Category Archives: Testimony

Sans titre

Hier, nous avons eu la chance de rencontrer trois responsables de Carrefour Chine. La visite a commencé par un aperçu des alentours du bâtiment qui nous a permis de prendre connaissance de l’environnement dans lequel l’hypermarché est implanté depuis 2004. A cette époque, il n’y avait encore rien dans les environs.

Par la suite, M. Loïc Frouart, M. Olivier Tollet et M. Xavier Bodenes nous ont chaleureusement accueilli dans les bureaux de Carrefour Chine dans le quartier de Putuo à Shanghai. La rencontre a commencé par une brève introduction concernant la situation économique, politique et sociale actuelle de Chine. Nous avons notamment appris que les 238 magasins du pays avaient été regroupés en 6 régions qui, malgré une administration régionale, étaient gérés de manière centralisée dans le siège de l’entreprise. Ce mélange entre une gestion centralisée et à la fois décentralisée est une pratique caractéristique de la Chine à laquelle l’entreprise a dû s’adapter.

Nous avons également appris que 20 magasins étaient ouverts chaque année et que les emplacements choisis étaient en périhérie des grandes métropoles, suivant ainsi une politique de “Hub development“.

Plus tard, M. Bodenes, responsable de a sécurité alimentaire et de la qualité nous a renseigné sur les principales préoccupations de l’entreprise qui du reste a récemment effectué d’importants investissements pour garantir la provenance de ses produits. La sécurité alimentaire est d’autant plus difficile à garantir de par le fait que les fermiers, principaux fournisseurs locaux de Carrefour, n’ont pas de formation particulière et sont habitués à utiliser de faux engrais et de faux pesticides ce qui engendre d’importants problèmes de santé. Carrefour a donc décidé de mettre en place un système de collaboration avec ses fournisseurs afin de les sensibiliser aux méfaits de l’utilisation de faux pesticides.1

Après avoir posé quelques questions aux responsables durant le lunch, nous avons effectué une visite du magasin en compagnie de Madame Cinde Ju et nous avons eu la chance d’accéder au cœur des laboratoires permettant de tester la qualité des produits. Les chimistes choisissent des produits qui subissent différents tests pour contrôler la présence de substances dangereuses.

IMG_5924 IMG_5922

Après cette visite nous sommes retournés dans les bureaux de Carrefour et nous avons reçu de précieuses informations concernant une des principales innovations de Carrefour en Chine, le “COS, Central Operation Security Center“. Cette infrastructure unique, mise en place dans le cadre de la gestion des risques, permet de centraliser les données de tous les Carrefour de Chine. Par exemple, si un des frigos du Carrefour de Beijing tombe en panne, un signal sera immédiatement envoyé au COS à Shanghai. Cependant, le COS ne réagira que dans le cas où l’enseigne ne prend pas les mesures nécessaires. Ce centre fournit ainsi toutes les informations nécessaires au bon fonctionnement des affaires ainsi qu’à une gestion optimale d’éventuelles situations de crise.

Au terme d’une visite de plus de 4 heures pendant lesquelles les responsables ont été disposés à répondre à toutes nos questions, nous avons pu vérifier le business model canevas de Carrefour Chine que nous avions établi en Suisse. Nous avons ainsi pu éclaircir tous nos doutes et valider ou non les différentes hypothèses que nous avions émises.Nous tenons finalement à remercier chaleureusement M. Loïc Frouart, M. Olivier Tollet et M. Xavier Bodenes de nous avoir accordé autant de temps et de nous avoir donné cette opportunité unique de visiter le cœur de Carrefour Chine.

Le groupe Carrefour

Céline, Charlotte, Ken, Matteo, Paul et Shalini

Shanghai rallye

Le deuxième jour de notre visite a Shanghai, nous sommes partis a la découverte de la ville de Shanghai hors des sentier battus. Nous avons ainsi du dépasser la barrière de la langue pour obtenir un rendez-vous dans une agence immobilière, et même visiter un apparentement a louer! Ainsi, nous avons découvert qu’un petit appartement de “luxe” dans une tour récente coûte environ 7500 yuans, ce qui représente un peu plus de 1000 CHF. Ce montant semble faible, mais il faut le comparer au revenu chinois, bien plus faible qu’en suisse.

