Monthly Archives: July 2013

Dernière entreprise…

Les étudiants arrivent à Suzhou afin de visiter le centre de recherche et l’usine d’assemblage de Logitech.

Suzhou, appelée souvent « Venise de la Chine» ou caractérisée comme étant la capitale de la soie, est une région très riche de la Chine. En effet, la fertilité du sol et la température modérée du climat permettent de cultiver le riz. La richesse d’une région est directement corrélée avec le niveau d’éducation de la population. Cela est dû au fait qu’une des principales priorités pour un famille chinoise est l’éducation de son enfant (milieu très compétitif). La stratégie de Logitech a donc été de s’implémenter à Suzhou afin d’avoir, entre autre, accès à des compétences et par ce fait faciliter le recrutement d’ingénieurs.

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La première partie de la visite consiste à découvrir l’environnement et les défis des ingénieurs. Les principaux défis étants de réduire le plus possible la taille des pièces afin de pouvoir affiner le design des produits et de réduire les coûts. Les designers et les ingénieurs travaillent ensembles (départements côte-à-côte) afin d’ajuster les produits à la tendance du marché.

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Chambre pour tester les ondes produites

La deuxième partie est la découverte de l’usine d’assemblage. La zone d’assemblage est divisée en petites cellules d’environ dix employés et un superviseur. Tous les employés font du travail à la chaîne (et répètent donc la même tâche 8h de suite). Ces derniers sont debout, attachés par un bracelet anti-ondes pour les protéger de l’électricité statique. De plus, les employés portent des chapeaux de couleurs différentes : rose pâle pour le superviseur, bleu pour les employés travaillant pour la compagnie depuis plus d’un mois et violet pour les travailleurs présents depuis moins d’un mois. Est-ce normal que plus de 50% des personnes présentes dans cette usine portent des chapeaux violets ? Les dires de notre guide ne font que confirmer notre étonnement : un turn-over (changement d’employés) d’environ 18% par mois. Pour travailler dans l’usine une formation de trois jours est donnée. Cette même formation est répétée lorsqu’un employé commet une erreur. Tout étudiant HEC sait parfaitement que le recrutement d’une personne coûte relativement cher à une entreprise que ce soit en coûts de salaire du département des ressources humaines, frais administratifs, formations.. donc pourquoi laisser un turnover si exagérément élevé ? Est-ce que les coûts pour prévenir ce dernier sont plus élevés ?

Cette visite donnera lieu à de grands débats…

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Les étudiants reprennent le bus afin d’aller admirer un des fleuves si connus de Suzhou et de visiter un jardin.

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Le Shanghai jeune et dynamique

Après une matinée fort enrichissante passée au musée de l’urbanisme de Shanghai, nous avons enfin découvert ce qui nous attendait au cours de l’après-midi surprise. En binôme, nous avons dû nous lancer dans différents quartiers de la ville et résumer l’expérience du voyage à travers des photos. Quelques arrêts de métro plus tard, nous avons atterri à Xiangyang Park. A première vue, ce quartier ne différait pas vraiment de ce que nous avions vu auparavant. C’est donc sans conviction que nous nous sommes lancés à l’assaut de la Hai Zhong Lu. Quelques magasins et 45 minutes plus tard, nous avons bifurqué dans une ruelle qui apparemment ne semblait pas incroyable. Cependant, après une dizaine de mètres dans la Danshui Lu, nous avons vite compris que cette rue avait quelque chose de particulier. Entre authenticité et new-wave chinoise, elle résumait en quelques mots ce que Shanghai représente. En effet, longeant les petites épiceries typiques, nous sommes tombés sur un bar à glaces détenu par un jeune chinois ambitieux ayant fait ses études en France. Ayant le contact facile et sentant nos ventres déjà gargouiller, nous lui avons demandé conseil sur un endroit sympa où manger.

C’est avec enthousiasme qu’il nous a indiqué plusieurs restaurants dans cette même rue, allant du sushi au curry, passant par l’italien. Notre choix s’est rapidement fait lorsque nous sommes passé devant le Small Spice. Un style à la fois moderne, incorporant une touche vintage et donnant envie d’y entrer grâce à sa simplicité. Nous avons été instantanément séduits. En entrant de ce petit espace pouvant accueillir au plus 10 personnes, les odeurs nous ont tout de suite envoutées et c’est avec un grand sourire que nous nous sommes assis et avons peu à peu découvert le décor du Small Spice. Une Chinoise timide et ne parlant pas l’anglais nous a amené une modeste carte qui nous a cependant séduit. Une fois notre choix fait, c’est une jeune cuisinier à la pointe de la mode “street” qui a fraîchement préparé devant nos yeux nos plats.Donnant suite à une discussion que nous avions eu quelques heures auparavant dans laquelle nous avions conclu que des endroits tendances n’existaient pas encore à Shanghai, nous avons complétement changé d’avis. Cet endroit illustre parfaitement ce qu’on peut trouver dans des villes telles que New York ou Berlin.

