avons-nous eu le droit, ce matin, de nous reposer mais surtout de profiter la veille en toute bonne conscience d’une virée nocturne dans une boîte quelconque (j’utilise sciemment cet adjectif parce que me concernant, la niveau des décibels était presque effrayant et la qualité musicale, disons, relative…) de Shanghai.

Nous avons rendez-vous dans un très joli restaurant près du Bund, un quartier d’affaires dans lequel les gratte-ciels sont véritablement gigantissimes (pour preuve, le building qui ressemble à un décapsuleur à peu près au milieu de l’image – non, non ne niez pas, vous y avez aussi pensé – est la deuxième tour la plus haute au monde). Un peu en avance sur l’emploi du temps, nous décidons de passer rapidement sur l’esplanade habituellement bondée (ou « bundée » selon que vous appréciiez ce genre d’humour dont nous sommes, pour être francs, assez adeptes…) afin de vous faire profiter de la vue et d’immortaliser ce « show » architectural.

Un incroyable repas plus tard (celui du soir, dans un tout autre registre, était également bluffant. Une véritable fondue chinoise mais, en lieu et place des restaurants plutôt intimistes que nous avons fréquentés jusqu’alors, un endroit capable d’accueillir au bas mot simultanément 2’500 personnes), nous voilà prêts pour notre après-midi culturel.

L’idée étant de nous sensibiliser au fait que la Chine est encore aujourd’hui un symbole d’équilibre entre tradition et modernité, nous débutons nos activités par la visite d’un musée d’art contemporain. Si certains esprits s’éveillent à l’évocation de ce nouvel art, il faut bien avouer que la plupart d’entre nous avons soit beaucoup ri, soit un peu bâillé et le plus souvent dit ou pensé que nous n’y comprenions peut-être rien (pour ma part, je… non, vous ne saurez pas ce que je pense de l’art contemporain. Je pourrais devenir grossière et comme l’appréciation de l’œuvre d’un artiste est par essence extrêmement subjective, je ne devrais pas me permettre une quelconque remarque.)… Bref, rien de tel que de vous transmettre à ce propos quelques photos pour que vous vous fassiez votre propre opinion du talent des jeunes artistes contemporains chinois qui exposent dans cette galerie.

La suite de l’après-midi nous amène dans un quartier (enfin plutôt une sorte de pâté de petites maisons toutes collées les unes aux autres) au cœur de Shanghai mais qui, pour une raison que je ne saurais expliquer, constitue un havre de tranquillité et de quiétude, tant au niveau du bruit que de l’absence de gens. Nous y avons une heure et demie pour nous promener et découvrir, cette fois-ci avec un réel enthousiasme, des dizaines de petites galeries d’art, propices à satisfaire les goûts et la curiosité de tous les participants. Les photos y étant malheureusement interdites, je ne peux vous en restituer ici qu’une seule, prise à la dérobée, mais qui nous semblait néanmoins assez symbolique, de notre point de vue néophyte, de ce que peut représenter aujourd’hui la Chine dans l’inconscient collectif occidental).

La dernière activité proposée constitue de loin la partie la plus traditionnelle de cette journée culturelle. Nous sommes accueillis dans une école (remplie d’étudiants qui sortent des cours alors que, je vous le rappelle, nous sommes samedi) dont je pense qu’il est intéressant, pour commencer, de camper le décor, ne serait-ce que pour nous rappeler combien nous sommes gâtés à l’Unil. En effet, le bâtiment se situe dans un quartier bruyant qui semble en chantier. Désuet et peu équipé, ses couloirs sont plutôt obscurs et une forte odeur d’urine envahit littéralement nos narines lorsque nous passons devant les toilettes.

Nous grimpons les escaliers jusqu’au 2ème étage et découvrons alors, de manière assez surprenante, une salle de classe très claire, fraîche et absolument parfaite pour commencer notre premier cours de calligraphie. C’est un professeur, ou plutôt un maître, très connu en Chine, entouré de cinq assistants (traduisant, photographiant et filmant la séance) qui nous fait l’honneur de nous initier à son art. Après une première partie théorique durant laquelle nous trépignons d’impatience à l’idée de pouvoir saisir nos pinceaux et nous mettre à l’œuvre, nous voilà partis pour un nouvel apprentissage. Les premiers traits sont timides, mal appuyés ; c’est bien plus dur et précis qu’il n’y paraît. Mais les progrès sont franchement rapides. Les symboles commencent à ressembler à quelque chose (sans vouloir offenser qui que ce soit…), les pinceaux sont maniés avec plus d’assurance et le plaisir va grandissant. Un plaisir qui semble d’ailleurs partagé par nos hôtes aussi bienveillants que très chaleureux. Une expérience qui restera donc gravée dans la mémoire de chacun d’entre nous (ainsi qu’au travers des « œuvres d’art » que nous avons pu réaliser et emporter à l’issue de la séance) et que j’illustrerai avec la dernière photo, symbole d’un beau moment que nous avons pu partager, au travers d’une activité à la fois passionnante et ludique, avec ces personnes.

P.S. Nous partons demain matin pour Hangzhou. Donc pas de panique si aucune publication n’était postée en fin de journée. L’absence de nouvelles ne signifierait en aucun cas que nous avons subi des intempéries, ou pire…, mais simplement qu’il n’y aurait pas de connexion internet.

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