Nous en avons également profité pour observer la présence des marques suisses dans la ville: la marque de Nestlé est apposée sur quelques produits visibles dans les rayonnages des supermarchés, mais la présence publicitaire principale concerne plutôt des marques horlogères présentes dans le métro:

image

La visite de la ville s’est conclue par une petite visite d’un temple, une petite ile de tranquillité dans cette ville tentaculaire.

Raphaël Pianta, 8.juillet 2014

Rencontre avec les étudiants chinois de la SHUFE

Cet échange inter-culturel était une expérience très enrichissante et extrêmement plaisante. J’ai personnellement eu la chance de recevoir en cadeau ce magnifique “noeud chinois” symbole de décoration dans la fête de printemps chinoise. De plus la discussion avec ma charmante partenaire était si naturelle et amicale que le temps est passé très vite. Malgré cela nous avons eu le temps d’échanger plein d’informations sur leur réelles conditions de vie et leur manière de percevoir les loisirs et les études qui était fort différente de la nôtre.Après un échange d’email et des adieux chaleureux nous avons rapidement créé un contact qui nous permettra de continuer cet échange cross-culture fort plaisant.
fbv02

Fabio

Les séances du jeudi après-midi à Geopolis sont finies : place à l’action !!

Tout d’abord, un petit retour sur les vacances de Pâques qui sont maintenant loin à la vue des vacances d’été, mais qui n’ont pas été sans travail pour les teams de Shanghai 2014.

Divisés en groupes les étudiants ont travaillé sur les grandes tendances de la Chine contemporaine : urbanisation, consommation, production, éducation et R&D ainsi qu’ Internet – des thèmes importants qui font souvent la une des journaux et qui caractérisent la croissance de la Chine passée, présente et future…

Pour la séance après Pâques les étudiants ont préparé une présentation de 10 minutes résumant les points-clés de leurs thèmes. L’objectif est double : attirer l’attention sur les tendances et forces macro-économiques que peuvent influencer les business model des entreprises en Chine et sensibiliser les étudiants à suivre l’évolution de ces tendances afin de créer des « experts » en la matière. Ces experts se trouveront chacun dans un groupe pour le projet final, i.e. l’analyse et l’adaptation du business model d’une entreprise étrangère en Chine.

La séance suivante a fait un retour sur la notion de global mindset et mis en scène une activité dans laquelle les Chinois excellent : la négociation ! L’art de la négociation est déjà en soi difficile mais si on y ajoute les contraintes interculturelles, le défi est d’autant plus important. Pour préparer la séance les étudiants ont été assignés soit à l’équipe de négociation chinoise, soit l’équipe américaine ou soit au rôle d’observateur. C’est avec le cas « Negotiation in China: How universal? » que les quatre tables de négociation se sont confrontées (plus ou moins calmement) pour décider de l’ouverture d’un parc d’attraction en Chine. A la clé, des contraintes matérielles, d’emplacement, de budget, de types d’attractions mais surtout les contraintes culturelles, les différents styles de négociation à adopter (direct vs. indirect, individualisme vs. collectivisme, égalitaire vs. hiérarchique, séquentiel vs. holistique).

La négociation se préparant en amont, chaque groupe a du évaluer sa BATNA (Best Alternative to a Negotiated Agreement). Une première entente fut donc déjà nécessaire à l’intérieur du groupe pour définir les objectifs, les rôles et la tactique de négociation. Au final chacun a défendu avec passion ses intérêts – tous les groupes n’ont pas trouvé un accord malgré le fait que les dernières minutes de négociation se soient révélées très efficaces !negociation

Le debrief quant à lui a eu lieu la semaine suivante et est venu clôturer le module « Global Mindset ». La première partie a consisté en une discussion sur les malentendus rencontrés. L’interprétation du langage verbal et non-verbal des Chinois est un des points importants de cette discussion. Le but étant de sensibiliser les étudiants aux signaux de la partie adverse afin de comprendre quand des concessions doivent être faites. En effet, dans une négociation win-win, pour agrandir la part gâteau il est important de se mettre à la place de la partie adverse et voir plus loin, pour construire le « pont » qui permet de dépasser la barrière culturelle.