En effet, de plus en plus de jeunes Chinois dynamiques commencent à lancer leur propre business. Les cafés et restaurants qu’ils ouvrent s’inscrivent dans les tendances que l’on peut trouver dans les grandes métropoles occidentales telles que Londres, Paris ou encore New York. Ces endroits se veulent « green » et proposent une cuisine à la fois simple et saine. On voit clairement que Shanghai grouille littéralement de petits endroits sympas si on garde les yeux bien ouverts. Plutôt que de trainer dans des Starbucks ou McDonald’s quelconques qui ne proposent pas des atmosphères reposantes ou agréables, la clientèle recherche des atmosphères paisibles et modernes à l’abri du bruit et du stress constants des grandes villes.

Nous avons ainsi découverts des endroits très agréables et à la pointe de la tendance dans une ville où nous croyions que cela n’existait pas. Ce n’est encore que le début puisque Shanghai évolue constamment et à une vitesse grand V.

Nina et Marc

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Last but not least!

Dernière journée pour les 21 étudiants de Shanghai 2013. Au programme, séances intenses de préparation le matin et présentations des premiers résultats du travail de terrain l’après-midi – une session “wrap-up” pimentée d’un peu de stress, d’analyse et de feedback.

Après 12 jours passés à goûter différentes spécialités culinaires chinoises (végétarien, spicy-Hunan, fondue mongole ou gastro-Suzhou), les étudiants prennent la main et passent derrière les fourneaux. La désormais mythique leçon de cuisine chinoise est dirigée avec maestria par le chef Mike – un ancien du Ritz-Carlton de Shanghai.

L’équipe “Dim Sum” (au fond) rivalise avec l’équipe “Chinese banquet” pour préparer le repas du soir. Au menu, rouleaux de printemps, raviolis vapeur (push & pinch, push & pinch), nouilles sautées, poulet aux cacahuètes, porc aigre-doux, aubergines et boeuf au piment vert.

 

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Prenant place les uns après les autres dans une cuisine minuscule et surchauffée (40 degrés+), les membres de la brigade “Chinese banquet” envoient avec rythme les différents plats saisis dans un demi-litre d’huile portée à 107 degrés.

Encore quelques bières et c’est fini… à l’année prochaine.

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Usines chinoises

Place au côté plus connu (et souvent stéréotypé) de la Chine : celui des usines et du travail à la chaîne. Au programme: visite de deux usines spécialisées en textile : Hempel et High Fashion Group.

Avant d’entrer dans la première usine il est communiqué aux étudiants que Hempel est une usine qui détient une très bonne réputation en matière de traitement/satisfaction de ses employés. image copie 13 Cela a été confirmé par les étudiants lors de leurs premiers pas dans l’usine. En effet, la plupart des travailleurs sont assis, l’air conditionné est accessible dans toute l’usine et certains travailleurs écoutent même de la musique.

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Il faut également ajouter à cela que les travailleurs reçoivent un salaire très élevé par rapport à la moyenne des salaires d’usines et ne travaillent pas le dimanche. De plus, l’infrastructure de l’usine semble essayer d’améliorer la vie des employés au maximum (bâtiment spacieux et propre, terrains de sport accessibles…). Le faible taux de « turn over » (changement d’employés) prouve que les travailleurs semblent tenir à leur travail. Ce paysage parait idyllique mais il ne l’est pas totalement. En effet, pour ce travail les employés doivent sacrifier leur vie de famille et se dédier uniquement à leur travail. Les usines sont excentrés et les travailleurs habitent dans des dortoirs à côté de l’usine et ne rentrent que 10 jours par année chez eux…Travailler pour un bon salaire dans de bonnes conditions de travail a donc un coût social caché très élevé dans une usine en Chine. Est-ce que la tendance future des usines sera de se rapprocher des villes ? 

Un autre débat intéressant sous-jacent de ce dernier est celui de l’augmentation du coût de la main d’oeuvre en Chine. Cette visite ne fait que prouver pourquoi est-ce que de plus en plus d’entreprises se dirigent vers l’Inde lorsqu’elles comparent leurs marges de bénéfice en fonction des pays. image copie 18

A la suite du programme la visite d’une autre entreprise de textile : High Fashion Group.

image copie 17image copie 14   Cette usine possède une superficie de 250,000 mètres carrés avec plus de 2000 travailleurs. Elle produit des vêtements en soie (impression et teinture) ainsi que des vêtements tissés ou tricotés. Dans cette usine les étudiants sont étonnés par le nombre de machines présentes qui remplacent le travail humain. Certaines machines doivent être supervisées par un travailleur alors que d’autre sont totalement indépendantes.

