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Shanghai 2012, voilà c’est fini…

Mercredi, 8h45. La dernière journée officielle de notre périple commence par le retour de Hangzhou vers Shanghai, une petite heure de train rapide mais un trajet qui, une fois le bus, la marche et le métro cumulés, nous prend quand même presque trois heures trente de notre temps. Une matinée qui aurait pu avoir l’air perdue si l’ambiance durant le transport, les commentaires de Marc sur ces deux journées passées et les discussions passionnantes quant à nos expériences vécues durant cette semaine n’avaient pas agrémenté le voyage. Mais bref, nous voilà de retour « à la maison »…

Nous reprenons possession de nos chambres, mangeons quelque chose sur le pouce et nous dirigeons vers l’une des salles de réunion de l’hôtel pour procéder aux présentations intermédiaires du rapport afin de pouvoir poursuivre le travail sur la bonne voie à notre retour en Suisse (parce que ne croyez pas que ce voyage d’études n’était qu’une partie de rigolade. Il reste beaucoup de travail à faire avant les présentations finales du 7 septembre à l’Unil, présentations auxquelles vous êtes d’ailleurs les bienvenus).

Cette séance de plus de deux heures, riche et très intéressante, nous amène rapidement à la fin de la journée et donc à la dernière activité, le cours de cuisine chinoise. Nous nous rendons pour ce faire dans une petite maison qui donne vraiment l’impression d’arriver chez l’habitant. La cour centrale de l’immeuble est charmante, le bâtiment un peu désuet. La cuisine dans laquelle devront s’afférer successivement les participants est toute petite, assez sombre, relativement propre. Une fois nos mains lavées et nos tabliers mis, nous voilà prêts à débuter le cours avec deux Chefs qui nous montrent les techniques du découpage des aliments, du roulage des nems, du touillage des ingrédients. L’exercice est simple (ne croyez pas que nous avons beaucoup de marge de manœuvre quant à l’assaisonnement et la durée de cuisson) mais le plaisir est énorme et l’ambiance magnifique, un peu comme si tout le monde voulait que cette dernière soirée tous ensemble soit parfaite. Et elle l’a été…

À tel point qu’à 21h30, lorsque celle-ci se termine, tout le monde se rend dans un petit troquet du coin pour boire un (ou plusieurs) dernier verre et se raconter les projets pour la suite de l’été. Parce que tous les participants ne rentrent pas forcément en Suisse. En effet, les plus chanceux d’entre nous vont poursuivre leur aventure, pour certains dans d’autres coins de la Chine ou vers d’autres contrées asiatiques. D’autres, tout aussi vernis mais plutôt sur le plan professionnel, vont débuter un stage, dont l’un se déroule carrément à Pékin. Certains encore vont juste faire un saut en Suisse pour repartir en vacances, aux USA ou quelque part en part au soleil en Europe. De beaux projets donc pour ce début du mois d’août, avant de se replonger, reposés et requinqués, dans cette inoubliable première édition du projet, Shanghai 2012.

Et bien, il y avait un ter…

(Pour ceux qui suivent nos aventures régulièrement, vous savez à quoi je fais référence. Pour les autres, tant pis…)

Lundi 30 juillet, 08h00. Déjà la fin du séjour qui s’annonce et avec elle, la dernière journée de visites que Marc nous a méticuleusement concoctée, à Hangzhou, une charmante ville située à une heure de train rapide de Shanghai. De très jolis parcs, une grande rivière, des lacs… en résumé, plus de verdure que nous n’en avons vue durant les huit jours précédents et un grand bol d’air frais pour les moins citadins d’entre nous.

Nous partons en car de l’hôtel, accompagnés de Kelsey, une guide adorable qui non seulement prend soin de nous conduire à travers la ville mais surtout de nous en apprendre un peu plus sur celle-ci, son histoire, ses habitants, ses quartiers, ses entreprises. Sa façon passionnante de nous faire découvrir son environnement contribue à ce que le trajet passe à une vitesse folle. Au point qu’à peine partis, nous voilà déjà au pied du bâtiment de la première entreprise qui doit nous accueillir pour cette journée, Hempel International (pour être claire, le nombre de visites prévues aujourd’hui se monte à quatre, sans compter les activités culturelles programmées en fin d’après-midi, d’où mon titre… Je ne vous relaie par conséquent dans cette publication que les moments que j’ai estimés les plus forts.).