Ensuite c’est avec le travail de l’artiste Liu Yang et le visionnement de trois petites scènes tirées de films que les étudiants ont été exposés aux différences culturelles dans la vie de tous les jours. Toutes ces activités ainsi que le test « Intercultural Effectiveness Scale » (Kozai Group) ont pour but d’équiper les élèves dans l’optique de construire leur « Global Mindset Roadmap » – l’idée étant d’une part de discuter des concepts les plus pertinents pour un « manager global » et d’autre part de stimuler la réflexion et la projection dans un environnement interculturel et professionnel.

Enfin la séance s’est terminée avec le moment tant attendu, i.e. l’annonce des entreprises et des groupes pour le projet final. Cette année les étudiants travailleront sur C&A, Lacoste, Carefour et Toys’R’us. Dans cette optique, les étudiants devront présenter lors de la dernière séance à Lausanne le modèle d’affaires des entreprises en Suisse/France. La présentation est basée sur les 2 canevas « business model » et « value proposition ». Grâce au généreux soutien de l’équipe Business Model Generation (dirigé par Alexander Osterwalder et le Professeur Yves Pigneur) les étudiants pourront réaliser la modélisation sur Strategyzer.com.

Ainsi la dernière séance fut divisée en deux parties : la présentation des groupes et la présentation des techniques d’entretien. En effet  durant le voyage à Shanghai les étudiants auront l’occasion de rencontrer un manager de leurs entreprises respectives et de poser les questions afin de valider les hypothèses du « business model » en Chine.

Un conseil personnel pour les étudiants : préparez bien l’interview et concentrez-vous sur 3-4 thèmes important, le temps à disposition passe toujours trop vite !

Comment préparer au mieux les élèves à l’entretien ? Réaliser une simulation avec les deux professeurs jouant le rôle du manager «trop sympathique», «ultra-occupé», «binaire», «ultra-directif» ou du manager «parfait». Le but étant de développer une stratégie d’entretien pour éviter ou savoir se sortir de situations délicates.

La fin du semestre s’est voulue festive avec un apéro réunissant les alumnis du voyage à Shanghai 201X marquant ainsi la fin des cours à Geopolis et le début de l’action !

Prochaine étape : rendez-vous dans le lobby du Howard Johnson Caida Plaza le 6 Juillet à 13 heures.

Valeria Pelosini

P.S. : Je me réjouis de lire les récits du voyage! A vous de jouer !!!

Dernière entreprise…

Les étudiants arrivent à Suzhou afin de visiter le centre de recherche et l’usine d’assemblage de Logitech.

Suzhou, appelée souvent « Venise de la Chine» ou caractérisée comme étant la capitale de la soie, est une région très riche de la Chine. En effet, la fertilité du sol et la température modérée du climat permettent de cultiver le riz. La richesse d’une région est directement corrélée avec le niveau d’éducation de la population. Cela est dû au fait qu’une des principales priorités pour un famille chinoise est l’éducation de son enfant (milieu très compétitif). La stratégie de Logitech a donc été de s’implémenter à Suzhou afin d’avoir, entre autre, accès à des compétences et par ce fait faciliter le recrutement d’ingénieurs.

image copie 6

La première partie de la visite consiste à découvrir l’environnement et les défis des ingénieurs. Les principaux défis étants de réduire le plus possible la taille des pièces afin de pouvoir affiner le design des produits et de réduire les coûts. Les designers et les ingénieurs travaillent ensembles (départements côte-à-côte) afin d’ajuster les produits à la tendance du marché.