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Est-ce que la tendances des usines tend vers la robotisation de toutes les tâches? Certes, certaines tâches ne peuvent pas être assurées par un humain. Par contre, les machines peuvent dans la majorité des cas remplacer le travail humain. De nos jours les compagnies (des pays émergés) préfèrent de plus en plus avoir leurs usines proches de leurs points de vente afin de gagner en temps de réaction, pour des raisons politiques/éthiques et pour diminuer leurs coûts de transports. Et cela est de plus en plus visible avec l’augmentation du coût de la main d’oeuvre chinoise (Hempel).  Le seul moyen pour une entreprise d’un pays industrialisé de se retrouver en compétition ( d’un point de vue production) avec la Chine est d’investir à long terme en infrastructure et/ou d’optimiser au maximum leurs lignes de production car le coût de main d’oeuvre est souvent extrêmement et exagérément élevé. Est-ce que les usines chinoises tendront-elles également vers ce même phénomène afin de rester attractives?

Les débats des étudiants quant aux prévisions de l’avenir des usines chinoises raisonnent dans le bus.

La journée se termine par des visites culturelles…

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Voici une histoire de bus

Hier, notre guide, une charmante chinoise, nous a conté deux légendes locales que avons la prétention de vouloir vous transmettre. En partie par intérêt sincère pour l’histoire mais avant tout parce que, faisant partie des quatre seuls élèves éveillés pendant ladite narration, nous nous sommes trouvés une sorte de devoir sacré dans la banale répétition de ce que tous nous étions censés écouter.

Mais avant tout un peu de contexte. Le bus était tremblant, la voix de la guide était chevrotante et l’accent chinois prononcé. Les puristes et autres esclaves de la vérité qui semblent pulluler sur la toile, pardonnerons donc l’inexactitude de certains faits. Notre but n’étant pas de retransmettre une vérité implacable – et qui oserait parler de vérité quand nous sommes dans le domaine de la légende – notre but est de raconter l’histoire tel que nous l’avons entendue, comprise et appréciée.

Sans plus de préambule voici la première légende. Déjà, un désaccord de compréhension entre les deux auteurs, le titre. Manquant de talent pour le compromis, nous vous en transmettons donc deux. La légende des deux serpents, ou, si vous le préférez, la légende des deux femmes serpents. Aucun des deux n’a la prétention d’être meilleur que l’autre, les deux conviennent à des esprits différents et comme nous l’avons dit, il n’est pas plus de place pour la vérité dans les légendes que sur l’internet.

Il y a bien longtemps, dans la province chinoise de Hangzhou, alors capitale d’une puissante dynastie chinoise don le nom nous échappe, deux grand serpents, un vert et un blanc, vivaient au sommet d’une montagne. Les deux pratiquaient les arcanes, pour l’anecdote il est courant dans la mythologie chinoise de voir des animaux pratiquer les arts ésotériques. Mais revenons à nos serpents, le but de leur quête de savoir et de puissance était d’abord d’obtenir l’immortalité. Comme le lecteur averti que vous êtes sans doute, ils y sont tous deux arrivés après plusieurs siècles d’entrainement. Si vous êtes attentifs, ce dont nous doutons, vous nous direz surement qu’il est incohérent que les serpents aient vécus plusieurs siècles avant que leur magie ne fasse effet. Ce à quoi nous répondrons qu’il est probable que la magie augmente leur longévité même avant qu’ils n’atteignent l’immortalité et si vous n’êtes toujours pas satisfait nous répondrons: ta gueule c’est une histoire. Après nous être encore une fois excusés pour nos incessantes digressions, nous reprenons notre histoire. Une fois l’immortalité acquise, nos deux serpents ont eu la bonne idée de faire ce que tout bon serpent chinois rêve de faire, sans doute par complexe sur la pluralité de nos membres qui leur font tant défaut, devenir humain. Les deux ont choisi de devenir de superbes jeunes femmes. Superbe parce que quitte à être humain autant être sexy, et femme parce que quitte à être sexy autant être une femme.

Une fois devenus humaines, nos deux héroïnes, car on peut les appeler ainsi, se sont occupées sur leur montagne jusqu’à ce que le serpent blanc, que par souci d’esthétique littéraire nous appellerons Blanche par la suite, ne décide de descendre de son sommet pour venir observer le mode de vie des humains.