C’est une entreprise de textiles chinoise très présente sur la scène internationale. En effet, celle-ci fabrique non seulement des vêtements pour ses propres marques mais également pour des grandes enseignes telles que Gap, Armani, H&M, Zara, etc. Si nous pensons assister à une présentation plutôt abstraite au sein de leurs locaux, nous nous apercevons vite que la personne en charge de nous recevoir nous emmène directement sur l’un de leurs sites de production. De quoi constater par nos propres yeux ce que des émissions télévisées comme Capital nous ont déjà souvent montré. Mais croyez-moi, en vrai, c’est bien plus impressionnant ! L’entrée du premier étage auquel nous accédons nous permet assez rapidement de prendre conscience du gigantisme des lieux et du nombre d’employés (6’000 au total) œuvrant dans des espèces de hangars colossaux où la température s’élève à plus de 30°. Si cette première impression peut choquer certains d’entre nous, nous nous rendons cependant compte, fil de la visite, que les conditions de travail de cette entreprise semblent en réalité assez bonnes eu égard aux reportages catastrophistes que nous avons pu un jour ou l’autre visionner. Je sais, vous allez me dire qu’une entreprise n’offrant pas une qualité de travail correcte à ses employés ne nous aurait jamais emmenés dans ses locaux et vous avez raison. Cependant, je pense qu’il est également important de souligner quand les choses vont bien, ou pas trop mal. Si les employés de cette société travaillent en moyenne dix heures par jour et dorment, pour la plupart, sur place, il semble qu’ils bénéficient quand même d’un environnement de travail acceptable.

Rien à voir cependant avec une autre compagnie que nous allons visiter et dont le campus dégage une toute autre atmosphère, favorable, selon les personnes nous prenant en charge, à la détente, donc à la créativité et la productivité. Pour faire court, Netease est un développeur de jeux vidéo online (à la Worldcraft notamment, pour les adeptes), un fournisseur de services mail et de manière très résumée une espèce de « google chinois » (mais sans aucune comparaison au niveau des parts de marché). Une brève présentation théorique et nous voilà à la découverte de leur site, antithèse exacte de l’entreprise précédente et révélatrice des différentes tendances de management du personnel entre des secteurs d’activité recourant à des moyens de production plus ou moins traditionnels ou modernes. Une grande cour centrale, des espaces verts, des coins canapés, un fitness, une salle de jeux, une cafétéria immense et lumineuse. De quoi trouver ça presque suspect… Pourtant, un dîner en compagnie de quelques-uns de leurs employés suffit à nous convaincre. Tant que le travail est fait, les horaires de présence sont fixés entre 10h00 et 18h00, avec un lunch servi entre 12h00 et 13h00. De quoi donc faire des envieux pour quelques-uns d’entre nous, à condition tout de même de garder à l’esprit que les employés chinois n’ont pas de vacances (de quoi vous vous plaignez avec vos quatre, voire cinq semaines par année ?).

La dernière partie de la journée que je vais vous raconter (parce qu’il y en a eu d’autres, dont le spectacle de son et lumières créé par l’artiste en charge de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques. Non seulement une véritable performance d’artistes sur un lac mais également, pour les plus romantiques d’entre nous, une magnifique histoire d’amour. Je ne m’étends cependant pas sur le sujet ayant fait le choix, après maintes tentatives, de profiter du spectacle plutôt que de m’énerver avec des photos toutes plus ratées les unes que les autres…) repose sur la visite du temple de Lingyin, également démesurément grand. Je vous le précise dès à présent afin que vous preniez conscience que, malgré la beauté des lieux, nous avons marché pendant environ deux heures à 38°, avec un taux d’humidité approximatif de 80-90%. Donc un peu de compassion en plus de l’émerveillement, s’il vous plaît. Bref… un endroit véritablement paradisiaque que je vous laisse découvrir en images, simplement…

La folie des grandeurs…

Dimanche, 7h30 (il ne fallait pas rêver… la matinée de congé d’hier devait bien être compensée à un moment ou à un autre du voyage !). La routine des départs relativement (trop pour certains) tôt depuis notre hôtel commence à s’installer. Aussi, pas de retardataires ce matin, bien que nous devions libérer les chambres. En effet, nous partons aujourd’hui pour une destination qui nous contraint à quitter notre luxueuse demeure secondaire pour un hôtel présenté par Marc comme plus modeste (en réalité et ce bien que la différence soit remarquable, notre nouvelle « maison » constitue néanmoins pour nous, pauvres étudiants, un endroit classe. Peut-être plus petite que la précédente mais bien au-dessus du standing auquel la plupart d’entre nous sommes habitués).