image

Chambre pour tester les ondes produites

La deuxième partie est la découverte de l’usine d’assemblage. La zone d’assemblage est divisée en petites cellules d’environ dix employés et un superviseur. Tous les employés font du travail à la chaîne (et répètent donc la même tâche 8h de suite). Ces derniers sont debout, attachés par un bracelet anti-ondes pour les protéger de l’électricité statique. De plus, les employés portent des chapeaux de couleurs différentes : rose pâle pour le superviseur, bleu pour les employés travaillant pour la compagnie depuis plus d’un mois et violet pour les travailleurs présents depuis moins d’un mois. Est-ce normal que plus de 50% des personnes présentes dans cette usine portent des chapeaux violets ? Les dires de notre guide ne font que confirmer notre étonnement : un turn-over (changement d’employés) d’environ 18% par mois. Pour travailler dans l’usine une formation de trois jours est donnée. Cette même formation est répétée lorsqu’un employé commet une erreur. Tout étudiant HEC sait parfaitement que le recrutement d’une personne coûte relativement cher à une entreprise que ce soit en coûts de salaire du département des ressources humaines, frais administratifs, formations.. donc pourquoi laisser un turnover si exagérément élevé ? Est-ce que les coûts pour prévenir ce dernier sont plus élevés ?

Cette visite donnera lieu à de grands débats…

image copie 3image copie

Les étudiants reprennent le bus afin d’aller admirer un des fleuves si connus de Suzhou et de visiter un jardin.

image copie 4image copie 7

image copie 5 image copie 8

image copie 9

 

Le Shanghai jeune et dynamique

Après une matinée fort enrichissante passée au musée de l’urbanisme de Shanghai, nous avons enfin découvert ce qui nous attendait au cours de l’après-midi surprise. En binôme, nous avons dû nous lancer dans différents quartiers de la ville et résumer l’expérience du voyage à travers des photos. Quelques arrêts de métro plus tard, nous avons atterri à Xiangyang Park. A première vue, ce quartier ne différait pas vraiment de ce que nous avions vu auparavant. C’est donc sans conviction que nous nous sommes lancés à l’assaut de la Hai Zhong Lu. Quelques magasins et 45 minutes plus tard, nous avons bifurqué dans une ruelle qui apparemment ne semblait pas incroyable. Cependant, après une dizaine de mètres dans la Danshui Lu, nous avons vite compris que cette rue avait quelque chose de particulier. Entre authenticité et new-wave chinoise, elle résumait en quelques mots ce que Shanghai représente. En effet, longeant les petites épiceries typiques, nous sommes tombés sur un bar à glaces détenu par un jeune chinois ambitieux ayant fait ses études en France. Ayant le contact facile et sentant nos ventres déjà gargouiller, nous lui avons demandé conseil sur un endroit sympa où manger.

C’est avec enthousiasme qu’il nous a indiqué plusieurs restaurants dans cette même rue, allant du sushi au curry, passant par l’italien. Notre choix s’est rapidement fait lorsque nous sommes passé devant le Small Spice. Un style à la fois moderne, incorporant une touche vintage et donnant envie d’y entrer grâce à sa simplicité. Nous avons été instantanément séduits. En entrant de ce petit espace pouvant accueillir au plus 10 personnes, les odeurs nous ont tout de suite envoutées et c’est avec un grand sourire que nous nous sommes assis et avons peu à peu découvert le décor du Small Spice. Une Chinoise timide et ne parlant pas l’anglais nous a amené une modeste carte qui nous a cependant séduit. Une fois notre choix fait, c’est une jeune cuisinier à la pointe de la mode “street” qui a fraîchement préparé devant nos yeux nos plats.Donnant suite à une discussion que nous avions eu quelques heures auparavant dans laquelle nous avions conclu que des endroits tendances n’existaient pas encore à Shanghai, nous avons complétement changé d’avis. Cet endroit illustre parfaitement ce qu’on peut trouver dans des villes telles que New York ou Berlin.