Ce qui devait arriver arriva, Blanche tomba amoureuse, d’un fils de pharmacien. Nous vous passerons les détails de leur romance, d’abord parce que cette histoire commence à trainer en longueur, ensuite parce que notre guide ne s’y est elle-même pas attardée.

Dans un élan de romantisme exacerbé, notre duo se maria un jour pluvieux de printemps. Ils vécurent sans originalité heureux. Jusqu’à ce que débarque dans notre récit l’inévitable protagoniste, le méchant. Au risque de sacrifier le charisme de ce dernier sur l’autel de la vérité, nous vous avouons que la légende le décrit comme un moine-tortue. Lui aussi était un démon – il s’agit du nom que les chinois donnent, sans aucune connotation maléfique, aux animaux devenus humains – mais contrairement à nos graciles héroïnes, le moine-tortue avait de forts principes moraux datant d’un âge antédiluvien. Il pensait donc que la vertu ne pouvait survivre aux contacts des mortels et inférieurs et l’union ô combien romantique de notre histoire lui était insupportable. S’octroyant le rôle du législateur, du juge et du bourreau d’un seul coup, il s’en allant fièrement combattre sous l’étendard d’acier de sa sainte morale et provoqua en duel Blanche. Cette dernière fit combat honorable mais la force de l’amour, dans la légende chinoise, ne pouvait lutter contre les sombres arcanes de l’intolérance. Elle fut donc vaincue, mais immortelle comme elle l’était, le moine ne pouvait entièrement la détruire. Il lui rendit sa forme reptilienne et l’enferma sous une immense pagode au cœur de Hangzhou.

Verte, que notre récit avait laissé à sa montagne, releva le nez pour venger son amie. Elle retourna sur le sommet ou elle avait passé tant d’années avec sa moitié féminine. Elle pratiqua seule la magie pendant quelques siècles, mais qu’est-ce qu’un siècle de travail quand on a en tête l’insupportable image de notre amie, la tête dans le sable vaincue par l’archaïque intolérance des peuples matérialisée dans notre histoire par le moine-tortue. Une fois suffisamment entraînée, elle traqua l’infâme jusqu’au fin fond de l’Asie et, armée de sa maîtrise et de son juste courroux elle lui latta sa face.

Malheureusement, et c’est là le drame de notre histoire, toute la magie du monde ne semblait pouvoir vaincre l’immonde sortilège qui maintenait Blanche dans sa prison éternelle. Le pharmacien mourut veuf inconsolable et Verte retourna à son errance, fière et solitaire à jamais meurtrie par la perte de son amie. La légende se termine en prédisant que Blanche serait libre le jour où la pagode tomberait.

Et c’est là que la réalité rejoint la fiction. La pagode est réelle, nous avons eu la chance de la croiser. Cette dernière a d’abord subit les flammes pendant l’occupation japonaise avant de subir les dommages de la superstition. En effet, beaucoup de chinois pensaient que les briques et les planches de la pagode avaient, une fois mises en poudre, d’inégalables vertus médicinales. Le peuple de Chine est donc venu de partout pour jouer une partie géante de Jenga en retirant brique après brique les fondations de la légendaire pagode. Il y a moins de 100 ans, la tour s’est effondrée, et toute la population a accouru pour voir si un serpent géant s’en échappait. Rien. Ce qui prouve à l’évidence que Verte a finalement réussit à libérer son amie.

Ainsi se termine notre première légende par un élégant rapprochement entre fiction et réalité. Si vous ne vous êtes pas endormis, vous allez maintenant pouvoir lire la deuxième légende qui nous a cette fois été présentée comme une histoire vraie.

Le Roméo et Juliette chinois.

Notre Juliette chinoise fut un peu moins greluche que son équivalent européen. En effet, elle rencontra son Roméo dans une haute école réservée aux hommes, mais la soif de connaissances de notre héroïne l’avait poussée à voiler sa féminité pour entrer dans ce prestigieux établissement. L’amour de sa vie était son camarde de dortoir. L’histoire le décrit, avec beaucoup d’humour et selon le mot de la guide, comme un peu lent d’esprit. Il fallut du temps et beaucoup d’effort de notre Juliette pour lui faire comprendre qu’elle était femme et encore plus de temps pour lui faire comprendre qu’il lui plaisait.

Mais la chose arriva finalement et les deux devinrent amants. La phase de bonheur indispensable à tout récit dramatique dura jusqu’à ce que la jeune femme fût rappelée par sa famille pour se marier à un bon parti.