Direction donc la gare pour prendre un train rapide (quand les Chinois disent rapide, ça signifie très rapide) pouvant atteindre des pointes de plus de 400 km/h (ça, c’était avant l’accident ayant causé la mort d’une quarantaine de personnes il y a un an ou deux. Maintenant, il adopte une vitesse de croisière plus proche des 200 km/h). Et c’est là que mon titre trouve sa première justification. La gare ressemble à un aéroport. Les salles d’attente sont immenses ; les files pour accéder aux quais d’embarquement interminables. Un bruit assourdissant de milliers de personnes discutant, riant, criant parfois, nous envahit les oreilles. Si la gare de Shanghai est très propre, celle de Yiwu, objet de notre voyage, est sale. Des odeurs d’urine (oui, encore mais à 38° passés, je vous jure que vous aussi, vous auriez de la peine à vous en accommoder) et d’égouts en émanent fortement de certains endroits. Pas de doute, nous quittons la ville bien proprette qui nous a accueillis cette première semaine pour découvrir un autre visage de la Chine.

Le but de cette journée est, comme je viens de le suggérer à travers cette description des infrastructures ferroviaires, Yiwu. Une « petite » ville de 1 million d’habitants abritant le plus grand marché de commerce en gros du monde. Un complexe d’une surface approximative de 2 millions de mètres carrés… De la folie !

Ici, des négociants du monde entier viennent pour faire affaire. Privés ou engagés par une entreprise, ils sont des milliers à faire le déplacement pour se fournir en tout et n’importe. Des aspirateurs, aux pelles, jouets, en passant par des enseignes lumineuses, caméras de vidéosurveillance ou des distributeurs de chemises, tout (ou presque) est achetable dans des quantités plus ou moins importantes dans ce marché constitué d’environ 20’000 petites échoppes (à ce propos, la prochaine fois que vous y irez en vacances au Maroc, ou ailleurs, et songerez à ramener un bel objet de l’artisanat local, méfiez-vous !).

Deux missions nous sont assignées pour la journée afin de nous faciliter la prise de température des lieux et tenter de mieux comprendre les interactions économiques se déroulant sous nos yeux : rencontrer des traders (donc des personnes qui viennent ici pour vendre ou acheter) et se renseigner sur le processus d’acquisition de biens dans cette immense foire. Si les contacts avec les négociants occidentaux, peu nombreux, sont relativement faciles à établir, il n’en demeure pas moins que ceux tentés avec des Chinois sont souvent plus compliqués. Problème de langue nous disent quelques-uns de nos interviewés, accompagnés généralement d’un interprète… Et confirmation faite lorsque certains d’entre nous (parce qu’un groupe y est quand même parvenu, bravo !) avons essayé d’échanger avec les commerçants du coin. Cependant, les difficultés rencontrées n’entachent en rien le plaisir que nous procure cette activité. Parce que nous avons presque l’impression de pouvoir y faire des affaires, d’être crédibles, malgré nos gros sacs à dos et une dégaine, pour être tout à fait franche, de touristes. Des kilomètres donc avalés avec une certaine satisfaction, presque une sensation d’en faire partie. Et ce, malgré une chaleur étouffante qui, certes nous ralentit, mais en aucun cas ne nous décourage lorsque proposition est faite de tester certains articles particulièrement attrayants du centre. Parce qu’après tout, nous sommes bien là pour faire des affaires…

Entre modernité et tradition…

Samedi 28 juillet, midi. La soirée d’hier était libre. Aussi avons-nous eu le droit, ce matin, de nous reposer mais surtout de profiter la veille en toute bonne conscience d’une virée nocturne dans une boîte quelconque (j’utilise sciemment cet adjectif parce que me concernant, la niveau des décibels était presque effrayant et la qualité musicale, disons, relative…) de Shanghai.

Nous avons rendez-vous dans un très joli restaurant près du Bund, un quartier d’affaires dans lequel les gratte-ciels sont véritablement gigantissimes (pour preuve, le building qui ressemble à un décapsuleur à peu près au milieu de l’image – non, non ne niez pas, vous y avez aussi pensé – est la deuxième tour la plus haute au monde). Un peu en avance sur l’emploi du temps, nous décidons de passer rapidement sur l’esplanade habituellement bondée (ou « bundée » selon que vous appréciiez ce genre d’humour dont nous sommes, pour être francs, assez adeptes…) afin de vous faire profiter de la vue et d’immortaliser ce « show » architectural.