En effet, de plus en plus de jeunes Chinois dynamiques commencent à lancer leur propre business. Les cafés et restaurants qu’ils ouvrent s’inscrivent dans les tendances que l’on peut trouver dans les grandes métropoles occidentales telles que Londres, Paris ou encore New York. Ces endroits se veulent « green » et proposent une cuisine à la fois simple et saine. On voit clairement que Shanghai grouille littéralement de petits endroits sympas si on garde les yeux bien ouverts. Plutôt que de trainer dans des Starbucks ou McDonald’s quelconques qui ne proposent pas des atmosphères reposantes ou agréables, la clientèle recherche des atmosphères paisibles et modernes à l’abri du bruit et du stress constants des grandes villes.

Nous avons ainsi découverts des endroits très agréables et à la pointe de la tendance dans une ville où nous croyions que cela n’existait pas. Ce n’est encore que le début puisque Shanghai évolue constamment et à une vitesse grand V.

Nina et Marc

20130726-223012.jpg

20130726-223320.jpg  20130726-223338.jpg  20130726-223351.jpg

Last but not least!

Dernière journée pour les 21 étudiants de Shanghai 2013. Au programme, séances intenses de préparation le matin et présentations des premiers résultats du travail de terrain l’après-midi – une session “wrap-up” pimentée d’un peu de stress, d’analyse et de feedback.

Après 12 jours passés à goûter différentes spécialités culinaires chinoises (végétarien, spicy-Hunan, fondue mongole ou gastro-Suzhou), les étudiants prennent la main et passent derrière les fourneaux. La désormais mythique leçon de cuisine chinoise est dirigée avec maestria par le chef Mike – un ancien du Ritz-Carlton de Shanghai.

L’équipe “Dim Sum” (au fond) rivalise avec l’équipe “Chinese banquet” pour préparer le repas du soir. Au menu, rouleaux de printemps, raviolis vapeur (push & pinch, push & pinch), nouilles sautées, poulet aux cacahuètes, porc aigre-doux, aubergines et boeuf au piment vert.

 

IMG_0266   IMG_0272

Prenant place les uns après les autres dans une cuisine minuscule et surchauffée (40 degrés+), les membres de la brigade “Chinese banquet” envoient avec rythme les différents plats saisis dans un demi-litre d’huile portée à 107 degrés.

Encore quelques bières et c’est fini… à l’année prochaine.

img_end

Usines chinoises

Place au côté plus connu (et souvent stéréotypé) de la Chine : celui des usines et du travail à la chaîne. Au programme: visite de deux usines spécialisées en textile : Hempel et High Fashion Group.

Avant d’entrer dans la première usine il est communiqué aux étudiants que Hempel est une usine qui détient une très bonne réputation en matière de traitement/satisfaction de ses employés. image copie 13 Cela a été confirmé par les étudiants lors de leurs premiers pas dans l’usine. En effet, la plupart des travailleurs sont assis, l’air conditionné est accessible dans toute l’usine et certains travailleurs écoutent même de la musique.

image copie 12   

Il faut également ajouter à cela que les travailleurs reçoivent un salaire très élevé par rapport à la moyenne des salaires d’usines et ne travaillent pas le dimanche. De plus, l’infrastructure de l’usine semble essayer d’améliorer la vie des employés au maximum (bâtiment spacieux et propre, terrains de sport accessibles…). Le faible taux de « turn over » (changement d’employés) prouve que les travailleurs semblent tenir à leur travail. Ce paysage parait idyllique mais il ne l’est pas totalement. En effet, pour ce travail les employés doivent sacrifier leur vie de famille et se dédier uniquement à leur travail. Les usines sont excentrés et les travailleurs habitent dans des dortoirs à côté de l’usine et ne rentrent que 10 jours par année chez eux…Travailler pour un bon salaire dans de bonnes conditions de travail a donc un coût social caché très élevé dans une usine en Chine. Est-ce que la tendance future des usines sera de se rapprocher des villes ? 