Juju, étant une femme de devoir, se résigna à son sort. Elle dit adieu à son amant sur un pont devenu célèbre. La douleur rendait la séparation presque impossible, et les deux amoureux revinrent s’embrasser dix-huit fois avant de finalement se séparer. La chose a d’ailleurs donné naissance à une expression d’une poésie rare, “se dire adieu dix-huit fois”, expression dont la signification ne requiert aucune explication.

Une fois nos amants séparés, on peut penser que l’histoire ne peut finir plus mal, on a tort. La jeune femme se suicida le jour de son mariage et notre Roméo mourut de chagrin.

Pour ajouter une touche de poésie sur ce drame, la légende nous dit qu’ils furent enterrés ensemble et que quelques jours après la cérémonie, deux papillons s’envolèrent de leur tombe.

Ainsi se termine nos légendes de bus, grandeur et décadence, poésie et lyrisme, réalisme et naïveté, tout semble élégamment se mêler dans les légendes chinoises pour créer un parfum d’orient aux senteurs sucrées si délicieusement envoutant à nos sens occidentaux.

Pour l’anecdote, ces légendes sont extrêmement célèbres en chine, elles ont été déclinées en films, dessins-animés, livres, casquettes, t-shirts, porte-clés et autres gadgets inutiles qu’on croyait ne pouvoir trouver que dans l’art du produit dérivé américain.

Le pont, lui-même, rebaptisé pont des dix-huit adieux, a été visité par notre charmant petit groupe. Le lieu n’a rien perdu de sa magie romantique et les couples qui offrent de leur présence la poésie manquante à notre équipe se sont rapidement trouvés ensorcelés par la magie séculaire de l’endroit.

Voilà, trêve de digressions et de lyrismes inutiles. Nous vous quittons sur une touche poétique en espérant que la lecture de ce texte vous aura procuré au moins à moitié autant de plaisir que nous en avons eu lors de sa rédaction.

Valeria Pelosini, Antoine Didisheim

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A la découverte de la “vraie” Chine

C’est fort d’une expérience de plus d’une semaine dans la « High Society» de Chine et de quelques maux de ventre (pour certains d’entre nous) que nous nous levons ce dimanche 21 Juillet (à 6 heure du matin) pour partir à la conquête d’une Chine que nous ne connaissons pas encore du tout : la vraie Chine !

Nous commençons par nous rendre en « TGV Chinois » à Yiwu pour y découvrir le principal « Trade Mart », l’endroit où le monde entier peut venir s’approvisionner en toutes sortes de produits (matelas gonflables, montres, bijoux, hélicoptères qui sont censés voler…, bref tout ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas !). Lors du trajet en train, plusieurs éléments frappent : le nombre de personnes à la gare qui ressemble littéralement à une fourmilière (cf. photo ci-dessous prise à 8 heures du matin), le niveau de propreté de la gare (dont nos chers CFF ne peuvent que s’inspirer (!)), le fait que toutes ces personnes trouveront une place dans un train qui s’avère…luxueux. En effet, nous sommes très étonnés de la place dont chaque passager dispose à l’intérieur des wagons et du standing offert par ceux-ci. Le prix du ticket nous surprend également énormément à tel point que plusieurs d’entre nous lâcherons un gros « Oh my God » (pour être diplomate) lorsque Marc nous en fera part : 90 Yuans par personne pour 1000 Kilomètres pour un ticket de 2ème classe, ce qui fait environ…15 francs suisses et cela pour un confort presque digne de la première classe suisse. Notons quand même que ce prix est contesté en Chine car il est vu par certaines personnes comme « trop élevé ». Quant à nous, nous restons hallucinés : quel exemple ! Nous nous demandons comment tout cela est possible. L’hypothèse du « marché de masse » est bien sûr privilégiée, l’investissement de base étant colossale mais pouvant être amorti (vraiment ?) vu le nombre de personnes empruntant quotidiennement les transports publics ici (rappelons que la majorité de gens travaillant en ville effectuent environ 3 heures de train quotidiennement pour se rendre au travail le matin et rentrer au bercaille le soir). Ce qui est certain en tout cas est que le gouvernement investit « à fond » dans le développement des chemins de fer et nous, ça nous marque !

20130723-001132.jpgHongqiao Railway Station à 08:00

Nous arrivons, 11 heures tapantes, à Yiwu : plus de 40 degrés, de la climatisation presque nulle part (sauf dans le bus), nous prenons un bus public (dont les arrêts sont traduits en anglais !) pour nous rendre dans un énorme bâtiment non climatisé regorgeant de centaines de petites boutiques vendant toutes sortes d’objets et produits que nous pourrions retrouver dans les grands magasins européens : bienvenu à « l’International Trade Mart » de Yiwu!