Un incroyable repas plus tard (celui du soir, dans un tout autre registre, était également bluffant. Une véritable fondue chinoise mais, en lieu et place des restaurants plutôt intimistes que nous avons fréquentés jusqu’alors, un endroit capable d’accueillir au bas mot simultanément 2’500 personnes), nous voilà prêts pour notre après-midi culturel.

L’idée étant de nous sensibiliser au fait que la Chine est encore aujourd’hui un symbole d’équilibre entre tradition et modernité, nous débutons nos activités par la visite d’un musée d’art contemporain. Si certains esprits s’éveillent à l’évocation de ce nouvel art, il faut bien avouer que la plupart d’entre nous avons soit beaucoup ri, soit un peu bâillé et le plus souvent dit ou pensé que nous n’y comprenions peut-être rien (pour ma part, je… non, vous ne saurez pas ce que je pense de l’art contemporain. Je pourrais devenir grossière et comme l’appréciation de l’œuvre d’un artiste est par essence extrêmement subjective, je ne devrais pas me permettre une quelconque remarque.)… Bref, rien de tel que de vous transmettre à ce propos quelques photos pour que vous vous fassiez votre propre opinion du talent des jeunes artistes contemporains chinois qui exposent dans cette galerie.

La suite de l’après-midi nous amène dans un quartier (enfin plutôt une sorte de pâté de petites maisons toutes collées les unes aux autres) au cœur de Shanghai mais qui, pour une raison que je ne saurais expliquer, constitue un havre de tranquillité et de quiétude, tant au niveau du bruit que de l’absence de gens. Nous y avons une heure et demie pour nous promener et découvrir, cette fois-ci avec un réel enthousiasme, des dizaines de petites galeries d’art, propices à satisfaire les goûts et la curiosité de tous les participants. Les photos y étant malheureusement interdites, je ne peux vous en restituer ici qu’une seule, prise à la dérobée, mais qui nous semblait néanmoins assez symbolique, de notre point de vue néophyte, de ce que peut représenter aujourd’hui la Chine dans l’inconscient collectif occidental).

La dernière activité proposée constitue de loin la partie la plus traditionnelle de cette journée culturelle. Nous sommes accueillis dans une école (remplie d’étudiants qui sortent des cours alors que, je vous le rappelle, nous sommes samedi) dont je pense qu’il est intéressant, pour commencer, de camper le décor, ne serait-ce que pour nous rappeler combien nous sommes gâtés à l’Unil. En effet, le bâtiment se situe dans un quartier bruyant qui semble en chantier. Désuet et peu équipé, ses couloirs sont plutôt obscurs et une forte odeur d’urine envahit littéralement nos narines lorsque nous passons devant les toilettes.

Nous grimpons les escaliers jusqu’au 2ème étage et découvrons alors, de manière assez surprenante, une salle de classe très claire, fraîche et absolument parfaite pour commencer notre premier cours de calligraphie. C’est un professeur, ou plutôt un maître, très connu en Chine, entouré de cinq assistants (traduisant, photographiant et filmant la séance) qui nous fait l’honneur de nous initier à son art. Après une première partie théorique durant laquelle nous trépignons d’impatience à l’idée de pouvoir saisir nos pinceaux et nous mettre à l’œuvre, nous voilà partis pour un nouvel apprentissage. Les premiers traits sont timides, mal appuyés ; c’est bien plus dur et précis qu’il n’y paraît. Mais les progrès sont franchement rapides. Les symboles commencent à ressembler à quelque chose (sans vouloir offenser qui que ce soit…), les pinceaux sont maniés avec plus d’assurance et le plaisir va grandissant. Un plaisir qui semble d’ailleurs partagé par nos hôtes aussi bienveillants que très chaleureux. Une expérience qui restera donc gravée dans la mémoire de chacun d’entre nous (ainsi qu’au travers des « œuvres d’art » que nous avons pu réaliser et emporter à l’issue de la séance) et que j’illustrerai avec la dernière photo, symbole d’un beau moment que nous avons pu partager, au travers d’une activité à la fois passionnante et ludique, avec ces personnes.