Un autre débat intéressant sous-jacent de ce dernier est celui de l’augmentation du coût de la main d’oeuvre en Chine. Cette visite ne fait que prouver pourquoi est-ce que de plus en plus d’entreprises se dirigent vers l’Inde lorsqu’elles comparent leurs marges de bénéfice en fonction des pays. image copie 18

A la suite du programme la visite d’une autre entreprise de textile : High Fashion Group.

image copie 17image copie 14   Cette usine possède une superficie de 250,000 mètres carrés avec plus de 2000 travailleurs. Elle produit des vêtements en soie (impression et teinture) ainsi que des vêtements tissés ou tricotés. Dans cette usine les étudiants sont étonnés par le nombre de machines présentes qui remplacent le travail humain. Certaines machines doivent être supervisées par un travailleur alors que d’autre sont totalement indépendantes.

image copie 16image copie 15image copie 21

Est-ce que la tendances des usines tend vers la robotisation de toutes les tâches? Certes, certaines tâches ne peuvent pas être assurées par un humain. Par contre, les machines peuvent dans la majorité des cas remplacer le travail humain. De nos jours les compagnies (des pays émergés) préfèrent de plus en plus avoir leurs usines proches de leurs points de vente afin de gagner en temps de réaction, pour des raisons politiques/éthiques et pour diminuer leurs coûts de transports. Et cela est de plus en plus visible avec l’augmentation du coût de la main d’oeuvre chinoise (Hempel).  Le seul moyen pour une entreprise d’un pays industrialisé de se retrouver en compétition ( d’un point de vue production) avec la Chine est d’investir à long terme en infrastructure et/ou d’optimiser au maximum leurs lignes de production car le coût de main d’oeuvre est souvent extrêmement et exagérément élevé. Est-ce que les usines chinoises tendront-elles également vers ce même phénomène afin de rester attractives?

Les débats des étudiants quant aux prévisions de l’avenir des usines chinoises raisonnent dans le bus.

La journée se termine par des visites culturelles…

image copie 19

image copie 20

Voici une histoire de bus

Hier, notre guide, une charmante chinoise, nous a conté deux légendes locales que avons la prétention de vouloir vous transmettre. En partie par intérêt sincère pour l’histoire mais avant tout parce que, faisant partie des quatre seuls élèves éveillés pendant ladite narration, nous nous sommes trouvés une sorte de devoir sacré dans la banale répétition de ce que tous nous étions censés écouter.

Mais avant tout un peu de contexte. Le bus était tremblant, la voix de la guide était chevrotante et l’accent chinois prononcé. Les puristes et autres esclaves de la vérité qui semblent pulluler sur la toile, pardonnerons donc l’inexactitude de certains faits. Notre but n’étant pas de retransmettre une vérité implacable – et qui oserait parler de vérité quand nous sommes dans le domaine de la légende – notre but est de raconter l’histoire tel que nous l’avons entendue, comprise et appréciée.

Sans plus de préambule voici la première légende. Déjà, un désaccord de compréhension entre les deux auteurs, le titre. Manquant de talent pour le compromis, nous vous en transmettons donc deux. La légende des deux serpents, ou, si vous le préférez, la légende des deux femmes serpents. Aucun des deux n’a la prétention d’être meilleur que l’autre, les deux conviennent à des esprits différents et comme nous l’avons dit, il n’est pas plus de place pour la vérité dans les légendes que sur l’internet.