20130723-002306.jpgL’un des milliers de stands du centre d’achat de Yiwu

Avec cette chaleur intense, l’après-midi s’annonce rude, d’autant plus que nous n’allons pas chômer : Marc nous a chargés de nous faire passer pour des grands traders étrangers afin de négocier des containers entiers du produits que l’on veut pour pouvoir « poser un prix » à cette marchandise. Première constatation : négocier l’achat d’un produit en pièce unique est impossible : ici, c’est par centaines ou par milliers, sinon RIEN. Et puis on se rend compte que ces « petits Chinois » sont assez malins : ils savent que nous, petits européens sommes prêt à mettre un certain montant pour quelque chose que l’on veut vraiment. Ils ne cèdent pas. Par contre, lorsque nous entrons en négociation pour une grande quantité de produits, ils deviennent tout de suite beaucoup plus amicaux : Nichos et son team se font ainsi passer pour des acteurs hauts placés dans les stations d’essences polonaises, cherchant à acquérir des « balles en gommes » pour les petits. Ils obtiennent 5000 unités au prix unitaire (6.8 Yuans) qu’une personne aurait payé pour 10’000 unités, avec un délai de livraison de 2 mois, le tout livré en Pologne. Ils sont contents (…). Charly et son team eux négocient des ordinateurs pour enfants : ils parviennent à baisser de beaucoup le prix car ils se rendent compte que la marge du produit (à l’unité) est affichée sur la boîte du produit en question ! Ils commencent par fixer un prix au-dessous de coût de production : la réponse négative est immédiate. Ensuite, ils s’amusent à proposer un prix pour lequel les retailers ne feraient aucune marge : à nouveau, la réponse est négative. Pour finir, ils fixent un prix pour lequel la marge est de 2 yuans par unité et les revendeurs acceptent pour un coût d’achat total de 100’000 francs suisses. Reste à trouver un moyen de « s’enfuir » car évidemment personne ne possède ces 100’000 francs ! Finalement, l’équipe fixe un rendez-vous au retailers à 16h00 pour « fignoler les derniers détails », rendez-vous auquel ils ne se rendront, bien sûr, jamais…

20130723-002046.jpg“L’ordi” négocié par Charly et son team

20130723-001631.jpgUne découverte au Trade Mart, quand on parlait de choses utiles…

Après un diner sur place (ou « déjeuner » pour nos amis Genevois…) à moins de 2 francs suisses et d’intense négociations toute l’après-midi, nous repartons pour la gare direction Hangzhou. A noter que Nicholas et Kevin manquent de se tuer environ 8 fois en 20 minutes de taxi(…). Les Chinois ont effectivement leur manière « bien à eux » de conduire, manière qui leur vaudraient plus d’une insulte (si pas plus) sur les routes de notre « chère et très tendre » petite Suisse.

Après une heure de voyage dans un train (toujours aussi luxueux), nous arrivons vers 18h30 à Hangzhou, ville de seconde catégorie (il y a 4 catégories de ville en Chine, Shanghai est dans la première) de plus de 8.7 millions d’habitants : en résumé la population de la Suisse dans une ville qui est un véritable « chantier » (voyez la vue qu’on l’on a depuis notre chambre d’hôtel). Et pourtant, nous sommes bien dans la province la plus riche de Chine. En effet, c’est ici que nous trouvons les personnes les plus fortunées de Chine. La relation entre le « chantier » et l’argent est claire : c’est ici que ça se passe maintenant! Tout se développe à une vitesse fulgurante dans ces villes de « seconde catégorie », il y a énormément d’argent à faire (mais il faut avoir le courage d’y venir car les conditions de vie ne sont pas faciles pour un petit Européen tout « douillet » ou même pour un Chinois ayant grandi dans une ville de « catégorie 1 »). Notons que le développement de ce villes de « type 2 » est tel que l’industrie du luxe en Chine est davantage performante dans ces villes que dans les villes de type 1 (Pékin, Shanghai, etc…). Nous pouvons également nous rendre compte du potentiel des lieux en écoutant les « sages » de l’équipe, Marc et Maia (l’abeille) qui ne cessent de répéter « mais ça, y’avait pas l’année passée !! » C’est dire l’avenir qu’il y a ici…

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20130723-002535.jpgLa ville de Hangzhou : un CGV, « chantier à grande vitesse »

Vers 19h30, nous arrivons à l’hôtel et une grande partie de l’équipe se rend… au Mc Donald pour y savourer un repas « enfin sain » (certains d’entre « saturent » de cette nourriture chinoise composée essentiellement d’œufs et d’ognons). Antoine, qui se rend occasionnellement au MC DO en Suisse, verse presque une petite larme de joie en croquant dans son Cheeseburger royal alors Marc pose fièrement en photo avec son Big Mac qui « ressemble tellement à la photo ».

