De l’«incompréhension» à la rencontre…

Dimanche 22 juillet, 16h00. Le projet « Shanghai 2012 » est officiellement lancé dans une des salles de réunion de notre somptueux hôtel Howard Johnson Caïda Plaza, dont le confort, soit dit en passant, semble particulièrement apprécié de tous. Comme nous pouvions nous y attendre, l’équipe n’est pas tout à fait au complet. Un avion a du retard, certains étudiants tardent encore, d’autres attendent peut-être au mauvais endroit.

Quelques minutes suffisent cependant à remplir les rangs et à propager, au sein de l’assemblée, une excitation presque palpable et probablement imputable à l’arrivée récente de la plupart d’entre nous. La fatigue, exacerbée par une chaleur moite, des odeurs inhabituelles et le bruit incessant d’une mégapole fondamentalement dépaysante pour tout Européen n’ayant pas voyagé en Asie, semble également habiter la majorité, exception faite peut-être des plus chanceux, ou courageux c’est selon, partis quelques jours auparavant pour découvrir d’autres endroits du pays, peu comparables selon eux, à Shanghai. Une incompréhension, enfin, paraît sous bien des aspects démobiliser une proportion importante des participants à l’aventure.

Celle-ci rêvet plusieurs visages selon les impressions rapportées et les expériences vécues depuis notre arrivée:

la vitesse de développement, le gigantisme des infrastructures… l’ascension spectaculaire de gratte-ciels…

le fossé entre tradition et modernité…

l’abîme entre quartiers riches et paupérisés…

 

 

 

 

 

 

 

 

la différence de performance entre des entreprises de service privées et publiques… sont autant d’éléments qui semblent marquants pour les étudiants.

Si ces observations sont d’importance, une rupture bien plus relevante d’avec leurs précédents voyages semble cependant animer bon nombre de ceux-ci : l’incompréhension. Au sens littéral… Peu de Chinois parlent l’anglais. Un constat posé dès l’atterrissage de l’avion et les premières galères pour arriver à l’hôtel. Un constat réitéré à chaque sortie concernant les taxis et tout aussi régulièrement pour des achats anodins, comme un billet de métro ou une bouteille d’eau. L’impossibilité de pouvoir se faire comprendre et surtout de pouvoir échanger, communiquer…

Une frustration donc énorme de ne pouvoir assouvir leur curiosité… Enfin, jusqu’à ce que ne débute la deuxième partie de cette séance introductive, consacrée à la rencontre d’étudiants chinois issus de notre Université partenaire à Shanghai. Chaque étudiant trouve son binôme et commence alors un joyeux brouhaha dans la salle de réunion, révélant le plaisir de découvrir l’Autre et d’en apprendre un peu sur ce pays certes inconnu mais déjà fascinant. Les discussions sont vivantes, conviviales, presque chaleureuses déjà.

Un beau moment donc… suivi d’un repas commun qui a certainement permis, pour cette toute première journée, de quitter un peu cette sensation parfois gênante d’incompréhension réciproque, pour partir doucement à la découverte, non seulement des marchés émergents, d’un système politique et économique différent, d’une société ne fonctionnant pas comme la nôtre, mais aussi et peut-être surtout, pour partir à la rencontre des individus qui la composent.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>