P.S. Nous partons demain matin pour Hangzhou. Donc pas de panique si aucune publication n’était postée en fin de journée. L’absence de nouvelles ne signifierait en aucun cas que nous avons subi des intempéries, ou pire…, mais simplement qu’il n’y aurait pas de connexion internet.

Le Marathon, bis…

Jeudi 26 juillet. Pour commencer ce post, pardon… A tous ceux qui ont (très) rapidement pris l’habitude de prendre de nos nouvelles en fin de journée et qui ont dû être surpris par l’absence de délivraison de post dans le timing habituel. J’avoue, je suis sortie. Parce que le quartier dans lequel nous avons été souper était très sympa, parce que je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir un peu la vie nocturne à Shanghai depuis notre arrivée et parce que je suis convaincue que ce genre d’occasion est plus propice aux discussions personnelles, donc à la découverte de l’autre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici donc l’explication du décalage de mes publications. Bref, concernant cette journée du 26, je crois que je regrette l’intitulé de ma troisième publication portant sur le marathon du mardi parce que nous n’avions finalement encore rien vu. En effet, si nous savions grâce au planning de Marc que nous commencions la journée à 8h00 avec la présentation d’un professeur passionnant portant sur la recherche et le développement en Chine, nous étions loin de nous douter, malgré les visites annoncées sur ledit papier, que nous terminerions 12 heures plus tard. D’où mon titre un peu réchauffé, certes, mais tout à fait adéquat pour cette nouvelle journée (promis, il n’y aura pas de ter. Enfin, j’espère…).

Bon, comme je viens de vous le dire, la journée débute avec un cours jusqu’à 09h30. Ni une, ni deux, nous sortons rapidement de la salle de conférence de l’hôtel pour rejoindre notre chauffeur (soit dit en passant jugé parfois un peu téméraire pour nous, conducteurs habitués au respect bien suisse des règles de conduite et à la rareté des pratiques ici constantes des queues de poisson et coups de klaxon appuyés pour signaler le dépassement) et nous laisser guider vers la première visite de la journée chez Novartis. Pour la petite histoire, et parce que cette fois je n’étais pas concernée (croyez-moi c’est plutôt rare concernant la ponctualité et le respect des emplois du temps), pas de retard à constater pour notre départ. Juste une personne absente. Non, vous ne saurez pas qui c’était ; je ne suis pas une balance. Et non, vous ne saurez pas non plus les raisons de son absence. Le fait est que, dans une ville de plus de 20 millions d’habitants, il a dû rivaliser de sens pratique et de débrouillardise pour parcourir par ses propres moyens la moitié de Shanghai et nous rejoindre, quelques heures plus tard, pour la suite des visites.

Mais je m’égare… Nous voilà donc nous, les participants zélés et ponctuels (oui, c’est tout petit, je sais) arrivés à Novartis et prêts, une fois les cafés servis et les biscuits engloutis, à suivre une présentation passionnante (que je vous épargne cependant ici… Non, non, ne me remerciez pas !)

pendant que d’autres prennent du bon temps (mais je vous donne raison, nous sommes là avant tout pour travailler) Enfin… Si les visites du mardi se sont avérées tout aussi intéressantes, il est d’importance de vous rapporter ici que nous sommes accueillis dans les firmes de cette nouvelle journée bien remplie comme des invités de marque. Pour preuve, Nestlé nous fait l’honneur de goûter un de ses nouveaux produits, une « glace-banane ». Le concept est simple : il s’agit de « peler » la couche supérieure (faite d’une espèce de gélatine bizarre qui a eu raison des précautions des musulmans et des végétariens les plus pratiquants…) avec les dents (performance assez difficile à réaliser pour être honnête) afin de découvrir la glace cachée au milieu. Une expérience des « goûts chinois » en matière de sucreries intéressante mais que la plupart d’entre nous ne réitérera pas.

La fin de la journée se déroule en compagnie de Swissnex, entreprise dont les missions principales consistent notamment à promouvoir les compétences suisses en matière de science, technologie, innovation et culture dans plusieurs pays, favoriser les échanges d’étudiants et chercheurs, créer des opportunités pour ces derniers de s’intégrer au sein de nouveaux marchés et faciliter la coopération sino-suisse. La première partie en leur compagnie se déroule au sein de leurs locaux et s’avère spécialement organisée pour nous. La seconde, en revanche, nécessite le déplacement dans un quartier où se situe un nombre assez impressionnant de galeries d’art entourant un parc magnifique.