Il y a bien longtemps, dans la province chinoise de Hangzhou, alors capitale d’une puissante dynastie chinoise don le nom nous échappe, deux grand serpents, un vert et un blanc, vivaient au sommet d’une montagne. Les deux pratiquaient les arcanes, pour l’anecdote il est courant dans la mythologie chinoise de voir des animaux pratiquer les arts ésotériques. Mais revenons à nos serpents, le but de leur quête de savoir et de puissance était d’abord d’obtenir l’immortalité. Comme le lecteur averti que vous êtes sans doute, ils y sont tous deux arrivés après plusieurs siècles d’entrainement. Si vous êtes attentifs, ce dont nous doutons, vous nous direz surement qu’il est incohérent que les serpents aient vécus plusieurs siècles avant que leur magie ne fasse effet. Ce à quoi nous répondrons qu’il est probable que la magie augmente leur longévité même avant qu’ils n’atteignent l’immortalité et si vous n’êtes toujours pas satisfait nous répondrons: ta gueule c’est une histoire. Après nous être encore une fois excusés pour nos incessantes digressions, nous reprenons notre histoire. Une fois l’immortalité acquise, nos deux serpents ont eu la bonne idée de faire ce que tout bon serpent chinois rêve de faire, sans doute par complexe sur la pluralité de nos membres qui leur font tant défaut, devenir humain. Les deux ont choisi de devenir de superbes jeunes femmes. Superbe parce que quitte à être humain autant être sexy, et femme parce que quitte à être sexy autant être une femme.

Une fois devenus humaines, nos deux héroïnes, car on peut les appeler ainsi, se sont occupées sur leur montagne jusqu’à ce que le serpent blanc, que par souci d’esthétique littéraire nous appellerons Blanche par la suite, ne décide de descendre de son sommet pour venir observer le mode de vie des humains.

Ce qui devait arriver arriva, Blanche tomba amoureuse, d’un fils de pharmacien. Nous vous passerons les détails de leur romance, d’abord parce que cette histoire commence à trainer en longueur, ensuite parce que notre guide ne s’y est elle-même pas attardée.

Dans un élan de romantisme exacerbé, notre duo se maria un jour pluvieux de printemps. Ils vécurent sans originalité heureux. Jusqu’à ce que débarque dans notre récit l’inévitable protagoniste, le méchant. Au risque de sacrifier le charisme de ce dernier sur l’autel de la vérité, nous vous avouons que la légende le décrit comme un moine-tortue. Lui aussi était un démon – il s’agit du nom que les chinois donnent, sans aucune connotation maléfique, aux animaux devenus humains – mais contrairement à nos graciles héroïnes, le moine-tortue avait de forts principes moraux datant d’un âge antédiluvien. Il pensait donc que la vertu ne pouvait survivre aux contacts des mortels et inférieurs et l’union ô combien romantique de notre histoire lui était insupportable. S’octroyant le rôle du législateur, du juge et du bourreau d’un seul coup, il s’en allant fièrement combattre sous l’étendard d’acier de sa sainte morale et provoqua en duel Blanche. Cette dernière fit combat honorable mais la force de l’amour, dans la légende chinoise, ne pouvait lutter contre les sombres arcanes de l’intolérance. Elle fut donc vaincue, mais immortelle comme elle l’était, le moine ne pouvait entièrement la détruire. Il lui rendit sa forme reptilienne et l’enferma sous une immense pagode au cœur de Hangzhou.

Verte, que notre récit avait laissé à sa montagne, releva le nez pour venger son amie. Elle retourna sur le sommet ou elle avait passé tant d’années avec sa moitié féminine. Elle pratiqua seule la magie pendant quelques siècles, mais qu’est-ce qu’un siècle de travail quand on a en tête l’insupportable image de notre amie, la tête dans le sable vaincue par l’archaïque intolérance des peuples matérialisée dans notre histoire par le moine-tortue. Une fois suffisamment entraînée, elle traqua l’infâme jusqu’au fin fond de l’Asie et, armée de sa maîtrise et de son juste courroux elle lui latta sa face.

Malheureusement, et c’est là le drame de notre histoire, toute la magie du monde ne semblait pouvoir vaincre l’immonde sortilège qui maintenait Blanche dans sa prison éternelle. Le pharmacien mourut veuf inconsolable et Verte retourna à son errance, fière et solitaire à jamais meurtrie par la perte de son amie. La légende se termine en prédisant que Blanche serait libre le jour où la pagode tomberait.