20130723-224312.jpgMarc & the “perfect” Big Mac

Le soleil se couche et nous aussi, exténués par cette journée éprouvante mais, une fois de plus, tellement enrichissante. La Chine, elle, ne dort jamais. Finissons par les mots de la majorité des orateurs que nous ayant eu la chance d’écouter durant ces dernières dix journées, mots qui traduisent bien le sentiment que nous nous faisons de cet endroit après seulement une journée passée ici: « la Chine progresse vite, très vite…»

62.000 fournisseurs

 

Les étudiants arrivent à Yiwu après trois heures de train afin de visiter le plus grand centre d’apprivoisement du monde. Il couvre actuellement une superficie de 4 millions de mètres carrés, avec 62.000 fournisseurs et réunit 400’000 types de produits. Dans cette visite il leur a été demandé d’interviewer des traders et de négocier avec des vendeurs en se déguisant en traders.

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Il n’est pas étonnant d’aller dans un magasin à Shanghai et de diviser le prix par cinq lors d’une négociation. Intuitivement les étudiants ont donc recommencé ce processus. Le problème est que les traders et les vendeurs connaissent parfaitement le marché du produit qu’ils envisagent d’acheter et respectivement de vendre. Un prix irréaliste décrédibilise donc immédiatement l’étudiant déguisé en trader et les négociations sont donc totalement abandonnées par le vendeur.

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Deux éléments concernant les traders sont ressortis : premièrement un homme d’affaire faisant ses premiers pas dans ce centre nous partage son envie de vouloir établir des relations de confiance à long terme. Alors qu’un autre trader avec plus d’expérience (environ 8 ans) ne retourne que très rarement chez le même fournisseur. En effet, il nous partage qu’il essai de se faire voir le plus possible par tous les vendeurs en comparant tous les prix. Il semblerait donc que créer un environnement concurrentiel entre les vendeurs soit plus intéressant que de bâtir des relations avec les vendeurs. Une explication possible serait que les négociations n’aboutissent pas en de très grande réduction. Mais d’après certains dialogues partagés avec un vendeur il semblerait que les vendeurs finissent par diminuer de 20 à 50% leur prix final en négociant sur la quantité demandée. Ce qui est donc intéressant est que la négociation est très subtile et se base principalement sur la quantité (outil de négociation le plus fort).

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Une autre explication possible est que l’expérience prouve que le « turnover » des magasins/produits/vendeurs est trop élevé pour qu’il soit intéressant de construire des relations de confiance et d’engagement exclusif à long terme.

Après s’être promenés dans ce centre d’apprivosiement pendant quelques heures les étudiants reprennent le train en direction de Hangzhou.

 

 

Culture chinoise

Aujourd’hui au planning : journée culturelle chinoise. Premièrement les étudiants sont allés au musée de Shanghai puis ils ont eu l’occasion de participer à un cours de calligraphie chinoise.

Au musée : découverte de tous les arts et objets traditionnels chinois : meubles, jade, calligraphie, peinture, poterie… Plus de 6000 ans d’histoire chinoise réunis sur 5 étages !

L’évolution des moyens de paiement a beaucoup intéressé les étudiants HEC. En effet, l’usage des pièces (trouées) de l’époque permettait de créer des colliers de monnaie avec une simple ficelle. La valeur était représentée par la longueur du collier. Ces derniers constituent aujourd’hui les prédécesseurs des billets de banque.

De plus, une des minorités chinoises utilisait des couteaux en guise de monnaie.

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Au dernier étage les étudiants ont été fascinés par les similarités entre les tenues et accessoires (canoë par exemple) de certaines minorités chinoises avec les habits traditionnels amérindiens.

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La calligraphie est trop souvent considérée comme un moyen d’écriture alors qu’il s’agit d’un art à part entière.

Le rituel du calligraphe est impressionnant. Premièrement il trempe son pinceau afin de prendre de l’inspiration pour son œuvre et d’obtenir la dose nécessaire à la réalisation des traits. Ensuite il se rapproche de la table avec une posture droite afin de respirer et de se détendre. Il commence ensuite à peindre avec une seule règle : ne jamais revenir sur ses gestes. Sans oublier qu’il finit par signer son œuvre comme un artiste.