Et là… pour la première fois de la journée, nous avons un moment pour nous détendre, qui plus est dans un endroit vert. Avant donc de débuter la dernière activité du jour (une excellente présentation, dans une de ces galeries, sur la façon dont notre appréhension de la nature est culturellement ancrée – rien à voir avec l’économie, on est d’accord ! – suivie d’un barbecue et de chouettes rencontres), nous profitons d’aller faire quelques courses indispensables à notre survie (chewing-gums, cigarettes, boissons, la base quoi !) et, surtout, d’aller simplement nous relaxer.

Le Mahjong…

(Je sais, mon titre est dépourvu d’inspiration et pire que les précédents… mais là, j’ai beau essayer d’y réfléchir depuis un bon moment, ça ne vient pas…)

Mercredi 25 juillet. 8h00 pour les uns, 10h00 pour d’autres. Peut-être un peu plus tard pour les moins matinaux d’entre nous (ou les « couche-plus-tard ») qui ont eu la chance de décrocher leur entretien dans l’après-midi et peuvent donc profiter de cette première journée de travail en groupes pour se reposer un peu avant de rencontrer l’un des managers des entreprises qu’ils doivent investiguer (ah oui, les quatre groupes constitués avant notre départ ont entre autres missions de rédiger un rapport d’analyse sur les différences de management en Suisse et en Chine, respectivement chez Ikea, Mediamarkt, C&A et Toys « R » us).

Je décide pour ma part d’intégrer le groupe « Mediamarkt » (j’avais besoin d’acheter des écouteurs pour mon I’pod…). Si les observations ainsi que l’entretien effectués par ce groupe (ainsi que les autres) peuvent sembler techniques et donc peu pertinents à restituer dans ce type de publication, sachez qu’ils se sont révélés extrêmement intéressants et riches d’enseignements.

Je saute cependant à pieds joints sur cette longue et très importante partie de la journée pour vous parler brièvement de l’activité collective prévue par Marc à 17h00, le cours de Mahjong. L’adresse du lieu de rencontre nous est donnée le soir précédent. Un peu en avance, certains d’entre nous allons repérer les lieux. Nous pénétrons dans un grand bâtiment et découvrons une cour intérieure sur laquelle donnent plusieurs petits (en général très petits) appartements. L’atmosphère qui se dégage de ces lieux nous donne l’impression d’arriver « chez l’habitant », de nous sentir privilégiés de pouvoir pénétrer cet endroit.

Ce sont quatre personnes d’une association donnant des cours de langue qui nous accueillent pour dispenser ce cours. Quelques bases théoriques nous sont dispensées dans une salle avant que les participants se répartissent en groupes pour tester ce nouveau jeu sous l’œil attentif et bienveillant de quatre enseignantes très patientes.

Si je comptais au départ vous restituer les contours du Mahjong, ses règles et peut-être même quelques stratégies, je dois reconnaître que je me suis trop amusée à observer les visages interrogateurs et perplexes des joueurs se voyant assénés de règles visiblement peu claires pour eux au début de l’activité.

Sachez donc simplement que ce jeu ressemble de manière tout à fait surprenante au rami, mais avec des jetons marqués de différents symboles parfois difficiles à différencier les uns des autres

que la préparation du jeu est presque plus compliquée que le jeu lui-même (le déplacement des jetons en rangées, serrés les uns contre les autres, est une étape délicate de cette mise en place)

mais que tout le monde s’est follement amusé (même s’ils ont l’air très concentrés…) dans ce petit appartement très chaleureux.

Presque un marathon…

Mardi 23 juillet, 7h00. Enfin 7h06 parce que trois personnes, des filles forcément (dont je faisais partie sinon je ne me permettrais pas de relever ce non événement. Pardon Marc !), sont en retard.Comme vous pouvez le constater d’emblée, la journée commence tôt, peut-être même un poil trop tôt. Enfin… Nous sautons dans le car qui doit aujourd’hui nous amener aux quatre coins de Shanghai afin de nous permettre de nous frotter un peu plus directement à l’objet de notre voyage, pour faire simple, l’économie chinoise.

Nous voilà donc partis pour un trajet espéré de 45 minutes (je dis « espéré » parce que telle en témoigne la photo ci-dessous, le trafic est si dense qu’il est presque aussi probable pour celui-là de durer deux fois plus de temps) en direction de la première entreprise que nous allons visiter aujourd’hui.