Et c’est là que la réalité rejoint la fiction. La pagode est réelle, nous avons eu la chance de la croiser. Cette dernière a d’abord subit les flammes pendant l’occupation japonaise avant de subir les dommages de la superstition. En effet, beaucoup de chinois pensaient que les briques et les planches de la pagode avaient, une fois mises en poudre, d’inégalables vertus médicinales. Le peuple de Chine est donc venu de partout pour jouer une partie géante de Jenga en retirant brique après brique les fondations de la légendaire pagode. Il y a moins de 100 ans, la tour s’est effondrée, et toute la population a accouru pour voir si un serpent géant s’en échappait. Rien. Ce qui prouve à l’évidence que Verte a finalement réussit à libérer son amie.

Ainsi se termine notre première légende par un élégant rapprochement entre fiction et réalité. Si vous ne vous êtes pas endormis, vous allez maintenant pouvoir lire la deuxième légende qui nous a cette fois été présentée comme une histoire vraie.

Le Roméo et Juliette chinois.

Notre Juliette chinoise fut un peu moins greluche que son équivalent européen. En effet, elle rencontra son Roméo dans une haute école réservée aux hommes, mais la soif de connaissances de notre héroïne l’avait poussée à voiler sa féminité pour entrer dans ce prestigieux établissement. L’amour de sa vie était son camarde de dortoir. L’histoire le décrit, avec beaucoup d’humour et selon le mot de la guide, comme un peu lent d’esprit. Il fallut du temps et beaucoup d’effort de notre Juliette pour lui faire comprendre qu’elle était femme et encore plus de temps pour lui faire comprendre qu’il lui plaisait.

Mais la chose arriva finalement et les deux devinrent amants. La phase de bonheur indispensable à tout récit dramatique dura jusqu’à ce que la jeune femme fût rappelée par sa famille pour se marier à un bon parti.

Juju, étant une femme de devoir, se résigna à son sort. Elle dit adieu à son amant sur un pont devenu célèbre. La douleur rendait la séparation presque impossible, et les deux amoureux revinrent s’embrasser dix-huit fois avant de finalement se séparer. La chose a d’ailleurs donné naissance à une expression d’une poésie rare, “se dire adieu dix-huit fois”, expression dont la signification ne requiert aucune explication.

Une fois nos amants séparés, on peut penser que l’histoire ne peut finir plus mal, on a tort. La jeune femme se suicida le jour de son mariage et notre Roméo mourut de chagrin.

Pour ajouter une touche de poésie sur ce drame, la légende nous dit qu’ils furent enterrés ensemble et que quelques jours après la cérémonie, deux papillons s’envolèrent de leur tombe.

Ainsi se termine nos légendes de bus, grandeur et décadence, poésie et lyrisme, réalisme et naïveté, tout semble élégamment se mêler dans les légendes chinoises pour créer un parfum d’orient aux senteurs sucrées si délicieusement envoutant à nos sens occidentaux.

Pour l’anecdote, ces légendes sont extrêmement célèbres en chine, elles ont été déclinées en films, dessins-animés, livres, casquettes, t-shirts, porte-clés et autres gadgets inutiles qu’on croyait ne pouvoir trouver que dans l’art du produit dérivé américain.

Le pont, lui-même, rebaptisé pont des dix-huit adieux, a été visité par notre charmant petit groupe. Le lieu n’a rien perdu de sa magie romantique et les couples qui offrent de leur présence la poésie manquante à notre équipe se sont rapidement trouvés ensorcelés par la magie séculaire de l’endroit.

Voilà, trêve de digressions et de lyrismes inutiles. Nous vous quittons sur une touche poétique en espérant que la lecture de ce texte vous aura procuré au moins à moitié autant de plaisir que nous en avons eu lors de sa rédaction.

Valeria Pelosini, Antoine Didisheim

20130724-182135.jpg

20130724-182153.jpg

20130724-182201.jpg