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L’éducation en Chine

Notre voyage avait pour but d’activer nos vénérables cerveaux d’universitaires et de les pousser à réfléchir d’une manière totalement différente de ce que nous avions l’habitude jusqu’alors. Nous avons réfléchi sur des thèmes tels que l’innovation, la propriété intellectuelle, les incubateurs, l’urbanisation, et j’en passe… Mais si nous avons parcouru plus de 9000 kilomètres pour s’immerger dans ce nouvel univers, des dizaines de milliers d’étudiants chinois se posent ces mêmes questions chaque jour.

Dans les bureaux de swissnex, nous avons pu parler de l’innovation en Chine avec une ancienne étudiante chinoise. Sans reprendre les propos déjà énoncés dans le post –From « Made in China » to « Innovate in China »-, je peux toutefois rappeler que l’innovation est un sujet central pour le gouvernement afin de maintenir le niveau de croissance actuel. Comment y parvenir ? Une des solutions évidente est de former des talents et c’est ce à quoi Xi Jinping et son équipe travaille dur comme fer. La difficulté cependant, d’après notre « conseillère chinoise » (nous étions divisés en trois groupes de discussion avec chacun une employée de Swissnex d’origine chinoise) se situait au niveau du changement de paradigme : comment passer d’une culture de la copie à une culture de la prise d’initiative. Elle nous expliquait que depuis tout petit les chinois étaient habitués à copier, en faisant référence à l’apprentissage des caractères chinois. Ceci est le point central du système éducatif chinois, le gouvernement doit revoir l’éducation nationale afin de laisser de la place à l’improvisation, l’esprit entrepreneurial, etc. Si le gouvernement investi de plus en plus dans l’enseignement universitaire, et que le nombre de gradués augmente chaque année (+ de 8 millions de diplômés en 2011), l’axe crucial ici reste la qualité des gradués. En effet, si l’on s’en fie au nombre de brevets convertis, la Chine ne talonne toujours pas les premiers du classement (la qualité n’est pas égale à la quantité).sufe

Notre rencontre avec des étudiants chinois de la SHUFE (Shanghai University of Finance and Economics) nous a laissé entrevoir cette procédure de changement. Lors de l’exercice au cours duquel nous devions présenter chacun notre binôme chinois et vice-versa, un bon nombre d’étudiants locaux nous ont confiés leurs volontés d’entreprendre, de créer de nouvelles choses. Un signe éloquent que nous, universitaires occidentaux, ferions bien de prendre au sérieux.

Raphaël Le Hoang