Standard Chartered. Ce nom vous dira peut-être quelque chose si vous portez un intérêt plus ou moins prononcé au monde de la finance. Pour les autres, sachez simplement que c’est une banque. Frais et élégants (pour la plupart), c’est avec enthousiasme que les participants suivent la première présentation de cette journée. Technique mais extrêmement concrète, elle constitue selon eux une bonne synthèse en matière de macroéconomie (cette information parlera certainement à quelques lecteurs avertis. Pour les autres – encore une fois et ce qui me laisse penser que je commence à rédiger des posts trop « techniques » -, ne vous inquiétez pas. Vous pouvez mener une vie tout à fait épanouie et heureuse sans avoir la moindre idée de ce sur quoi porte cette matière obscure).

Une heure passe et voilà que nous retournons au car pour nous diriger vers la deuxième visite, Tetra Pack (que, cette fois, tout le monde connaît). Supposant cependant que je vous perdrai si je m’étends et rapporte également le déroulement de cette dernière et des deux suivantes (si, si, nous avons rencontré les managers de quatre entreprises en une seule journée, les deux dernières étant, soit dit en passant, Schindler – les ascenseurs – et Booz & Compagny – une entreprise de consulting), je vais ici me contenter de restituer, principalement en images, les moments plus décontractés de la journée.

Parce que oui, même si celle-ci s’est avérée plutôt « marathonienne », nous sommes quand même parvenus à nous aménager des espaces de détente, comme par exemple :

durant le repas de midi (sur la route…)

après la troisième visite (dans l’espace fumeur convivial d’une entreprise)

en attendant la dernière visite (pour de vrai sur une agréable terrasse du centre-ville)

et enfin après la dernière visite (dans un excellent restaurant pour le repas du soir)

 

 

 

 

 

 

Une longue journée qui s’est terminée finalement comme elle avait commencé, en sautant encore une fois (la dernière pour aujourd’hui) dans le car. Afin de rentrer tous (oui, j’ai bien dit TOUS. Marc a, semble-t-il, eu raison de notre résistance,a priorimême concernant les plus forts…) nous reposer à l’hôtel.

Shanghai express

Lundi matin, 8h30, jour 2. Non, la journée n’a pas débuté comme elle l’aurait été lors du tournage d’un certain jeu télévisé (je sais, mon titre était trop facile…), trépidante, mais bien à l’image d’un voyage d’études tout à fait sérieux, par des cours, le premier consistant en 1h30 de chinois. Les prémisses de l’apprentissage d’une langue extrêmement difficile (sans même prétendre un jour à la parler) à baragouiner… La prof présentée, le début de la leçon se déroule de manière studieuse, la plupart des participants prenant soigneusement des notes. Il ne faudra cependant que quelques minutes à notre enseignante pour convaincre tout un chacun de s’impliquer et d’oser se lancer. De simples sons (aux tonalités surprenantes et parfois même drôles à nos oreilles) naissent des mots, puis rapidement des phrases, certes basiques, mais qui, expérience faite plus tard dans la journée, permettent déjà des échanges de politesse fortement appréciés des Chinois que nous rencontrons. Une manière donc à la fois légère et utile de débuter ce voyage et de réduire encore un peu la distance entre les habitants de ce pays et nous, pour l’heure véritables touristes.

La seconde partie de la matinée se veut plus « scolaire », révélant peut-être un enthousiasme moins flagrant au sein d’un auditoire avide d’expériences concrètes et un peu las du format académique habituel. Cependant, les participants s’accrochent et suivent attentivement la présentation, tant économique qu’historico-culturelle de notre talentueux orateur, doué d’une carrière longue de 17 années en Chine. Très concentrés durant la présentation de ce dernier, ils apprécieront particulièrement l’échange peut-être moins formel de la fin de session, riche de l’histoire de cet impressionnant businessman.