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Les étudiants ont pu tester eux-mêmes cette méthode ancestrale. Ils ont commencés par réaliser un simple trait droit et ont très vite compris la difficulté de cette tâche en apparence si facile.

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Pour finir la démonstration, le maître a calligraphié les prénoms chinois des étudiants en y apposant son sceau de signature.

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Pour faire découvrir un autre type d’art chinois, un intervenant s’est mis à chanter de la musique traditionnelle puis un musicien a joué de l’ocarina local. Tous les étudiants étaient captivés par la performance de chacun de ces artistes et surtout par la sérénité qu’ils possèdent à lorsqu’ils se mettent à pratiquer leur art respectif.

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Sous un tonnerre d’applaudissement le groupe s’est dirigé vers un restaurant spécialisé dans la fondue mongole pour finir la soirée.

 

Journée interculturelle

Pour la deuxième fois depuis le début du voyage, nous avons eu la chance, le bonheur et la joie d’avoir congé ce matin. Enfin pas tout à fait puisque nous avons continué notre travail de terrain. Pour plus de détails personnels, restez à l’écoute… Rendez-vous donc à 17h pour une séance consacrée à la culture chinoise dans un exposé en neufs points, chiffre de l’empereur. Ceux-ci peuvent être vitaux pour la compréhension du marché chinois et pour éviter certaines erreurs. Par exemple, n’utilisez sous aucun prétexte le chiffre 4 en Chine, la mort s’abattrait sur vous. Peugeot en a fait l’expérience plus aigre que douce avec l’échec de son modèle 404.

L’idée d’un modèle 808, celui-ci représentant la richesse, aurait par contre pu faire un carton. La passion des chinois se révèle également pour les différents jeux de plateau. Le karaoké est également une des activités favorites des chinois. Et c’est ce qui attend la plupart des étudiants pour la soirée.

From « Made In China » to « Innovate In China »

Après un petit-déjeuner bien copieux, le gong retentit à 8h00 pile, rappelant aux étudiants pas toujours ponctuels le début du cours sur l’innovation.

Ce matin, un « petit » intervenant, John pour les intimes, doctorant de l’université de Saint-Gall et désormais professeur à l’université de Shanghai a captivé toute l’assemblée. Il représente à lui seul la volonté de tout un pays à promouvoir la connaissance et l’innovation. Dans l’esprit populaire, la Chine est connue pour reproduire tout et n’importe quoi pour une qualité variable, tout dépend de la demande de ses clients. Cependant, après avoir rattrapé son retard technologique par l’absorption des connaissances occidentales, la Chine souhaite passer à l’étape supérieure. Même le gouvernement l’a compris en mettant la R&D au cœur de son plan quinquennal. L’encouragement à l’innovation est important. Toutefois, d’autres problèmes liés, entre autre, à la propriété intellectuelle, au manque de talent (malgré les 7 millions de gradués annuels (!) ce qui représente la population suisse) et à l’environnement se font ressentir.

Il existe en Chine un nombre croissant d’incubateurs, ces endroits qui permettent aux jeunes entrepreneurs de se retrouver sous un même toit, d’échanger leurs idées et qui met également à disposition des locaux pour de plus grandes réunions. Certains sont financés par l’Etat tandis que d’autres sont indépendants, comme Xin Dan Wei que nous avons visité ce matin. Cette rencontre nous a notamment poussé à réfléchir au sujet de l’entreprenariat et de la place du gouvernement en Chine. Malgré toutes les difficultés rencontrées, nous avons remarqué que la volonté d’entreprendre est bien présente en Chine.

En début d’après-midi, nous avons eu l’unique opportunité d’être accueillis par la multinationale chinoise Huawei. Son domaine d’expertise est la télécommunication. La grandeur de l’entreprise est visible du premier coup d’œil par la longueur du bâtiment (seulement un kilomètre…). Nous avons été reçus comme des rois selon l’hospitalité chinoise. La visite a commencé dans le showroom par la présentation des nouvelles technologies développées au sein de l’entreprise Huawei. Les étudiants sont restés scotchés par les derniers mobiles en date, dont deux records mondiaux du plus grand et plus fin smartphone. Des hôtesses, perchées du haut de leurs 15 cm de talons aiguilles, sorties tout droit du salon de l’automobile, nous ont chouchoutés dans une salle de réunion ultra-équipée (sièges en cuir, micro, bouteille d’Evian et Mentos). Pour bien terminer la visite, nous avons tous reçu un porte-clés-USB, pour notre plus grand plaisir.

Retour dans le bus en direction d’un centre de jeu Mahjong où les étudiants les plus intéressés ont directement sorti toutes leurs économies pour parier selon la coutume locale.