12h15. Le mystère du rallye est enfin levé. Chaque groupe se voit attribuer une feuille de route, composée de plusieurs missions à remplir dont, notamment :

la visite d’une agence immobilière pour découvrir les difficultés inhérentes au logement dans une ville comme Shanghai

l’obligation de manger dans un restaurant au sein duquel le personnel parle uniquement chinois et qui ne possède pas de traduction des menus

la découverte de quartiers moins fréquentés et souvent plus défavorisés

l’observation d’une infrastructure, comme ici la gare centrale de Shanghai, pour tenter d’y découvrir les ressemblances et différences d’avec celles de notre pays

l’art de parvenir à se faire comprendre, dans le meilleur des cas à négocier avec des entreprises, commerçants ou artisans locaux

ou encore la visite d’un monument historique d’importance pour la culture chinoise

Si certaines missions se sont avérées aisément réalisables, d’autres semblent avoir constitué un véritable challenge pour les quatre équipes. Et contrairement aux présupposés que nous aurions pu avoir, comme par exemple la difficulté d’entrer dans une discussion crédible et sérieuse avec un agent immobilier, le principal « problème » s’est trouvé dans l’activité probablement la plus anodine qui soit, s’alimenter.

Une belle expérience cependant pour tous et l’occasion, un après-midi durant, non seulement de sillonner Shanghai afin de mieux découvrir cette magnifique ville mais aussi de partager du temps avec les membres de son propre groupe, d’apprendre à mieux se connaître. Derrière son aspect ludique et aventureux, ce rallye s’est donc révélé un excellent moyen de découvrir la ville, ses habitants mais aussi les participants à cette aventure incroyable…

De l’«incompréhension» à la rencontre…

Dimanche 22 juillet, 16h00. Le projet « Shanghai 2012 » est officiellement lancé dans une des salles de réunion de notre somptueux hôtel Howard Johnson Caïda Plaza, dont le confort, soit dit en passant, semble particulièrement apprécié de tous. Comme nous pouvions nous y attendre, l’équipe n’est pas tout à fait au complet. Un avion a du retard, certains étudiants tardent encore, d’autres attendent peut-être au mauvais endroit.

Quelques minutes suffisent cependant à remplir les rangs et à propager, au sein de l’assemblée, une excitation presque palpable et probablement imputable à l’arrivée récente de la plupart d’entre nous. La fatigue, exacerbée par une chaleur moite, des odeurs inhabituelles et le bruit incessant d’une mégapole fondamentalement dépaysante pour tout Européen n’ayant pas voyagé en Asie, semble également habiter la majorité, exception faite peut-être des plus chanceux, ou courageux c’est selon, partis quelques jours auparavant pour découvrir d’autres endroits du pays, peu comparables selon eux, à Shanghai. Une incompréhension, enfin, paraît sous bien des aspects démobiliser une proportion importante des participants à l’aventure.

Celle-ci rêvet plusieurs visages selon les impressions rapportées et les expériences vécues depuis notre arrivée:

la vitesse de développement, le gigantisme des infrastructures… l’ascension spectaculaire de gratte-ciels…

le fossé entre tradition et modernité…

l’abîme entre quartiers riches et paupérisés…

 

 

 

 

 

 

 

 

la différence de performance entre des entreprises de service privées et publiques… sont autant d’éléments qui semblent marquants pour les étudiants.

Si ces observations sont d’importance, une rupture bien plus relevante d’avec leurs précédents voyages semble cependant animer bon nombre de ceux-ci : l’incompréhension. Au sens littéral… Peu de Chinois parlent l’anglais. Un constat posé dès l’atterrissage de l’avion et les premières galères pour arriver à l’hôtel. Un constat réitéré à chaque sortie concernant les taxis et tout aussi régulièrement pour des achats anodins, comme un billet de métro ou une bouteille d’eau. L’impossibilité de pouvoir se faire comprendre et surtout de pouvoir échanger, communiquer…

Une frustration donc énorme de ne pouvoir assouvir leur curiosité… Enfin, jusqu’à ce que ne débute la deuxième partie de cette séance introductive, consacrée à la rencontre d’étudiants chinois issus de notre Université partenaire à Shanghai. Chaque étudiant trouve son binôme et commence alors un joyeux brouhaha dans la salle de réunion, révélant le plaisir de découvrir l’Autre et d’en apprendre un peu sur ce pays certes inconnu mais déjà fascinant. Les discussions sont vivantes, conviviales, presque chaleureuses déjà.

Un beau moment donc… suivi d’un repas commun qui a certainement permis, pour cette toute première journée, de quitter un peu cette sensation parfois gênante d’incompréhension réciproque, pour partir doucement à la découverte, non seulement des marchés émergents, d’un système politique et économique différent, d’une société ne fonctionnant pas comme la nôtre, mais aussi et peut-être surtout, pour partir à la rencontre des individus qui la composent.